menu

Accueil > Comprendre la Révolution > La chronologie des évènements > Une chronologie de la Révolution française 1789-1799.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Une chronologie de la Révolution française 1789-1799.

lundi 3 février 2020

Cet article est encore en construction. Des modifications et des améliorations sont en cours. Nos historiens y travaillent.

Une chronologie de la Révolution française 1789-1799.
1789

5 mai 1789 : Ouverture des États généraux à Versailles.

Le discours de Louis XVI, aussi bien que celui de Necker, ne contenait que des considérations financières sans aucun rapport avec les réformes espérées, la plupart des députés ne cachèrent pas leur désappointement.

La noblesse et le clergé étaient représentés par 521 de leurs membres, les députés du Tiers étaient au nombre de 584 ; ils bénéficiaient donc d’une faible majorité et ils pouvaient compter sur l’appui des 200 curés qui représentaient les trois quarts de la députation du clergé ; mais profiter des avantages de cette majorité, il fallait établir le vote par tête.

Le Tiers État déclara que la vérification des pouvoirs devait avoir lieu en séance plénière, en présence des trois ordres réunis ; ce principe accepté, il eût été plus facile de faire admettre celui du vote par tête, mais la noblesse refusa. Le conflit se prolongea cinq semaines. [1]

17 juin 1789 :  Le Tiers se proclama Assemblée Nationale,

Le Tiers se proclama Assemblée Nationale, réunie pour voter les impôts, et procéder à la régénération nationale. C’était le premier acte révolutionnaire.

20 juin 1789 : le Serment du Jeu de Paume.

Louis XVI, poussé par la noblesse et le clergé de cour, répondit par un acte d’autorité. Il fit fermer la salle des séances de l’Assemblée. Les députés se rendirent alors dans un local de jeu de paume, et, sous la présidence de Bailly, solennellement, ils jurèrent de ne pas se séparer avant d’avoir donné au royaume une constitution.

21 juin 1789 : 150 membres du clergé rejoignent le Tiers.

150 membres du clergé se réunirent à la députation populaire.

23 juin 1789 :  Le refus d’obéir du Tiers.

Au cours d’une séance royale, Louis XVI, espérant en imposer par un ton impérieux et cassant, ordonna aux députés de se séparer pour délibérer en chambres particulières ; le Tiers refusa d’obéir.

9 juillet 1789 : La fin de l’absolutisme.

Désemparé par cette résistance, Louis XVI ordonna à tous les députés d’aller siéger à l’Assemblée. L’Assemblée nationale se déclara Constituante. C’était la fin de l’absolutisme.

11 juillet 1789 : Destitution de Necker.

Louis XVI destitue Necker, dont la faveur était immense parmi le peuple et fit grouper autour de Paris des régiments étrangers de l’armée royale.

12 juillet 1789 : Camille Desmoulins appelle aux armes.

À l’annonce du renvoi de Necker, Paris s’agite ; au Palais-Royal, Camille Desmoulins prononce un vibrant appel aux armes ; une charge de cavalerie déchaîne l’émeute.

13 juillet 1789 : Organisation d’une milice civile.

Le Comité des électeurs du Tiers, réuni à l’Hôtel de Ville, s’empara des pouvoirs municipaux et organise une milice civique ; la proximité des régiments étrangers entretenait une atmosphère d’inquiétude et de menace dans la capitale.

14 juillet 1789 : Prise de la Bastille.

Au son du tocsin, les Parisiens s’armèrent, pillant les boutiques des armuriers, l’Hôtel des Invalides, puis la foule se rendit tumultueusement à la Bastille. La forteresse renfermait, disait-on, quantité de fusils et de munitions ; de plus, elle constituait avec ses canons une menace permanente ; enfin la vieille prison d’État symbolisait tout l’arbitraire de l’Ancien Régime.
Les gardes-françaises se joignirent au peuple des faubourgs, et le gouverneur de Launay dut s’avouer vaincu ; il fut mis à mort, ainsi que le prévôt des marchants et l’intendant de Paris. La Bastille est prise.
Cette victoire des faubourgs, devait être d’une importance capitale. En intervenant en arbitre dans le conflit, le peuple de Paris avait assuré la défaite de l’Ancien Régime ; Louis XVI s’inclina devant les faits ; il rappela Necker au pouvoir, accepta la cocarde tricolore ; le roi faisait amende honorable ; mais, peu de jours après, le frère du roi, le comte d’Artois, sentant la partie perdue, émigrait, imité par de nombreux membres de la haute noblesse.
Mémoires de Barras, journal autographe : La prise de la Bastille.
« On commença par sommer le gouverneur, M. le marquis de Launay, de rendre cette forteresse ; les délégués furent introduits entre les deux ponts-levis, et aussitôt le Gouverneur fit feu sur les délégués qui furent tous tués dans l’instant. Le peuple alors furieux attaqua ce fort, plaça des canons en face des portes, cassa les chaînes du pont-levis, entra en foule dans la première cour malgré le feu de la place, répéta la même chose au second pont-levis, entra dans le fort. Les cinquante invalides ou plus qui défendaient ce fort étaient tués ou se rendirent. Les prisonniers furent conduits à l’Hôtel de Ville à coup de bâton à travers les insultes du peuple qui criait « pendu ".

 

17 juillet 1789 : Le roi accepte la cocarde tricolore.

Louis XVI vint à Paris, où il fut reçu par Bailly, chef de la municipalité nouvelle ; il accepta la cocarde tricolore , insigne de la milice parisienne qui prit le nom de Garde Nationale et, fut commandé par La Fayette. Toutes les villes eurent à l’exemple de Paris leurs municipalités nouvelles et leurs Gardes Nationales.
Dans les campagnes là commotion ne fut pas moins profonde ; un phénomène se produisit, qu’on appela la Grande Peur.

20 juillet 1789 au 6 août 1789 : La Grande Peur :

les paysans s’armèrent en hâte ; la panique passée, il y eut une véritable jacquerie ; en beaucoup d’endroits, les paysans envahirent les châteaux, brûlèrent les archives seigneuriales et décidèrent de ne plus payer les droits féodaux. Pour arrêter les désordres, l’Assemblée inquiète se décida à ratifier cette révolution spontanée.

4 août 1789 : Abolition des privilèges et droits féodaux.

Dans la séance de la nuit du 4 août, des députés nobles furent les premiers à proposer la suppression des privilèges. Droits féodaux. En réalité, les droits féodaux ne furent pas complètement abolis par les arrêtés du 4 août : les principaux, ceux qui étaient de véritables impôts, furent déclarés seulement rachetables, au grand mécontentement des paysans, jurandes et maîtrises, vénalité des offices, privilèges de naissance, privilèges provinciaux, tout l’ancien régime fut aboli. La Révolution semblait faite dans un élan de générosité et d’union. L’abolition de tous les privilèges établissait ainsi le principe de l’égalité sociale.

26 août 1789 : Déclaration des droits de l’homme.

L’Assemblée nationale constituante adopte, la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.

« L’ignorance, l’oubli et le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements… »

Le peuple chante alors : « Oui, tous les hommes sont égaux et leurs droits sont les mêmes ; On ne distingue les héros. Qu’à leurs vertus suprêmes ; Mais la loi qui vous pèse tous ; dans sa juste balance. Mortel, ne doit mettre en vous. Aucune différence ».

5 et 6 octobre 1789 : Les Parisiennes et les parisiens se rendent à Versailles

Louis XVI et une bonne partie de la Noblesse retardaient l’application des décrets du 4 août. Le roi appela à Versailles un régiment pour le protéger en cas d’émeute. A Paris, le nombre des chômeurs augmentait, la crise du ravitaillement se prolongeait et le bruit se répandait parmi le peuple parisien que le roi, la reine et les contre-révolutionnaires voulaient réduire la capitale à la famine pour triompher de sa résistance. Le peuple décida, pour mettre fin à cette attitude de ramener le roi à Paris afin de mieux le surveiller.

Une rumeur vint mettre le comble à l’effervescence : la cocarde tricolore aurait été piétinée au cours d’un banquet à Versailles. Le 5 octobre, un cortège tumultueux de femmes et d’hommes en armes marcha sur Versailles envahit l’Assemblée, cerna le château ; le 6 octobre, la foule brisa les grilles du palais, contraignit le roi, la reine ainsi que le dauphin à se rendre à Paris et regagna la capitale, escortant la voiture royale et chantant : « Nous ramenons le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». Peu de temps après, l’Assemblée à son tour abandonna Versailles pour Paris. Les journées d’octobre firent du peuple de Paris le maître de la Révolution.

10 octobre 1789 : Le Roi des Français

Louis XVI, sur un décret de l’Assemblée, devient « roi des Français ».

19 octobre 1789 : L’Assemblée constituante.

Première séance de l’Assemblée nationale constituante.

21 octobre 1789 : Massacre par la foule du boulanger François.

