
Il prit partie dans le combat pour la citoyenneté des juifs allemands. En 1790, il traduisit en français l’ouvrage de Wessely, Instructions salutaires adressées aux communautés juives de l’Empire de Joseph II. Il rédigea de nombreuses lettre de défense des Juifs, où il s’appliquait à démontrer la valeur universelle de la Loi mosaïque et polémiquait contre les catholiques anti-juifs, au sujet notamment de la valeur morale du Talmud.
Néanmoins, face aux difficultés rencontrées, il finit par se décourager, au point de publier une brochure préconisant la renonciation des juifs aux droits politiques. Heureusement, il se reprit rapidement et lorsque la citoyenneté fut acquise, il fut un des premiers à la promouvoir parmi les juifs de Lorraine, exhortant ses coreligionnaires à prêter en corps le serment civique et à ne voir aucune contradiction entre leur religion et leurs droits et devoirs de citoyens et à revendiquer pleinement ces derniers : il n’hésitait pas à affirmer que « les juifsdevaient quitter cet esprit de corps ou de communauté pour toutes les partiesciviles et politiques, non inhérentes à leurs lois spirituelles ». En mêmetemps, il commençait de jeter les bases d’une organisation nouvelle du judaïsme désormais français [1].Élu en 1792 au conseil municipal de Nancy, il ne cessa plus dès lors de prendre part à la vie politique française. En 1806, il fit partie du Conseil des Notables juifs convoqué par Napoléon, puis du Sanhédrin. Il rédigea à cette occasion des Réflexionssur la régénération complète des Juifs en France, où il se montraitfavorable à une réforme, modérée mais réelle, des institutions juives.
[1] Sa Lettre d’un citoyen membre de la ci-devant communauté des Juifs de Lorraine à ses confrères, à l’occasion du droit de citoyen actif, rendu aux Juifs par le décret du 28 septembre 1791, est un des premiers grands textes théoriques
sur la question.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier
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