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La proposition d’une politique de galanterie démocratique par Robespierre.

Florence Gauhtier :La révolution et les femmes dans l’espace public.

lundi 1er février 2016

Depuis plus de deux siècles, la figure de Robespierre est devenue celle d’une Méduse accouchant de monstres politiques, pourtant apparus ultérieurement. Mais, par un effet singulier, ces « fabricateurs » de mythes de la Révolution française se sont efforcés d’en situer l’apparition chez Robespierre lui-même. Ainsi, les Thermidoriens lui ont attribué la Terreur et l’anarchie, le centenaire de la Révolution française a voulu en faire le pontife d’une religion nouvelle, le stalinisme des années 1930 en a fait un ennemi de la « révolution prolétarienne », le post-modernisme l’a affublé de la paternité de la Terreur comme matrice des totalitarismes du XXe siècle [1].

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Aspasie par M.G. BOULIAR
Démocratie : Aspasie par M.G. BOULIAR, salon de 1794, huile sur toile 163 x 127. .

Le dernier né de ces monstres a été inventé par certains courants féministes qui attribuent à la Révolution française, et en particulier à Robespierre, l’exclusion des femmes des droits politiques [2] [2].

N’ayant pas rencontré ce dernier monstre chez Robespierre, je n’évoquerai pas une absence, mais présenterai plutôt ce que j’ai trouvé dans ses textes et dans ses actes.


[1Sur le legs thermidorien voir Marc DELEPLACE, L’Anarchie, de Mably à Proudhon, 1750-1850. Histoire d’une appropriation polémique, Lyon, ENS éditions, 2000 ; sur Robespierre pontife voir Alphonse AULARD, Histoire politique de la Révolution française, Paris, 1901, chap. IX, 4, p. 487-93, qui fait de Robespierre, et contre l’évidence, un adepte de la religion civile selon Rousseau, et la mise au point d’Albert MATHIEZ, « Robespierre et le culte de l’Être suprême », (1910) Études sur Robespierre, Paris, Ed. Sociales, 1973 ; aux sources de la version stalinienne voir Tamara KONDRATIEVA, Bolcheviks et Jacobins, Paris, Payot, 1989, chap. 9 ; enfin, François FURET reprit la thèse de la matrice des totalitarismes du XXe siècle dans son Penser la Révolution française, Paris, 1979.

[2Voir Joan W. SCOTT, La Citoyenne paradoxale. Les féministes françaises et les droits de l’homme, (1996) Paris, Albin Michel, 1998, qui fait elle aussi de Robespierre, et contre toute raison sensible, un adepte de la misogynie propre à Rousseau. Sur l’histoire des femmes, voir la très riche mise au point de Lynn HUNT, « L’histoire des femmes : accomplissements et ouvertures », in Martine LAPIED, Christine PEYRARD (dir.), La Révolution française au carrefour des recherches, Aix-en-Provence, PUP, 2003, pp. 281-292. Sur le mythe Robespierre voir Marc BELISSA, Yannick BOSC, Robespierre. La fabrication du mythe, Paris, Ellipses, 2013.