L’Assemblée, inquiète, vota la loi martiale qui donnait aux municipalités le droit de disperser les attroupements par la force.

2 novembre 1789 : La mise ne vente des biens du clergé

L’Assemblée décrète par 568 voix contre 346, la mise à la disposition de la nation des biens ecclésiastiques.

1790

21 janvier 1790 : La guillotine

Le député Guillotin démontre à l’Assemblée l’utilité de sa machine.
La guillotine c’est ici
Et pourtant, elle n’est pas une invention française

25 janvier 1790 : Robespierre et le suffrage universel

À l’Assemblée, Robespierre plaide pour le suffrage universel et « la défense des intérêts du peuple ».

31 mars 1790  : Au club des Jacobins

Robespierre est élu pour le mois d’avril président du club des jacobins.

12 juillet 1790 : La constitution civile du Clergé

Par la Constitution civile du clergé, les constituants transformaient les membres du clergé en fonctionnaires élus par les citoyens. Le Pape adressa une lettre à Louis XVI, dans laquelle il blâmait cette Constitution.

14 juillet 1790 : Fête de la Fédération.

Cette fête, célébrée à Paris, au Champ de Mars, devait être le symbole de la fraternité : Au milieu d’une foule immense, des milliers de gardes nationaux, accourus de tous les points du territoire national, prêtèrent le serment solennel de fidélité à « la Nation, à la Loi, au Roi ». Et le roi lui-même jura de maintenir la Constitution. Malgré ce mouvement d’union, les querelles continuaient au sein de l’Assemblée, où différents « partis » s’étaient constitués.

« Moi, roi des Français, je jure d’employer le pouvoir qui m’est délégué par la loi constitutionnelle de l’État, à maintenir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois. »
Le Marquis de Ferrières explique :
« C’était un spectacle digne de l’observateur philosophe, que cette foule d’hommes venus des parties les plus opposées de la France, entraînés par l’impulsion du caractère national, bannissant tout souvenir du passé, toute idée du présent, toute crainte de l’avenir, se livrant à une délicieuse insouciance. »

22 juillet et 6 octobre 1790 : Le roi sanctionne la Constitution civile du clergé.

Le roi sanctionne la Constitution civile du clergé et 6 octobre 1790 il affirme par écrit son désaccord sur la Constitution civile du clergé à son cousin Charles IV d’Espagne.

21 octobre : : Le drapeau tricolore

Le drapeau tricolore remplace le drapeau blanc à fleurs de lys comme emblême de la France.

27 novembre 1790  : Le serment des ecclésiatiques

Décret de l’Assemblée nationale constituante : les ecclésiastiques devront prêter serment de fidélité à la nation et donc à la Constitution civile du clergé. Ceux qui refusent seront nommés « réfractaires ».

1791

3 janvier 1791  : Opposition des ecclésiastiques

L’Assemblée renouvelle sa demande faite aux ecclésiastiques de prêter serment à la Constitution civile du clergé. La majorité d’entre eux refuse.

2 avril 1791 : Mort de Mirabeau

Mort de Mirabeau, son corps est transporté au Panthéon le 4.

13 avril 1791 :  Le caritas

Bref Quod aliquantum du pape Pie VI condamnant le Constitution civile du clergé.
Voir le texteici

18 avril 1791 :  La garde nationale n’obéit pas à La Fayette

La garde nationale, qui refuse d’obéir à son commandant La Fayette, empêche le roi de gagner Saint-Cloud.

10 juin 1791  : Robespierre

Robespierre est élu accusateur public au tribunal criminel de Paris.

20-21 juin 1791 : Fuite du roi à Varennes

Louis XVI était profondément pieux ; la condamnation du pape le décida à rompre avec l’Assemblée et à entreprendre « la guerre civile ». Il voulut rejoindre l’armée de Bouillé à Metz et s’enfuit avec la famille royale le soir du 20 juin 1791. Mais reconnu sur la route par le maître de poste Drouet, il fut arrêté à Varennes, ramené le 25 à Paris et provisoirement suspendu de ses pouvoirs.

La fuite à Varennes détermina, pour la première fois, un mouvement républicain. Les républicains avaient été très peu nombreux. On ne croyait pas à la possibilité de la République dans un grand État comme la France. Mais après la fuite à Varennes on put en faire pendant quelques jours l’expérience ; le roi, méprisé, avait perdu tout prestige, les républicains s’enhardirent, tandis que les jacobins se divisaient et finalement se dérobaient, le club des Cordeliers organisa des pétitions et des manifestations au champ de Mars pour réclamer l’abdication ou la déchéance du roi. L’Assemblée, restée monarchiste, répondit en déclarant Louis XVI irresponsable et innocenté.
La fuite du Roi, vue d’Arras c’est ici
Le retour de Varennes :
« J’entendis un grand caquetage de blanchisseuses dans ma rue et quelques mots parvinrent à mon oreille : « Il est parti c’te nuit. Le roi, la reine, Madame Elisabeth, le dauphin… »

Le 25 tout était en rumeur. Le fugitif ne devait arriver que le soir. Je vis sa rentrée. La Garde nationale formait depuis les boulevards jusqu’au château des Tuileries une double haie, les armes renversées ; un silence profond régnait ou n’était rompu que par quelques injures étouffées.

Louis cependant ne fut pas puni ! L’Assemblée constituante, fidèle à son principe décrété que la France était une monarchie, excusa le monarque et crut se l’affectionner en lui laissant toute la considération qu’elle pouvait encore lui laisser. » Restif de la Bretonne, Les Nuits de Paris, 1794.

La fuite du roi :

« Le roi abandonne à la fureur du peuple la noblesse, le clergé, le côté droit de l’Assemblée, ses amis, des domestiques, ses ministres, et expose la France aux maux incalculables, d’une guerre civile et étrangère. Cette conduite est atroce ; et cela pour satisfaire l’orgueil, la vengeance, l’avidité de la reine, de quelques évêques, de méprisables courtisans. Les esprits sont singulièrement aigris. La déclaration écrite de la main du Roi achève de le perdre. Il y proteste contre tous les décrets de l’Assemblée, et se déclare par conséquent l’ennemi de la Constitution. »
Correspondance du Marquis de Ferrière, paris, le 24 juin 1791.

« L’homme de Varennes » : Drouet devant l’Assemblée nationale, c’est ici

14 juillet 1791 : Seconde fête de la Fédération au Champ de Mars.

Les grands rassemblements qui misent les émotions collectives conviennent aussi bien aux causes conservatrices cherchant à rallier les masses populaires qu’aux projets révolutionnaires. Les fédérations révolutionnaires du 14 juillet 1791 et 1792, à la différence de l’unanimité exprimée lors des fêtes de 1789-1790, sont marquées par des conflits internes – la première célébration prend place au milieu de l’agitation des adversaires de la monarchie à la suite de la fuite du roi à Varennes et la seconde au milieu des tensions qui conduisent au 10 août 1792.
in « Les émotions collectives et le mouvement des fédérations (1789-1790) » AHRF n°372

15 juillet 1791 : Pétition rédigée par Danton, Brissot et Laclos,

Elle demande le remplacement de Louis XVI par « tous les moyens constitutionnels ».

17 juillet 1791 : La fusillade du Champ de Mars

Malheureuse journée du 17 juillet 1791 : des hommes, des femmes, des enfants ont été massacrés sur l’autel de la patrie au Champ de la Fédération,
estampe anonyme, Bureau des Révolutions de Paris, 1791,
Paris,

Les pétitionnaires se réunissent au Champ de Mars pour exiger la déchéance du roi. Les troupes envoyées par le maire de Paris pour disperser la foule font feu. Cette fusillade du Champ de Mars devait consacrer le divorce entre la Constituante et le parti avancé. C’était la scission définitive entre les constitutionnels modérés et les républicains démocrates.

1er août 1791 : L’adresse aux Français

Maximilien Robespierre publie son Adresse aux Français.
On peut la lire ici

1er octobre 1791 : L’Assemblée Législative.

L’Assemblée Législative succède à l’Assemblée nationale Constituante.

  • 3 septembre 1791 : La Constitution est adoptée.
  • 14 septembre 1791 : Le roi prêta serment à la Constitution.
  • 30 septembre 1791 : La Constituante se sépara laissant le champ libre à une autre assemblée : la Législative.
    Elle est composée de 745 députés (264 feuillants, 136 jacobins, 345 non-inscrits).

14 novembre 1791 : Pétion est élu maire de Paris.

Le 14 novembre 1791, Pétion est élu maire de Paris contre La Fayette. Élection aisée car les électeurs ont toute confiance en son civisme et à sa réputation de « vertu »
Georges Walter en fait pour l’occasion un portrait savoureux, nous expliquant que ce poste lui convenait très bien « quand il s’agissait d’une place où des occasions abondaient pour son détenteur de se donner en spectacle et de parader dans des cérémonies officielles.
L’ami de Robespierre , c’est ici

1792

2 janvier 1792  : L’an IV de la Liberté

Décret de l’Assemblée législative datant le 1er janvier 1789 l’ère de la liberté. 1792 devient l’an IV de la Liberté.

