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Ébauche d’une séquence d’histoire : seconde bac pro. thème n° 2 : l’Amérique et l’Europe en révolution (des années 1760 à 1804)

proposée par Bruno Decriem, professeur de lycée, membre de l’ARBR

mardi 25 juin 2019

ÉBAUCHE D’UNE SÉQUENCE D’HISTOIRE : SECONDE BAC PRO THÈME N° 2
L’AMÉRIQUE ET L’EUROPE EN RÉVOLUTION
(DES ANNÉES 1760 A 1804)

Buste de Robespierre par Deseine
musée de la révolution française de Vizille ( photographie : BD)

CORPUS EXPLICITE DE TEXTES DE MAXIMILIEN ROBESPIERRE.

I LES LUMIERES ET LA REVOLUTION AMERICAINE (1775-1787)

Document 1 : « Plaidoyer pour le Sieur De Vissery de Bois-Valé, appelant d’un jugement des échevins de Saint-Omer, qui avait ordonné la destruction d’un paratonnerre élevé sur sa maison. »

Monsieur de Robespierre, avocat ( mai 1783)

« Les arts et les sciences sont le plus riche présent que le Ciel ait fait aux hommes. Par quelle fatalité ont-ils donc trouvé tant d’obstacles pour s’établir sur la terre ? […] Malheur à quiconque ose éclairer ses concitoyens ! L’ignorance, les préjugés et les passions ont formé une ligue redoutable contre les hommes de génie, pour punir les services qu’ils rendront à leurs semblables. […] il est désormais permis au génie de déployer librement toute son activité, et les sciences peuvent marcher d’un pas rapide vers la perfection. C’est ce caractère de raison, qui distingue notre siècle. […] L’immortel Franklin conçut le premier cette idée sublime. […] Si l’on y bâtit une maison, un des premiers soins dont on s’occupe est de marquer la place du paratonnerre. S’il est vrai, comme on le prétend à Saint-Omer, que ces machines soient faites pour attirer le feu du ciel sur les édifices, quels malheurs n’ont-elles pas dû apporter à l’Amérique ! Quels incendies ! Quelle désolation ! Ô Franklin ! Quel présent funeste vous avez fait à votre patrie ! Les ennemis de la découverte qui vous a rendu si célèbre doivent penser qu’il n’en reste aujourd’hui pierre sur pierre... Eh bien, ils se trompent, l’Amérique existe encore, elle n’a point été consumée par le feu du ciel... Que dis-je ? Le tonnerre y a causé beaucoup moins de dommages depuis l’établissement des conducteurs électriques. [...] depuis cette époque, aucun édifice y ait été frappé de la foudre. Ce fait est attesté par tous ceux qui ont habité cette région.

Franklin, lui-même, n’a pas craint de l’avancer dans ses écrits à la face de l’Amérique et de l’univers et personne ne s’est encore avisé de le démentir. […] Non, messieurs, ces vains obstacles ne sauraient retarder la décision que nous attendons de votre justice. Hâtez-vous donc de proscrire une sentence que toutes les nations éclairées vous dénoncent. »

Document 2 : Second plaidoyer

« Vous, illustres politiques, qui composez ce congrès, dont la sagesse vient de fonder une nouvelle république sur les ruines de la tyrannie. [...] Mais, vous le sentez, messieurs, pour triompher, il faut que votre jugement soit décisif, il doit écarter toute idée que nous ayons encore sans aucun doute sur l’utilité des paratonnerres. »

(Robespierre Maximilien, Plaidoyer pour un paratonnerre, éditions Critiques, 2018)

CONTEXTUALISATION :

En 1780, à Saint-Omer, les autorités judiciaires municipales ordonnent à l’avocat et homme de sciences Vissery de démonter le paratonnerre de sa plus haute cheminée, suite à une plainte des voisins qui craignaient pour leur vie.

Vissery s’adresse alors à son collègue Buissart pour faire appel de la décision devant le Conseil d’Artois qui siège à Arras. Buissart met deux ans pour mobiliser les autorités scientifiques et à médiatiser l’affaire, publie un premier mémoire de défense en septembre 1782, puis demande au jeune Robespierre ( 25 ans), son collègue et ami d’assurer la défense orale de son client.

