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La Guillotine.

mardi 18 août 2015

La Guillotine.



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La guillotine Place de la Révolution (Musée Carnavalet)

{{}}Les plaisanteries sur le supplice de la guillotine n’avaient pas cours seulement parmi le peuple : elles égayaient le monde le plus élégant.

Voici ce que nous lisons dans l’Histoire de la Société française pendant la Révolution, par MM. Jules et Edmond de Goncourt :

« Tandis que la mode passait en Angleterre de couper le cou aux poulets avec de petites guillotines [1] un salon girondin de Paris riait, et se moquant, jouait à la guillotine avec un écran levé et tombant. Dans l’extrêmement bonne compagnie, le souper finissant, au dessert une petite guillotine en bois d’acajou était apportée sur la table. De jolies mains installaient sous le couteau de petites poupées, dont la tête figurait quelque ennemi, un des Lameth, ou M. de Robespierre, ou Bailly, ou Lafayette. La poupée décapitée, il en sortait quelque chose de rouge, où toutes les dames trempaient leurs mouchoirs : la poupée était un flacon, et le sang une liqueur ambrée [2]. C’était le temps où Louis XVI et sa cour faisaient des gorges chaudes de M. Marat s’évadant par une cheminée [3] : dans son insouciante, la société riait de ce qui allait être son épouvante. »

Bernard Vandeplas, Docteur en Histoire Contemporaine, Vice-Président de l’ARBR, les Amis de Robespierre [4]


[1Journal de la cour, août 1790.

[2Annales patriotiques, septembre 1792.

[3Journal de la cour, janvier 1790.

[4D’autres extraits de documents complémentaires à l’Histoire de la Révolution Française alimenteront le site des Amis de Robespierre