20 mars 1792  : L’usage de la guillotine

L’Assemblée législative adopte le principe de la guillotine.

20, avril 1792 :  : La guerre contre l’Autriche

L’Assemblée législative déclare la guerre à l’Autriche

Développement du processus d’entrée en guerre :

Entre la Révolution et l’Europe, une guerre paraît imminente dès 1791. À ses débuts, la Révolution française avait provoqué en Europe, dans les milieux cultivés, surtout parmi les écrivains et les philosophes (Goethe, Kant…), un grand et noble enthousiasme.

Les souverains s’en réjouirent pour une autre raison : ils croyait la France affaiblie et vouée pour longtemps à l’impuissance ; la question d’Orient les préoccupait alors beaucoup plus que la Révolution. Les Constituants, très pacifistes, votèrent, en mai 1790, que la nation française renonçait à toute guerre de conquête.

Cependant, dès 1791, la guerre parut imminente entre la France révolutionnaire et les souverains étrangers.
Les principales causes de conflit étaient l’affaire des princes possessionnés d’Alsace, l’affaire d’Avignon, les intrigues des émigrés et de la Cour.

1° On appelait princes possessionnés d’Alsace les princes allemands qui possédaient des fiefs en Alsace. Ces princes protestèrent au nom des traités de Westphalie contre la suppression des droits féodaux sur leurs domaines ; la Constituante répondit en invoquant les droits du peuple alsacien. C’était opposer à l’ancien droit public, fondé sur les traités, un droit nouveau fondé sur la souveraineté des peuples.
2° Même opposition irréductible dans l’affaire d’Avignon. La ville, avec le Comtat Venaissin, appartenait au pape. Les habitants se soulevèrent en 1790 et demandèrent l’annexion à la France. En septembre 1791, après consultation populaire ou plébiscite, la Constituante vota l’annexion.
3° Les émigrés, de plus en plus nombreux, s’étaient groupés à Coblentz autour du comte de Provence, « Monsieur », frère du roi. Ils préparaient ouvertement la guerre contre la Révolution. D’autre part Marie-Antoinette et le roi négociaient secrètement une intervention collective des souverains, appuyée par une démonstration militaire.

Inquiets des affaires de France et de Pologne, les belligérants conclurent la paix en Orient. L’Empereur Léopold II, qui avait succédé à Joseph II en 1790, et le roi de Prusse menacèrent la France d’une intervention armée par la déclaration de Pilnitz (août 1791). Telle était la situation quand l’Assemblée Législative se réunit. Les Constituants s’étant exclus eux-mêmes de l’Assemblée, celle-ci se composait en grande majorité d’hommes nouveaux, peu connus et moins expérimentés.

À droite siégeaient les députés adhérant au club des Feuillants, club fondé par les jacobins modérés (La Fayette, Barnave) qui avaient fait scission après la fuite à Varennes. Sincèrement royaliste et constitutionnels, les feuillants étaient décidés à défendre le roi contre l’agitation populaire. Mais la reine et la Cour leur restaient hostiles.

À gauche siégeaient les députés adhérant au club des Jacobins. Ils se déclaraient, eux aussi, partisans de la Constitution, mais ils se méfiaient du roi et encourageaient contre lui l’agitation populaire ; beaucoup d’entre eux étaient de tendances républicaines et démocratiques. Le journaliste Brissot était le chef du groupe le plus influent, dont faisaient partie plusieurs députés de la Gironde, brillants orateurs. Par leur talent, les Girondins jouèrent un rôle prépondérant dans l’Assemblée, sinon dans le club des jacobins où Robespierre était devenu l’orateur le plus écouté.

Le nouveau régime avait besoin, pour fonctionner normalement, de l’ordre et de la paix. Or les troubles intérieurs s’ajoutaient aux menaces de guerre. L’attitude équivoque du roi précipita la crise. Dès la fin de 1791, à l’instigation des Girondins, l’Assemblée prit des mesures énergiques contre les émigrés, rassemblés en arme près de la frontière, et contre les prêtres réfractaires qui entretenaient dans les campagnes, dans l’ouest surtout, une agitation de plus en plus violente. L’Assemblée décréta des mesures contre les prêtres et émigrés. Le roi opposa son veto à ces décrets.

Officiellement, Louis XVI acceptait d’envoyer à l’électeur de Trèves une sommation d’avoir à disperser l’armée des émigrés. Secrètement, il négociait l’intervention étrangère. Les Girondins s’en doutaient : Brissot, Vergniand, Isnard tinrent à l’Assemblée des discours de plus en plus menaçants pour la Cour ; le ministre des affaires étrangères fut décrété d’accusation. Louis XVI effrayé céda une fois de plus et constitua un ministère girondin dont les principaux membres furent Dumouriez et Rolland (12 mars 1792).

La mort de l’empereur Léopold (1er mars1792), l’arrivée au pouvoir des Girondins firent disparaître les dernières chances de paix. Les Girondins étaient partisans de la guerre contre l’Autriche pour mettre la royauté à l’épreuve et en finir avec les intrigues contre-révolutionnaires. Le 20 avril 1792, l’Assemblée Législative vota d’acclamation la guerre au roi « de Bohême et de Hongrie ». Cependant Robespierre, partisan de la paix, fit part de ses craintes devant les jacobins : la liberté ne risquait-elle pas un jour d’être confisquée par un général victorieux ?

25 avril 1792  : Naissance de la Marseillaise

Rouget de Lisle entonne, devant le maire de Strasbourg, le Chant de guerre pour l’armée du Rhin.

20 juin 1792  : Le peuple de Paris envahit les Tuileries

Le15 juin 1792 Dumouriez démissionne et le roi forme un nouveau cabinet.

Pour mettre un terme à la guerre civile de l’Ouest, l’Assemblée Législative décida de déporter les prêtres réfractaires, puis pour défendre Paris, de concentrer à Soissons une armée de vingt mille fédérés. Le roi refusa de ratifier ces décrets.
Pour effrayer Louis XVI et l’obliger à retirer son veto, le peuple des faubourgs envahit les Tuileries, aux cris de : « A bas le veto ! »
Louis XVI résista à l’intimidation, resta impassible et ne retira pas son veto.

Les scènes du 20 juin provoquèrent, dans tous les milieux royalistes et même à l’Assemblée, une vive émotion.
La Fayette, qui commandait une armée, vint à Paris offrir son appui au roi et menacer les factieux ; la reine qui le détestait l’empêcha d’agir.

3 août 1792  : La Partie en danger.

Au début de de juillet les Prussiens, renforcés des émigrés, approchaient, de la frontière lorraine.
L’Assemblée décréta solennellement « La Patrie en danger » (11 juillet). En s’adressant directement au peuple elle dénonçait la défaillance coupable du roi.

Le 25 juillet 1792 le duc de Brunswick, général des armées Prussiennes, avait publié son fameux manifeste, menaçant les Parisiens d’une vengeance exemplaire s’il ne se soumettent pas à leur roi. L’insolent manifeste, rédigé par un émigré, menaçait Paris d’une « subversion totale » si les Tuileries étaient attaquées et la moindre violence faite à la famille royale.
Ce manifeste montrait clairement au peuple l’accord des ennemis et du roi. L’Assemblée ayant refusé de proclamer la déchéance de Louis XVI, des deux côtés on s’arma pour la lutte décisive.
L’occasion favorable leur fut donnée par l’invasion Prussienne et la publication de ce manifeste.
Le 26 juillet 1792, des banquets sont offerts aux Fédérés sur la place de la Bastille.
L’émotion et l’indignation populaires furent à leur comble lorsqu’on connut à Paris, le 3 août, l’insolent « manifeste du duc de Brunswick », général en chef des armées prussienne et autrichienne.
Le 30 juillet, arrivée à Paris des Fédérés marseillais.
Le 3 août , 47 sections sur 48 demandent la déchéance du roi. Le maire Pétion vient demander la demande à l’Assemblée législative.
Danton obtient la levée de 60 000 hommes de la région parisienne pour rejoindre le front et éviter ainsi les troubles. Les Girondins hésitent à prendre parti tandis que les jacobins et cordeliers préparent l’insurrection.

10 août 1792 :  : Le Peuple à l’assaut des Tuileries

La Commune insurrectionnelle de Paris s’installe à l’Hôtel de ville de Paris, et fait sonner le tocsin. Les insurgés se rendent au Tuileries. Ils se heurtent aux gardes suisses. De nombreux morts chez les patriotes. Le roi se réfugie à l’Assemblée. C’est la fin de la législative et de la royauté.
La commune de Paris « impose » à l’assemblée moribonde l’instauration d’une politique de Salut Public.
L’insurrection fut préparée, en dehors de l’Assemblée, par les sections populaires et quelques bataillons de Fédérés de province venus à Paris malgré le veto du roi.
Dans la nuit du 9 au 10 août, une Commune insurrectionnelle s’installa à l’Hôtel de ville et fit sonner le tocsin. Le 10 août, les insurgés se portèrent sur les Tuileries et s’en emparèrent après une lutte acharnée contre les Suisses. La famille royale s’était avant le combat réfugiée à l’Assemblée. Sous la pression de l’insurrection victorieuse, l’Assemblée dut voter la suspension du roi.
La Commune fit emprisonner la famille royale dans la Tour du Temple.