En mai 1783, deux plaidoyers successifs de Robespierre emportent la décision. Les plaidoiries sont ensuite envoyées à Benjamin Franklin, l’inventeur du paratonnerre et politique important de la révolution américaine, à qui Robespierre rend un vibrant hommage.

En juin 1783, les journaux et revues scientifiques spécialisées annoncent l’heureux dénouement. Vissery peut rétablir fièrement son paratonnerre, l’obscurantisme était vaincu. Cette célèbre cause fit connaître les talents prometteurs de ce jeune avocat arrageois, le sieur de Robespierre.

PROLONGEMENT POSSIBLE :

Document 3 : Lettre de Robespierre à Franklin

« Monsieur,

Une sentence de proscription rendue par les échevins de Saint-Omer contre les conducteurs électriques m’a présenté l’occasion de plaider au Conseil d’Artois la cause d’une découverte sublime, dont le genre humain vous est redevable. Le désir de contribuer à déraciner les préjugés qui s’opposaient à ses progrès dans dans notre province m’a porté à faire imprimer le plaidoyer que j’ai prononcé dans cette affaire. J’ose espérer, Monsieur, que vous daignerez recevoir avec bonté un exemplaire de cet ouvrage, dont l’objet était d’engager mes concitoyens à accepter un de vos bienfaits : heureux d’avoir pu être utile à mon pays, en déterminant ses premiers magistrats à accueillir cette importante découverte ; plus heureux encore si je puis joindre à cet avantage l’honneur d’obtenir le suffrage d’un homme dont le moindre mérite est d’être le plus illustre savant de l’univers.

J’ai l’honneur d’être avec respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. »

De Robespierre Avocat au Conseil d’Artois A Arras, ce 1er octobre 1783.

(Bibliothèque de l’Université de Pennsylvanie. Correspondance de Maximilien et Augustin Robespierre, tome III des Œuvres de Maximilien Robespierre, 2011, p. 29.)

EXPLOITATION PEDAGOGIQUE POSSIBLE :

Les textes de Robespierre ( documents 1 et 2) permettent à l’enseignant d’insister sur :

1 : Le combat pour les lumières dans ce siècle de progrès, notamment scientifiques.

2 : La lutte contre l’obscurantisme ( peur et méconnaissance totale de gens vis-à-vis du fonctionnement du paratonnerre)

3 : D’attirer l’attention des élèves sur son inventeur, Benjamin Franklin, de replacer ce dernier dans le cadre de la Révolution américaine, d’expliquer sa célébrité y compris en France, entre le politique et le savant.

4 : De faire relever aux élèves les éloges du jeune Robespierre envers Franklin et la Révolution américaine ( ex : immortel Franklin, illustres politiques, sagesse, fonder une nouvelle république sur les ruines de la tyrannie.)

5 : Une narration plus précise de la révolution américaine est possible en partant de l’évocation du personnage de Benjamin Franklin et des appréciations élogieuses de Robespierre.

6 : Un prolongement est possible en utilisant la lettre de Robespierre adressée à Franklin et en la contextualisant : un jeune avocat plein d’avenir s’adressant à un savant et à un révolutionnaire américain très célèbre. ( Le plus illustre savant de l’univers)

II LA REVOLUTION DE SAINT-DOMINGUE (1791-1804) LA LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE.

Document 1 : Discours de Maximilien Robespierre à l’Assemblée Constituante, séance du 13 mai 1791, Sur la condition des hommes de couleur libres.

« Votre plus grand intérêt est de rendre un décret qui n’attaque pas d’une manière trop révoltante et les principes et l’honneur de l’Assemblée. Dès le moment où dans un de vos décrets vous aurez prononcé le mot esclave, vous aurez prononcé votre propre déshonneur. […] On vous dirait vous nous alléguez sans cesse les droits de l’homme, et vous y avez si peu cru vous-mêmes, que vous avez décrété constitutionnellement l’esclavage. […] L’intérêt suprême de la nation et des Colonies est que vous demeuriez libres, et que vous ne renversiez pas de vos propres mains les bases de la liberté. Périssent les Colonies s’il doit vous en coûter votre bonheur, votre gloire, votre liberté ! Je le répète : Périssent les Colonies, si les colons veulent, par les menaces, nous forcer à décréter ce qui convient le plus à leurs intérêts ! […] Je déclare au nom de la Nation entière qui veut être libre, que nous ne sacrifierons pas aux députés des Colonies qui n’ont pas défendu leurs commettants ni la nation, ni les Colonies, ni l’humanité entière. […] Je demande que l’Assemblée déclare que les hommes libres de couleur ont le droit de jouir des droits des citoyens actifs. »

Document 2 : Discours de Maximilien Robespierre à l’Assemblée Constituante, séance du 24 septembre 1791, Sur les droits politiques des hommes de couleur.