Le 10 août marque la fin de la monarchie constitutionnelle.
La France accepta la Révolution parisienne.

Un récit du 10 août 1792 :


« A peine sommes nous dans le jardin des Tuilerie, que nous entendons le coup de canon d’alarme. Cependant les faubourgs s’organisaient en armée, ils avaient placé dans leur centre, les Bretons, les Marseillais, les Bordelais et tous les autres fédérés. Plus de 120 000 hommes s’avancent à travers paris qu’ils hérissent de baïonnette… On annonce à l’Assemblée nationale que l’armée investit le château. Tous les cœurs sont glacés. Louis XVI demande à se réfugier dans le sein de l’Assemblée. La famille royale se place au milieu de la députation. A peine le roi était-il en sûreté que le bruit du canon a redoublé. Les Suisses ont été mis en pièces. » Récit d’un garde national Paris, du 11 août 1792, an V de la liberté.

2-6 septembre 1792 : Les massacres de septembre.

  • 30 août 1792 : Les Prussiens assiègent Verdun. Arrestations massives de suspects à Paris.
  • 2-3 septembre 1792 : Verdun capitule. L’armée prussienne envahit tout l’est de la France.
    Affolée par de pareilles nouvelles, exaltées par les proclamations de Marat et de Danton, la population parisienne se trouvait dans un état d’excitation extraordinaire. Des bandes armées se portèrent vers les prisons. Après avoir comparu devant une sorte de tribunal populaire des détenus sont massacrés.
    Les massacres de septembre constituent une tache dans l’histoire de la Révolution française, mais, pour les comprendre, ce qui ne veut pas dire les justifier, il est indispensable de réaliser l’état de fureur collective où la prise de Verdun avait jeté le peuple parisien.
    « Aujourd’hui on a tué, dans les prisons et dans la rue, tous les prisonniers coupable de mort et tous les prêtres réfractaires qui étaient complice… Les prisons sont vides. Une partie de Paris va partir pour l’armée. Paris va se retrouver dépourvu d’hommes armés, tous ces malheureux-là auraient pu nous égorger pendant l’absence de tous les citoyens. Qu’il est triste d’être obligé à en venir à pareilles extrémités, mais on dit qu’il vaut mieux tuer le diable plutôt qu’il ne nous tue. »
    D’après le journal de Célestin Guittard de Floriban. Bourgeois de Paris sous la Révolution, 1791-1796, éd. France-Empire, 1974.

Pour aller dans le détail, c’est ici
Cérémonie funèbre en l’honneur des morts du 10 août 1792. C’est ici
Le député Louchet devant la convention : « réintégrez les dangereux agitateurs en prison » : il reçoit une fin de non-recevoir de la convention. C’est ici :

Septembre 1792 : Élection des représentants à la Convention nationale.

Les décrets des 11 et 12 août 1792 définissent les règles et le corps électoral. « La distinction des Français entre citoyens actifs et non-actifs sera supprimée, et pour y être admis, il suffira d’être Français, âgé de vingt et un ans, domicilié depuis un an, vivant de son revenu et du produit de son travail, et n’étant pas en état de domesticité. »
Députés du Pas-de-Calais pendant la Révolution . C’est ici
Les élections des députés à la Convention : naissance du suffrage universel. C’est ici :

20 septembre 1792 : Victoire française de Valmy.

Le jour même où la législative cédait la place à la Convention, les Prussiens se heurtaient, à Valmy, à une résistance inattendue. Surpris par la solidité des troupes française, le roi de Prusse ordonna la retraite. Valmy rendit confiance aux troupes françaises. La France était sauvée de l’invasion.

Après Valmy.
"Les Français restaient immobiles, Kellermann avait aussi une meilleure position ; on retire nos gens (les Prussiens) du feu et ce fut comme s’il ne s’était rien passé. La plus grande consternation se répandit dans l’armée. Le matin encore, on ne pensait qu’à embrocher les Français… maintenant, chacun marchait tête basse ; on n’osait pas se regarder, et si cela arrivait, c’était pour jurer ou pour maudire.
À la tombée de la nuit, nous avions par hasard formé un cercle au milieu duquel un feu ne put même pas être allumé comme d’habitude. La plupart se taisaient, d’autres discutaient, et pourtant, à vrai dire, chacun manquait de réflexion et de jugement. Enfin on m’interpella pour me demander ce qu je pensais de tout cela, car j’avais souvent égayé et réconforté toute la bande par de courtes sentences. Je répondis cette fois : « De ce lieu et de ce jour date une nouvelle époque dans l’histoire du monde, et vous pourrez dire : j’y étais. »
Goethe « Campagne de France », traduction de Mlle Dangien, Paris, librairie Hatier.

L’ingérence étrangère pendant la révolution française. C’est ici
Le Bonnet Rouge. C’est ici
Robespierre et la question de la guerre. C’est ici

21 septembre 1792 :  Déclaration de la République

Première séance de la Convention qui décide l’abolition de la monarchie.
Réunie le 21 septembre, la Convention accède au pouvoir dans des conditions particulièrement dramatiques ; non seulement elle fut obligée de lutter contre la guerre civile qui avait commencé sous la législative, mais elle dut résister aussi à l’invasion étrangère ; les nécessité de cette lutte allaient commander l’évolution de la politique intérieure.
Les 20, 21 et 22 septembre 1792. Naissance de la République. C’est ici :
Robespierre à la Convention : « Gouverner la République ». C’est ici.
L’histoire de la révolution française par l’image.

22 septembre 1792  : Premier jour de la République.

Décret de la Convention décidant de dater les actes publics de « l’an I de la République française ».

L’abbé Grégoire déclare : « les rois sont dans l’ordre moral ce que les monstres sont dans l’ordre physique… L’histoire des rois est le martyrologue des nations ! ».

En Prusse E. Kant déclare : « Maintenant, je puis m’exprimer comme Siméon, Seigneur, laissez votre serviteur mourir en paix, car j’ai vécu ce jour mémorable ».

Députés du Pas-de-Calais pendant la Révolution . C’est ici :

Novembre 1792  : Victoire française à Jemmapes

Victoire française à Jemmapes près de Mons, (Belgique). Dumouriez est bientôt maître de toute la Belgique. En même temps, Custine entre à Mayence. Dans le Sud-Est, les Français sont maîtres de la Savoie et du Comté de Nice.

La Convention est déchirée par la lutte des partis.
La Gironde, ancienne gauche de la Législative est devenue la droite de la Convention.
L’insurrection du 10 août s’était faite sans eux et malgré eux. Ils voulaient mettre un terme à la Commune de Paris, où dominaient leurs adversaires. Après avoir armée les « sans-culottes », ils dénonçaient leurs violences. Exclus des Jacobins, les Girondins se réunissaient dans le salon de Madame Roland. Leurs têtes de file sont Brissot, Louchet, Roland, Condorcet.
Portrait d’un chef Girondin, Vergniaud, par Levasseur de la Sarthe.C’est ici :
Les Montagnards, qui formaient la gauche de la Convention, acceptaient la "le pouvoir de la Commune de Paris comme un moyen d’action. Ils avaient pour eux les clubs jacobins et des Cordeliers.
Appuyés par les sans-culottes, ils étaient partisans des mesures d’exception en faveur des classes pauvres. Les plus populaires d’entre eux étaient Robespierre, Danton et Marat.

Quant à la masse de l’assemblée, la plaine ou le Marais, elle oscillait entre les groupes extrêmes, Girondins et Montagnards.
Girondins et Montagnards . C’est ici :

13 novembre 1792 :  Les débuts du procès du roi

  • 20 novembre 1792 : Découverte aux Tuileries de « l’armoire de fer » qui éclaire les relations secrètes entre Mirabeau et le Roi etc…La cause de Louis XVI devint indéfendable après la découverte aux Tuileries, cachette qui contenait les preuves formelles de l’entente de Louis XVI avec l’étranger.
  • 3 décembre 1792 : Discours de Robespierre demandant la mort de Louis XVI.
    Pour le lire c’est ici :
  • 11 décembre 1792 : Le roi comparait pour la première fois devant la Convention. Il est interrogé par Barère.
  • 25 décembre 1792 : Le roi rédige son testament.

27 novembre 1792 : La Savoie est déclarée unie à la France.

Les troupes révolutionnaires françaises envahissent le duché de Savoie dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, sans déclaration de guerre préalable. Celles-ci forment l’Armée des Alpes, menée par Anne Pierre de Montesquiou-Fézensac. L’avant-garde de cette armée est formée par la Légion des Allobroges, dont fait partie Joseph-Marie Dessaix.

Le 27 novembre, l’abbé Grégoire à la Convention nationale lit son Rapport et discussion sur la question de l’incorporation de la Savoie à la France au cours duquel il demande à l’assemblée sa décision face au « vœu librement émis de la Savoie » d’incorporer la République française. Cette demande repose sur la demande faite par l’Assemblée Nationale des Allobroges ou Assemblée des députés des Communes de la Savoie, lors d’une séance du 22 octobre 1792 à Chambéry. Le travail des membres de l’Assemblée, dont Philibert Simond , mène à l’incorporation du duché de Savoie à la France, ainsi que la proclamation de la fin de la monarchie et du système féodal. Soumise au vote par assis et levé, seul le député de la Corrèze Pénières s’oppose à la proposition. Le décret est adopté.

1793

7 janvier 1793  : Clôture des débats sur le procès de Louis XVI.

  • 17 janvier 1793 : Le roi est condamné à mort.
  • 20 janvier 1793 : le député régicide Le Peletier de Saint Fargeau est assassiné.
  • 21 janvier 1793 : Louis XVI est guillotiné place de la Révolution à 10 h. 22.
    La rivalité des partis se manifesta dans le procès de Louis XVI. Les Montagnards accusèrent les Girondins d’avoir voulu sauver le roi et d’être partisan d’une République fédéraliste.
    Les Girondins essayèrent de briser la Commune ; ils firent décréter Marat d’accusation : le tribunal révolutionnaire l’acquitta.
    La trahison de Dumouriez, qui passait pour l’homme des Girondins, ruina leurs prestiges.
    21 janvier 1793 : le jugement et la condamnation de Louis Capet à mort. C’est ici :

26 février 1793  : Les Parisiennes prennent d’assaut les boutiques alimentaires.

Jacques Roux, de la section des Gravilliers, encourage les émeutières, qui défendent selon lui les vrais principes de la Révolution.
La pétition de Jacques Roux. C’est ici :

mars 1793 :  Premières émeutes royalistes en Bretagne.

10 mars 1793 : À Paris, Échec d’une insurrection organisée par les enragés.

Un pain de quatre livres vaut en 1793 12 sous et demi à Paris, alors qu’un ouvrier gagne au maximum 20 sous.

6 avril 1793 :Création du Comité de Salut Public

Entraînée par la Montagne, la Convention décida d’ajourner la mise en vigueur de la Constitution de 1793 et d’organiser un gouvernement fort, armé de pouvoirs de salut public : c’est le gouvernement révolutionnaire, qui avait un caractère provisoire et devait durer jusqu’à la paix.

Dès avril 1793, les pouvoirs les plus étendus furent confiés à un Comité de Salut public (9 puis 12 membres élus par la Convention et renouvelables tous les mois ), qui prit la direction de la défense nationale, au-dedans comme au-dehors.
Le Comité de Sûreté générale avait les fonctions de police, surveillait et emprisonnait les suspects.
Dans les provinces et aux armées, des membres de la Convention furent délégués avec pleins pouvoirs : ce sont les représentants en mission.
Dans chaque commune, il y eut un comité de surveillance. Pour juger les suspects, on institua le tribunal révolutionnaire.
Les autorités révolutionnaires furent secondées par les sociétés jacobines.

  • 12 avril 1793 : La Convention vote l’arrestation de Marat, sur proposition du Girondin Guardet.
  • 24 avril 1793 : Triomphal acquittement de Marat au Tribunal révolutionnaire.

Jean-Paul Marat : Ébauche d’une séquence d’histoire : seconde bac pro. C’est ici :
Un homme du peuple : le sans-culotte :

« Un sans-culotte, Messieurs les coquins, c’est un être quoi va toujours à pieds… et qui loge tout simplement avec sa femme et ses enfants, s’ilen a, au quatrième étage. Il est utile, car il sait labourer un champ, forger, scier, limer, couvrir tout, faire des souliers, et verser jusqu’à la dernière goutte de son sng pour le salut de la République. Le soir, il se présente à la section… pour appuyer les bonnes motions, et pulvériser celles qui viennent de la faction abominable des hommes d’état. »
Le Père Duchesne ; texte anonyme du 23 avril 1793.

  • 24 mai 1793 : Sur décision de la commission des Douze, arrestation des Enragés Hébert et Varlet.
  • 27 mai 1793 : Varlet et Hébert sont libérés. Marat demande la cassation de la Commission des Douze.

Fin mai 1793  : Début des troubles en province et à Paris.

  • 29 mai 1793 : Début du soulèvement lyonnais contre les Jacobins.
  • 31 mai 1793 : Première Journée insurrectionnelle à Paris contre la Convention.
  • 2 juin 1793 : Prisonnière de la Garde nationale et du peuple, la Convention est obligée de voter l’arrestation des 29 députés Girondins et des ministres Clavière et Lebrun.
  • 6 juin 1793 : Aux nouvelles du deux juin, les modérés de province s’agitent. Marseille, Toulouse et Nîmes se rebellent.
  • 7 juin 1793 : Bordeaux, déjà en fermentation depuis plusieurs jours, achève de se rebeller.
  • 19 juin 1793 : 19 députés s’associent à la protestation des 52 du 6 juin contre le 2 juin ; ils seront en tout 76, qu’on appellera inexactement les 73.
  • 20 juin 1793 : Aux Cordeliers, Jacques Roux lance une nouvelle offensive des enragés, contre les lacunes du projet constitutionnel en matière économique et sociale. Les Cordeliers l’approuvent en masse.
  • 29 juin 1793 : Nantes résiste à l’assaut des Vendéens.

24 juin 1793  : La Constitution de 1793 (ou de l’An Un) est adoptée

La Constitution de 1793 (ou de l’An Un) est adoptée par la Convention qui décide de la soumettre à la ratification populaire.
Cette Constitution, presque bâclée tant il est urgent de rassurer les esprits en leur montrant que la Montagne ne veut ni l’anarchie ni la dictature, est aussi brève et aussi simple que le projet de Condorcet qui était confus et compliqué.
L’essentiel de sa portée idéologique est dans la nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui la précède ; moins audacieuse que le projet de Robespierre en avril, elle est pourtant bien plus sociale que celle de 1789.

La Constitution du 10 août 1793. C’est ici :
Analyse de la constitution par M. Biard. C’est ici :
La révolution au pays de Robespierre : Le district d’Arras vote la Constitution de 1793.C’est ici :

Juin 1793 :  Le manifeste des enragés.

25 juin 1793 : Jacques Roux présente à la Convention la pétition des Cordeliers « Manifeste des Enragées » exprimant leur programme économique, social et politique, avec de vives critiques contre la Constitution et contre la Montagne.

  • 28 juin 1793 : Aux Jacobins, attaque de Robespierre contre les Enragés.
  • 30 juin 1793 : Robespierre, Hébert et Collot d’Herbois conduisent une délégation jacobine chez les Cordeliers et font pression sur eux jusqu’à leur arracher l’exclusion de Jacques Roux et de Leclerc, et la suspension de Varlet.
  • 4 juillet 1793 : Violente diatribe de Marat contre les Enragés.

27 juin 1793  : Adoption de la constitution

  • La Convention décide que la Constitution sera soumise au peuple par plébiscite.
  • 14 juillet 1793 : Début du plébiscite constitutionnel dans les départements.
  • 4 août 1793 : Au terme de la consultation populaire, la Constitution de 1793 est ratifiée par 1 800 000 voix contre moins de 18 000.
    À cause de la guerre, elle ne sera jamais appliquée.

13 juillet 1793  : Assassinat de Jean-Paul Marat

  • 13 - juillet : Jean-Paul Marat est assassiné par Charlotte Corday.
  • 16 juillet 1793 : Funérailles de Marat ; son cœur est suspendu à la voûte de l’église des Cordeliers. Jacques Roux lance Le publiciste de la République française par l’ombre de Marat l’Ami du Peuple.

17 juillet 1793  : Abolition totale des droits féodaux .