« Mais qu’est-ce donc, surtout dans les colonies, que les droits civils qu’on leur laisse, sans les droits politiques ? Qu’est-ce qu’un homme privé des droits de citoyen actif dans les colonies, sous la domination des blancs ? C’est un homme qui ne peut délibérer en aucune manière, qui ne peut influer ni directement ni indirectement sur les intérêts les plus touchants, les plus sacrés de la société dont il fait partie ; c’est un homme qui est gouverné par des magistrats au choix desquels il ne peut concourir en aucune manière, par des lois, par des règlements, par des actes d’administration pesant sans cesse sur lui, sans avoir usé du droit qui appartient à tout citoyen d’influer pour sa part dans les conventions sociales, en ce qui concerne son intérêt particulier. C’est un homme avili, dont la destinée est abandonnée aux caprices, aux passions, aux intérêts d’une caste supérieure. […] Je réclame votre justice, l’humanité, la justice et l’intérêt national en faveur des hommes libres de couleur. »

(Robespierre Maximilien, Œuvres, tome VII, 2011, p. 346 et p. 727-743.)

CONTEXTUALISATION :

En 1791, Robespierre n’est plus l’obscur député élu par le Tiers-Etat d’Arras en avril 1789. Il s’est affirmé à la tribune comme un défenseur du peuple, défendant de manière absolue la déclaration des droits de l’homme. Il siège à l’extrême-gauche de la Constituante et devient l’un des leaders du club des Jacobins qui influe sur l’opinion publique. Son engagement, son éloquence et sa probité sont reconnus. Il gagne le surnom d’Incorruptible. Ses interventions déchaînent souvent les passions. Il provoque très souvent une forte irritation ou une forte adhésion. Ces réactions extrêmes ne le quitteront plus, jusqu’à sa postérité d’aujourd’hui. En mai 1791, à l’Assemblée Constituante, les débats portent sur l’élaboration des lois relatives à la condition des personnes dans les colonies, particulièrement sur les droits des mulâtres et des « gens de couleur libres ». Robespierre intervient avec éloquence pour les défendre. L’objectif est de dénoncer la traite et d’obtenir ensuite la suppression de l’esclavage, qui ne sera décrétée que sous la Convention en février 1794.

Pour l’heure, Robespierre obtient dans un article de loi le remplacement du mot « esclave » par l’expression « personnes non libres ». En conséquence de cet article, les mulâtres se voient accorder le statut de citoyens actifs.

Le 24 septembre 1791, Robespierre intervient à nouveau longuement pour défendre les droits politiques des hommes de couleur, au nom des droits de l’Homme, s’attaquant au lobby colonial notamment dans la personne du député Barnave. Robespierre légitime ainsi la révolte des noirs et hommes de couleur à Saint-Domingue le mois précédent, en août 1791.

EXPLOITATION PEDAGOGIQUE POSSIBLE :

1 : Le professeur explique aux élèves que ces importants débats à l’assemblée qui concernent les droits de l’homme se déroulent alors que les révoltes d’esclaves se déclenchent à Saint-Domingue en août 1791. et que ce n’est évidemment pas le fruit du hasard. ( notion des Droits de l’Homme à préciser, que l’assemblée refuse à certains hommes, l’esclavage existant toujours à l’époque. Intérêts des colons à montrer)

2 : Dans ces deux extraits des discours de Robespierre, il est important de rechercher justement son opposition au mot même d’esclave ( au nom des Droits de l’Homme, justement), son opposition aux coloniaux blancs, sa défense des Droits de tous les Hommes, y compris « ceux de couleur » et même sa réaction virulente contre l’existence même des colonies et du système de la traite. (Procédé d’insistance avec la répétition de la formule restée célèbre : Périssent les colonies.)

3 : On pourra faire trouver par les élèves que la suppression de l’esclavage n’est pas abordée ici, la situation de 1791 n’étant visiblement pas mûre pour ce débat.