La Convention décrète l’abolition totale et sans indemnité des droits féodaux de toute origine. Cette mesure complète les décrets de la nuit du 4 août 1789

Juillet-Août 1793 : De vives oppositions au sein de la Convention

  • 17 juillet : Chalier est guillotiné par les contre-révolutionnaires à Lyon.
  • 20 juillet 1793 : Jacques Roux, Leclerc se réclame de Marat en lançant son propre Ami du Peuple.
  • 27 juillet 1793 : Robespierre est élu au comité de Salut public.
    En juillet et août le Comité de Salut public est entièrement renouvelé.
    Le Comité montagnard eut bientôt à lutter contre une double opposition, celle des Hébertistes et celle des Dantonistes.
    Les Hébertistes avaient pour chefs le procureur de la Commune, Chaumette et son substitut Hébert. Leur journal,Le père Duchêne.
    Ils étaient « terroristes » à outrance et surtout anti-catholiques.
    La Convention avait pris des mesures pour favoriser le mariage des prêtres, elle avait institué un calendrier révolutionnaire ; mais sous l’influence de Robespierre, elle maintenait la liberté des cultes.
    Les Hébertistes voulaient au contraire « décatholiciser » la France de force ; ils enlevaient les églises aux curés pour y célébrer le culte de la Raison.
    Les Dantonistes avaient d’abord soutenu Robespierre et le régime terroriste. Mais plusieurs d’entre eux mêlés à de louches spéculations, craignaient la rigueur de la justice révolutionnaire. Ils formèrent le parti des indulgents : dans son nouveau journal, le Vieux Cordelier , Camille Desmoulins réclama la fin de la Terreur.

Dans les intrigues des factions, Robespierre crut démêler l’action de l’étranger ; il résolut de les briser.

  • Août 1793 : Début du mois. Recrudescence de l’agitation des enragés, orchestrée par les journaux de Jacques Roux et de Leclerc, et coïncidant avec un approvisionnement devenu très difficile à Paris.

2 août 1793  : Le procès de Veuve Capet

Marie-Antoinette est transférée du Temple à la Conciergerie, pour couper à de multiples tentatives d’évasion.

  • Son procès débute le 14 octobre 1793 et va durer deux jours. Ses avocats commis d’office, Chauveau-Lagarde et Tronçon-Ducoudray, sont avertis à la dernière minute et ont à peine le temps de décortiquer l’amas confus et volumineux des pièces du procès.
    Marie-Antoinette à la Conciergerie sous la surveillance constante de ses geôliers Trois chefs d’accusation sont retenus :
  • d’avoir épuisé le trésor national
  • d’avoir entretenu des intelligences et des correspondances avec l’ennemi
  • d’avoir tramé des conspirations contre la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat
    Condamnée à mort pour haute trahison le 16 octobre 1793, elle est guillotinée le jour même sur la place de la Révolution (l’actuelle place de la Concorde).

août- septembre 1793  : La terreur à l’ordre du jour ?

  • 22 août 1793 : Robespierre est élu à la présidence de la Convention.
  • 25 août 1793 : Prise de Marseille par les troupes de la Convention.
  • 27 août 1793 : Les Anglais entrent à Toulon.
  • 30 août 1793 : À la Convention, le député Royer demande que la Terreur soit mise à l’ordre du jour.
  • 5 septembre 1793 : Les sans-culottes parisiens envahissent la Convention. Cédant à leur pression, les députés mettent la Terreur à l’ordre du jour et votent la création d’un tribunal pour les accapareurs, la formation d’une armée révolutionnaire, et un emprunt forcé de cent millions.
  • 6 septembre 1793 : Entrée de Billaud-Varenne et Collot d’Herbois au Comité de Salut public.
  • 17 septembre 1793 : La Convention vote la loi des suspects.
  • 29 septembre 1793 : Décret de la Convention proclamant le maximum général des denrées et des salaires.

5 octobre 1793  : Le calendrier républicain

  • Le 22 septembre 1792 est déclaré l’an I de la République
  • 5 octobre 1793 La Convention adopte le calendrier républicain de Romme et de Fabre d’Églantine.

Octobre-décembre  : Faire face

  • 9 octobre 1793 : Les armées républicaines reprennent Lyon.
  • 30 octobre 1793 : Vingt-et-un députés Girondins sont condamnés à mort et exécutés le lendemain.
  • 20 novembre 1793 : Danton, prône l’indulgence.
  • 12 et 13 décembre 1793 : Les vendéens sont écrasés au Mans.
  • 23 décembre 1793 : Les restes de l’armée vendéenne sont anéantis à Savenay.
  • 7 janvier 1794 : Turreau lance ses « colonnes infernales » sur la Vendée.
1794

4 février 1794  : Abolition de l’esclavage

Décret du 16 Pluviôse an II qui abolit, sans indemnités, l’esclavage dans les colonies.

La Révolution Française abolit l’esclavage. C’est ici :

Les six premiers mois de 1794

Février-Mars 1794 : Vives tensions pour le contrôle du pouvoir politique. Robespierre et les Jacobins engagent la lutte contre les « factions ».

5 février 1794 : Discours de Robespierre sur la Vertu et la Terreur.

10 Février 1794  : Le meneur des Enragés, J. Roux se suicide dans sa prison.

22 février 1794  : Au Cordeliers, Hébert, dénonce les indulgents et les endormeurs, qui désignent les partisans de Danton et de Robespierre.

26 février et 3 mars 1794  : Décret de Ventôse qui prévoient la confiscation des biens des suspects et leur distribution aux indigents.

13 mars 1794 : arrestation des Hébertistes.

24 mars 1794 : Exécution des Hébertistes.

30 mars 1794  : Arrestation des Indulgents.

5 avril 1794 : Exécution des Indulgents.

13 avril 1794  : Exécution de Chaumette et des veuves de Camille Desmoulins et Hébert.

14 avril 1794  : Robespierre décrète le transfert des cendres de Rousseau au Panthéon.

7 mai 1794 : Instauration du culte de l’Être suprême.

8 mai 1794  : Centralisation de la Terreur à Paris.

10 mai 1794  : Arrestation de Pache, maire de Paris, remplacé par un Robespierriste, Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot.

23 et 24 mai 1794  : Tentatives d’assassinat à Paris contre Collot d’Herbois et Robespierre.

4 juin 1794  : Election, à l’unanimité, de Robespierre à la Convention.

8 juin 1794  : Fête de l’être suprême à Paris, présidée par Robespierre.

10 juin 1794  : Décret du 22 prairial an II « Loi de la Grande Terreur ». Les armées étrangères étaient vaincues, mais l’Angleterre restait menaçante. Pour vaincre, il fallait rééquiper et organiser la marine française et continuer la lutte à outrance. Aussi Robespierre, soutenu par la Commune, imposa les lois de Prairial, qui établissaient une procédure plus expéditive devant le tribunal révolutionnaire.

26 juin 1794 : Victoire de Fleurus.

29 juin 1794  : Billaud-Varenne, Collot d’Herbois et Carnot qualifient Robespierre de dictateur au Comité de Salut public.

1er juillet 1794  : Aux Jacobins, Robespierre dénonce une conspiration dirigée contre lui, parmi les membres de la Convention et du Comité de Salut public.

4 juillet 1794  : Éloge de la Terreur par Barère, à la Convention.

22 juillet 1794  : Séance de conciliation entre les Comités de Salut public et de Sûreté générale, organisée par Barère et Saint-Just.

25 juillet 1794  : Nouvelle réunion de conciliation ; une réconciliation fragile s’opère.

Coup de force à la Convention contre Robespierre.

27 juillet 1794  : Coup de force à la Convention contre Robespierre. (9 Thermidor). La Convention vote l’arrestation de Robespierre, de Saint-Just, de Gouthon, de Lebas. La Commune se déclare en insurrection et les conduit à l’Hôtel de Ville.

Le 9 Thermidor Le coup d’État contre Robespierre et ses partisans
Le 9 thermidor marque non seulement la mort de Robespierre, mais la fin du jacobinisme égalitaire. Il détermina un mouvement de recul qu’on appelle la réaction thermidorienne. Il y avait dans la coalition qui renversa Robespierre des terroristes convaincus (Billaud Varennes) ; après la victoire, ils ne tardèrent pas à être éliminés ; le pouvoir revint aux modérés ou aux terroristes repentis (Daunou, Cambacérès, Barras, Tallien etc…).
Le gouvernement resta révolutionnaire ; mais les pouvoirs du Comité de Salut public furent limités ; dans les provinces les comités révolutionnaires disparurent peu à peu ; les anciennes administrations furent rétablies. Le Tribunal révolutionnaire fut réorganisé, puis supprimé. Les principales lois de répression furent annulées, ce qui n’empêcha pas la violence (assassinats, bastonnades, emprisonnements) contre les révolutionnaires jacobins de se développer à grande échelle, sous l’impulsion des Thermidoriens ou, du moins, avec leur complicité (voir le rôle des muscadins, dirigés par Fréron, ex-« terroriste »).
Les Girondins proscrits revinrent à la Convention. Le club des Jacobins fut fermé (nov. 1794). Il se produisit une renaissance du catholicisme, ainsi qu’une réaction générale contre les mœurs révolutionnaires. Pendant ce temps, la suppression du maximum, la dépréciation de l’assignat, l’énorme hausse des prix entraînaient une misère effroyable dans le peuple des villes.

28 juillet 1794  : Les hommes de la Convention s’empare de l’Hôtel de Ville. Exécution de Robespierre et de 21 de ses partisans.

29 juillet 1794  : Exécution de 71 personnes. La Commune de Paris est anéantie par la répression.