Les élèves pourront cependant faire le lien entre ces combats politiques de Robespierre de 1791 avec la première suppression de l’esclavage par la Convention trois ans plus tard, sous la Convention le 16 pluviôse an II- 4 février 1794.

4 : Il est évidemment possible à partir de ces textes de Robespierre de 1791 de raconter ensuite la révolution de Saint-Domingue de 1791 à 1804 jusqu’à sous indépendance sous le nom d’Haïti et d’évoquer le personnage de Toussaint Louverture.

III LA REVOLUTION FRANCAISE (1789-1799)

Document 1 : Discours de Maximilien Robespierre à la Convention Nationale, séance du 5 novembre 1792. Réponse de Maximilien Robespierre à l’accusation de Jean-Baptiste Louvet.

« Toutes ces choses étaient illégales, aussi illégales que la révolution, que la chute du trône et de la Bastille, aussi illégales que la liberté elle-même. […] Quelle idée s’est-on donc formée de la dernière révolution ? La chute du trône paraissait-elle si facile avant le succès ? Ne s’agissait-il que de faire un coup de main aux Tuileries ? Ne fallait-il pas anéantir, dans toute la France, le parti des Tyrans et par conséquent communiquer à tous les départements la commotion salutaire qui venait d’électriser Paris ? […] Il s’agissait du salut public. […] Citoyens, vouliez vous une révolution sans révolution ? »

(Robespierre Maximilien, Œuvres, tome IX, 2011, p. 79-104)

Document 2 : Discours de Maximilien Robespierre à la Convention Nationale, séance du 17 pluviôse an II- 5 février 1794, présenté au nom du Comité de salut public, Sur les principes de morale publique qui doivent guider la Convention Nationale dans l’administration intérieure de la République.

« Il est temps de marquer nettement le but de la Révolution, et le terme où nous voulons arriver. […] Quel est le but où nous tendons ? La jouissance paisible de la liberté et de l’égalité ; le règne de cette justice éternelle. […] Dans le système de la Révolution française, ce qui est immoral est impolitique, ce qui est corrupteur est contre-révolutionnaire. […] Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur. […] le gouvernement de la Révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie. »

Document 3 : Discours de Maximilien Robespierre à la Convention Nationale, séance du 8 thermidor an II- 26 juillet 1794,contre les factions nouvelles et les députés corrompus.

« Les révolutions qui jusqu’à nous ont changé la face des empires n’ont eu pour objet qu’un changement de dynastie, ou le passage du pouvoir d’un seul à celui de plusieurs. La Révolution française est la première qui ait été fondée sur la théorie des droits de l’humanité, et sur les principes de la justice. Les autres révolutions n’exigeaient que de l’ambition ; la nôtre impose des vertus. […]

Laissez flotter un moment les rênes de la révolution : vous verrez le despotisme militaire s’en emparer, et le chef des factions renverser la représentation nationale avilie ; un siècle de guerres civiles et de calamités désolera notre patrie, et nous périrons pour n’avoir pas voulu saisir un moment marqué dans l’histoire des hommes pour fonder la liberté ; nous livrons notre patrie à un siècle de calamités, et les malédictions du peuple s’attacheront à notre mémoire, qui devait être chère au genre humain ! […]

Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le temps n’est point arrivé où les hommes de bien peuvent servir impunément la patrie ; les défenseurs de la liberté ne seront que des proscrits, tant que la horde des fripons dominera. »

(Robespierre Maximilien, Œuvres, tome X, 2011, p. 350-367 et 542-582.)

CONTEXTUALISATION :

En novembre 1792, la Révolution s’est accélérée. La prise des tuileries par les sans-culottes le 10 août met à bas la monarchie. La 1re République est proclamée en septembre par la Convention qui succède à la Législative. La France révolutionnaire est en guerre contre les royautés européennes depuis avril. Au sein de la convention, les passions sont exacerbée entre les Girondins majoritaires qui désirent désormais stabiliser la révolution et les Montagnards qui défendent une révolution plus démocratique s’appuyant sur les sections parisiennes.