Août 1794  : Vague de libération de prisonniers.

1er août 1794  : Abolition de la « Terreur. »

10 août 1794  : Le Tribunal révolutionnaire est réorganisé.

30 août 1794  : Libération du territoire français de toute occupation étrangère.

8-15 septembre 1794  : Procès des Nantais envoyés au tribunal révolutionnaire par Carrier ; ils sont acquittés. Carrier est dénoncé.

24 septembre 1794  : Rapport de police sur les conséquences économiques de 9 Thermidor : « l’aristocratie marchande relève la tête avec audace ».

11 octobre 1794  : Les restes de Rousseau sont transférés au Panthéon.

9 novembre 1794  : Les muscadins attaquent le club des Jacobins, les lapident en séance, bâtonnent les hommes, fouettent les femmes.

11 novembre 1794  : Lecture à la Convention du rapport de Romme au nom de la commission des 21, concluant non sans réticence à l’accusation de Carrier. Nouveau raid des muscadins sur le club, sous prétexte de prévenir un mouvement jacobin en faveur de Carrier ; la force armée intervient et dans la nuit les Comités réunis font fermer la salle du club.

12 Novembre 1794 : La Convention décide la suspension du club des Jacobins.

23 novembre 1794  : La Convention décrète Carrier d’accusation à l’unanimité moins deux voix.

8 décembre 1794  : Les Girondins reviennent sur la scène. Sur rapport de Merlin de Douai, la Convention rappelle dans son sein les 73 (en fait 78 rappelés), ce qui fera basculer sa majorité vers la droite. Cambacérés demande en vain une amnistie générale qui, royalistes exceptés, s’étendrait aussi à la gauche.

16 décembre 1794 : Carrier est condamné à mort et guillotiné, avec deux autres accusés.

1795

L’élimination des jacobins. La « Terreur blanche »

18 janvier 1795  : La jeunesse dorée annonce par la presse son intention de brûler en public le mannequin d’un jacobin couvert de sang le 2 pluviôse, pour célébrer à sa façon l’anniversaire de l’exécution de Louis Capet. On ne l’en empêchera pas.

19 janvier 1795  : Au café de Chartres, création du Réveil du Peuple, aussitôt adopté comme chant de ralliement par la jeunesse dorée. Durant tout pluviôse, elle suscitera des bagarres quotidiennes pour en imposer le chant dans les théâtres et sur les boulevards et pour interdire le chant de la Marseillaise.

21 janvier 1795  : Célébration de l’anniversaire de la mort du roi.

31 janvier 1795  : La jeunesse dorée inaugure la chasse aux bustes de Marat.

Février 1795  : Débuts de la « Terreur blanche » visant les Jacobins.

1 février 1795  : Le Comité de Sûreté Générale ordonne de rétablir les bustes de Marat.

2 février 1795  : La jeunesse dorée reprend la chasse aux bustes de Marat, dans les cafés, partout : rixes nombreuses avec les patriotes.

3 février 1795  : Fréron débordé par ses hommes de main proteste encore contre la chasse aux bustes de Marat.

4 février 1795  : Ce jour-là, les précédents et les suivants, agitation dans les faubourgs, protestations des Sociétés populaires et cortèges derrière le buste de Marat.

5 février 1795 . : Violent article du Moniteur contre la mémoire de Marat : signe que les Comités vont capituler devant la jeunesse dorée.

8 février 1795  : Les dépouilles de Marat, Viala, Dampierre et Bara sont exclues du Panthéon.

19 février 1795 : Décret supprimant tous les comités révolutionnaires, sauf dans les communes d’au moins 5 000 habitants.

22 février 1795  : A la Convention, Rovère réclame la répression des terroristes : « Si vous ne punissez pas ces hommes, il n’est pas un Français qui n’ait le droit de les égorger ».

23 février 1795  : Décret obtenu par Merlin de Douai, assignant à résidence surveillée dans leurs communes d’origine tous les fonctionnaires civils et militaires destitués ou suspendus depuis le 10 thermidor. « Loi des suspects à rebours » (Mathiez).

28 février 1795  : Boissy d’Anglas signale des attroupements à la porte des boulangeries : aussitôt Bourdon : « C’est le peuple de Robespierre ! » Rovère déclare que le Comité de Sûreté Générale a dû établir une contre-police secrète, la police officielle étant encore trop hostile aux muscadins.

1er mars 1795  : Première attaque ouverte de Fréron contre la Constitution de 1793 dont il demande la révision.

2 mars 1795  : Accusation de Barère, Billaud Varenne, Vadier, Collot d’Herbois, décrétée par la Convention.

3 mars 1795  : Décret restituant certains de leurs biens aux condamnés et émigrés.

8 mars 1795  : La Convention rappelle dans son sein les survivants des Girondins hors la loi, Isnard, Lanjuinais, Louvet etc…

9 mars 1795  : Aussitôt réintégrés, les Girondins demandent des poursuites contre les auteurs du 31 mai et du 2 juin ; Tallien lui-même s’y oppose.

17 mars 1795  : Émeutes parisiennes, suscitées par la famine et les hausses de prix.

21 mars 1795  : Les sections du faubourg Antoine viennent demander à la Convention du pain et la mise en vigueur de la Constitution de 93.

22 mars 1795  : Début de l’audition de Barère, Billaud et Collot devant la Convention ; Lindet et Carnot se solidarisent avec eux.

28 mars 1795  : Début du procès de Fouquier-Tinville devant le Tribunal Révolutionnaire.

29 mars 1795  : lettre de Hoche : « Le luxe a reparu dans les armées ; et, semblable à des pachas, nos généraux ont huit chevaux à leurs voitures ».

1er Avril 1795 : Journée insurrectionnelle.
Les sans-culottes des sections, bousculant sans peine la jeunesse dorée, envahissent la salle de la Convention, réclamant du pain et la Constitution de 1793. Sans chefs valables, ils se perdent en harangues puis évacuent la salle à l’approche des gardes nationaux réactionnaires des sections de l’Ouest.
La Convention met Paris en état de siège et donne le commandement à Pichegru, de passage dans la capitale.

Elle décrète la déportation sans jugement de Barère, Billaud et Collot à la Guyane et l’arrestation de huit députés crétois ( Amar, Léonard Bourdon, Chasles, Choudieu, Duhem, Thuriot, etc.).

10 avril 1795  : Décret ordonnant le désarmement des « terroriste » dans toute la République  : c’est désigner en même temps que livrer les patriotes de l’An II à la Terreur Blanche.

7 mai 1795  : Fouquier-Tinville est guillotiné avec Herman et 14 jurés du Tribunal révolutionnaire de l’An II.

20 mai 1795 : journée insurrectionnelle. Au son du tocsin, portant leur mot d’ordre : « Du pain et la Constitution de 93 ! »
Les insurgés entrent dans la salle de la Convention, très peu son armés ; pourtant Féraud est tué. Insurrection sans efficacité ; les Comités attendent pour la réprimer que les députés de la Crète s’y compromettent. Ceux-ci ne le fond que dans la soirée, faisant adopter quelques mesures ; aussitôt les forces réactionnaires attaquent, chassent les insurgés, et la Convention peut décréter une première fournée d’arrestations.

21 mai 1795 : Seconde journée insurrectionnelle.
Le tocsin sonne à nouveau ; les insurgés occupent l’Hôtel de Ville, fraternisant avec les canonniers, mais ils s’arrêtent là et laissent les Conventionnels parlementer avec eux ; croyant la partie gagnée, ils envoient d’inefficaces pétitionnaires…

22 mai 1795 : Troisième journée insurrectionnelle.
La Convention prend l’offensive et charge le général Menou du commandement ; la jeunesse dorée pénètre dans le Faubourg Antoine, mais elle s’y fait étriller et cerner par les sans-culottes qui trop généreusement la laissent se retirer.

23 mai 1795 : Dernière journée insurrectionnelle jusqu’en 1830.
L’armée régulière de Menou fait capituler le Faubourg Antoine, à court de munitions et de pain. La Convention confie la répression à une commission militaire qui s’en acquittera très soigneusement. Pous la première fois les Thermidoriens ont dressé l’armée issue de la Révolution contre le peuple de la Révolution ; décapitées depuis quatorze mois par la répression des Cordeliers, les forces populaires sont éliminées de la politique révolutionnaire. A la même date, les insurgés de Toulon, qui marchaient sur Marseille, sont battus par les troupes régulières du général Pactod.

24 mai 1795  : Sur ordre de la Convention,
les sections se réunissent pour procéder au désarmement des terroristes. Les arrestations continuent à se succéder : Bouchotte, Pache, Rossignol, Xavier Audouin, Clémence, Marchand, Hassenfratz, etc.

28 mai 1795  : Décret d’arrestation contre tous les membres encore libres des grands Comités de l’An II ; en sont seuls exceptés Carnot, Prieur de la Côte-d’Or et Louis du Bas-Rhin.