Dans un discours parfaitement préparé, Robespierre, l’un des chefs de la Montagne rappelle à la Convention que la Révolution est née du rapport de forces entre le peuple victorieux et la monarchie millénaire. Elle s’est donc imposée par l’illégalité par la force pour installer sa propre légitimité révolutionnaire, et en fondant donc les droits de l’homme. Ses arguments implacables l’emporteront et la Gironde finira par perdre son pouvoir à la Convention. L’exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793 est d’ailleurs l’un des tournants du basculement de cette majorité. Les chefs Girondins ( Brissot, Vergniaud) sont finalement arrêtés le 2 juin 1793 puis exécutés sous la Terreur.

Sous l’an II ( 1793-1794), Robespierre dirige enfin la France, étant élu au Comité de Salut public mais il la dirige collectivement avec la majorité montagnarde de la Convention. C’est un pays assiégé par les guerres ( extérieures et civiles) qu’il faut absolument sauver. Dans le discours du 5 février 1794, il théorise le gouvernement révolutionnaire contraint d’utiliser la terreur associée à la vertu pour sauver la Révolution et en assurer le succès.

Le 8 thermidor-26 juillet 1794, Robespierre prononce à la Convention son fameux dernier discours fleuve. Après l’élimination physique de tous les groupes politiques contestataires de la ligne du salut public ( les factions : les Girondins, Danton, Hébert, les enragés, les royalistes, …) Robespierre concentre sur sa personne toutes les haines et les peurs, particulièrement celles des députés corrompus de l’assemblée. Dans ce dernier discours testamentaire sans doute n’espère-t-il plus l’emporter. Son sort est scellé par une conjuration parlementaire et il tombera le lendemain 9 thermidor victime d’un véritable coup d’état. Il est guillotiné avec ses partisans le 10 thermidor-28 juillet 1794.

D’une manière incroyablement prophétique, il évoque la suite , le coup d’état militaire par un général dictatorial, le renversement des assemblées. ( Bonaparte s’emparant du pouvoir après le coup d’état du 18 brumaire-9 novembre 1799, liquidant le Directoire et créant le Consulat, prélude au premier Empire de Napoléon 1er en 1804)

Finalement, il est lucide sur l’image qu’il pourrait laisser à la postérité : une image défigurée, déformée par la terreur et teintée de malédiction, victime de l’échec d’une révolution démocratique.

Ses dernières lignes soulignent son échec inévitable, le rapport de forces contre les corrompus ( les fripons) lui étant trop défavorable. Il se voit déjà en proscrit voire en martyr de la liberté.

EXPLOITATION PEDAGOGIQUE POSSIBLE :

Document 1 :

1 : A quelles dates Robespierre fait-il allusion lorsqu’il évoque la chute du trône et la chute de la Bastille ? ( 10 août 1792, 14 juillet 1789)

2 : Explicitez « Parti du Tyrans » (royalistes) et « coup de main des Tuileries » ( prise des tuileries par les sans-culottes, chute de la monarchie, 10 août 1792)

3 : Pourquoi évoque-t-il l’illégalité de la liberté ? ( Fondation des droits de l’Homme par la Révolution)

4 : Comment comprenez-vous cette formule : « Vouliez-vous une révolution sans révolution ? »

(nécessité de la Révolution pour installer un nouveau régime basé sur les droits de l’Homme)

Document 2 :

1 : Il est souhaitable de proposer aux élèves de souligner dans le texte avec deux couleurs différentes les mots et expressions qui caractérisent un pays en temps de paix ( jouissance paisible, liberté, paix, vertu, égalité, justice éternelle) avec les autres qui caractérisent un pays en guerre et en révolution ( terreur, despotisme contre la tyrannie). Les termes seront expliqués aux élèves.

Document 3 :

1 : Expliquez l’argumentation de Robespierre qui affirme que la Révolution française est un événement fondateur exceptionnel. ( première fondée sur la théorie des droits de l’humanité, la justice, la vertu)

2 : Robespierre prophétise sa propre mort et l’échec de la Révolution. Quelles en sont les raisons ?

( despotisme militaire, chef des factions qui renverse la représentation nationale avilie : coup d’état du 18 brumaire par Napoléon Bonaparte, siècle de guerres civiles : les guerres du XIXe siècle, les calamités)

3 : Quelle image de Robespierre la postérité gardera-t-elle ? ( malédictions du peuple à son égard, proscrits, horde des fripons qui dominera)

Bruno DECRIEM.

Discours de Robespierre du 18 pluviôse an II
imprimé par la Convention nationale

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PDF téléchargeable de la séquence

Photographies supplémentaires du buste de Robespierre (libres de droit)

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