29 mai 1795  : Décrets ordonnant le désarmement de tous les suspects de terrorisme et excluant de la Garde nationale « les citoyens les moins aisés ».

31 mai 1795  : Décret supprimant le Tribunal révolutionnaire.

1er juin 1795  : Décret d’arrestation contre Baudot, J.B. Lacoste, Mallarmé etc. en tout 43 députés décrétés d’arrestation en prairial.

8 juin 1795  : Mort officielle de Louis XVII à la tour du Temple.

17 juin 1795  : Condamnés à mort par la commission militaire, Romme, Bourbotte, Goujon, Soubrany et Duquesnoy se suicident : les révolutionnaires honoreront leur mémoire en les appelant « les Martyrs de Prairial ».
En juin, les jeunesses dorées se renforcent et s’activent. On coupe des arbres de la liberté, on foule aux pieds des cocardes tricolores.

Les royalistes activent leurs préparatifs militaires, achèvent de s’assurer la complicité de thermidoriens notables, dont Boissy d’Anglas.

22 juin 1795  : Devant l’imminence de la tentative de débarquement dont elle est avertie, la Convention se décide à voter une loi pour la répression de la Terreur Blanche.

23 juin 1795  : Rapport de Boissy d’Anglas sur le projet d’une nouvelle Constitution.
« Nous devons êtres gouvernés par les meilleurs (c’est-à-dire) ceux qui possèdent une propriété et à l’aisance qu’elle donne l’éducation qui les a rendus propres à discuter avec sagacité et justesse… Un pays gouverné par les propriétaires est dans l’ordre social, celui où les non propriétaires gouvernent est dans l’état de nature. »

10 juillet 1795  : Lebon est envoyé par la Convention devant le tribunal criminel de la Somme.

27 juillet 1795 : Pour l’anniversaire de la chute de Robespierre, on joue à la fois La Marseillaise et Le Réveil du Peuple  ; la Convention en revient à sa politique de bascule.

9 août 1795 : Décret d’arrestation contre le Montagnard Joseph Fouché (et contre neuf autres députés).

10 août 1795  : Rapport de police sur la célébration du Dix-Août : certains disent « qu’ils aimeraient mieux être sous le régime de Robespierre ; qu’alors la Convention avait soin des malheureux ; aujourd’hui les représentants boivent, mangent et s’enrichissent aux dépens du peuple ».

15 août 1795 : Le Franc devient l’unité monétaire légale.

22 août 1795 : La Convention adopte la Constitution de l’An III.

5 octobre 1795  : Emeute royaliste à Paris (13 vendémiaire an IV). Elle est écrasée. Barras et Bonaparte dirigent les opérations.

16 octobre 1795 : Joseph Lebon est guillotiné à Amiens. Bonaparte est promu au grade de général de division.

26 octobre 1795 : Séparation de la Convention nationale. Elle vote une amnistie pour les faits de Révolution.

27-28 octobre 1795  : Début du Directoire.

18 décembre 1795 : Madame Royale, fille de Louis XVI, quitte la tour du temple pour être échangé contre des prisonniers républicains.

1796

Le Directoire : Entre guerre et mesures économiques.

4 janvier 1796  : Merlin de Douai nommé au ministère de la Police.

19 février 1796  : Fin de l’émission d’assignats, laissant sur le marché trente-neuf milliards de coupures.

2 mars 1796  : Bonaparte est nommé général en chef de l’armée d’Italie.

18 mars 1796  : En remplacement des assignats, des mandats « territoriaux » sont émis, au nombre de deux milliards quatre cents millions.

29 mars 1796  : Exécution de Charrette à Nantes.

10 avril 1796  : Campagne d’Italie de Bonaparte.

10 mai 1796  : Les conspirateurs montagnards et babouvistes sont arrêtés à Paris.

1797

La politique du directoire. L’ordre thermidorien

20 février 1797  : Ouverture du procès de Babeuf.

24 juin 1797  : Barras prend contact avec Hoche pour un éventuel coup d’Etat contre la majorité royaliste des Conseils.

1er juillet 1797  : Hoche expédie 15 000 hommes de Rhénanie vers Brest en passant par la capitale, sous prétexte de monter une nouvelle expédition en Irlande.

16 juillet 1797 : Crise au Directoire  : Barras, Reubell et La Revellière-Lépeaux s’allient contre Carnot et le royaliste Barthélemy. Un remaniement défavorable à la droite est décidé : Talleyrand devient ministre des Relations extérieures et Hoche ministre de la Guerre.

17 juillet 1797  : Les Conseils sont prévenus que les troupes de Hoche sont rassemblées autour de Paris. Les royalistes et Pichegru envisagent un coup de force.

19 juillet 1797  : Carnot accepte de cautionner devant les députés la présence des troupes de Hoche autour de Paris.

28 juillet 1797  : Hoche annonce au ministre de la guerre qu’il fait reculer ses troupes vers le Rhin.

8 août 1797  : Le général Augereau est nommé par le Directoire commandant de la région militaire de Paris.

1er septembre 1797  : Le Directoire, informé par les services de Fouché, ordonne l’arrestation du député royaliste Raffet qui se proposait d’assassiner Reubell et Barras.

4 septembre 1797  : Coup d’Etat des Directeurs républicains, organisé par Augereau. Pichegru, Barthélemy et les députés royalistes sont arrêtés.

5 septembre 1797  : Le corps législatif adopte une série de lois répressives : annulation des élections de près de 200 députés dans 55 départements. 65 dirigeants et journalistes d’opinion royaliste sont déportés.

8 septembre 1797  : Merlin de Douai et François de Neufchâteau remplacent Barthélemy et Carnot aux postes de Directeurs.

23 septembre 1797  : Augereau est nommé chef de l’armée d’Allemagne, rassemblant les armées de Rhin-et-Moselle et de Sambre-et-Meuse.

1798

1798 L’instabilité politique. Année de guerres. La République vacille.

5 mars 1798  : Le Directoire accepte l’idée de Bonaparte sur l’expédition en Egypte.

11 mai 1798  : Le conseil des Anciens invalide les élections de 106 députés Jacobins.

15 mai 1798  : Treilhard est élu Directeur à la place de François de Neufchâteau, éliminé par tirage au sort.

19 mai 1798  : Bonaparte s’embarque vers l’Egypte.

23 mai 1798  : Croyant à l’imminence d’un débarquement français en Irlande, les patriotes irlandais dirigés par Wolf Tone s’insurgent.

3 juin 1798  : Le général Pichegru et l’ancien directeur Barthélemy s’évadent du bagne de Sinnamary, en Guyane.

1er juillet 1798 : Débarquement français à Alexandrie.

2 juillet 1798  : Le Directoire interdit onze journaux d’inspiration royaliste. Prise d’Alexandrie par Bonaparte.

21 juillet 1798  : Victoire de Bonaparte sur les Mamelouks aux Pyramides.

24 juillet 1798  : L’armée française entre au Caire.

1er août 1798  : Victoire navale des Anglais contre les Français à Aboukir.

1799

L’avènement du coup d’État de Bonaparte.

6 juillet 1799  : Résurgence du club des Jacobins à Paris.

23 août 1799  : Bonaparte quitte l’Egypte ; Kléber lui succède.

14 septembre 1799  : Le Conseil des Cinq-Cents refuse de proclamer « la patrie en danger », sur demande de Jourdan. Bernadotte démissionné du ministère de la Guerre. Il est remplacé par Dubois-Crancé.

16 octobre 1799  : Bonaparte entre à Paris.

17 octobre 1799  : Bonaparte est reçu par le Directoire.

23 octobre 1799  : Lucien Bonaparte est élu à la présidence du conseil des Cinq-Cents.

1er novembre 1799  : Réunion entre Sieyès et Bonaparte sur le futur coup d’État.

8 novembre 1799  : Entrevue de Bonaparte et Cambacérès.

9 novembre 1799  : Bonaparte organise un coup d’État, qui le conduira au Consulat, puis à l’Empire.


[1Rappel : les trois ordres selon un juriste du XVIIe siècle. « Il faut qu’il y ait de l’ordre en toutes choses. Car nous ne pourrions pas vivre en égalité de condition, mais il faut par nécessité que les uns commandent et que les autres obéissent.
Les uns sont dédiés particulièrement au service de Dieu ; les autre à conserver l’État par les armes ; les autres à le nourrir. Ce sont nos ordres ou états généraux de France, le clergé, la noblesse et le tiers état. Mais chacun des trois ordres est encore subdivisé en degrés subordonnés à l’exemple de la hiérarchie céleste.
Au sommet, l’ordre ecclésiastique, le clergé, car, en droit, les ministres de Dieu doivent conserver le premier rang d’honneur. Ensuite la noblesse… Enfin, le tiers état qui embrasse le reste du peuple. »
(Charles Loyseau, Traité des ordres et simples dignités, 1610.)