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Jean-Nicolas BILLAUD-VARENNE (1756 - 1819)
billaud-varenne
[33 ans en 1789]
Avocat sans clientèle et auteur sans succès, Billaud quitte sa ville natale de La Rochelle pour devenir préfet des études au collège de Juilly. Il quitte ce poste en 1784 pour redevenir avocat et épouse la fille d’un riche fermier général en 1786. Il publie plusieurs brochures dans lesquelles il s’en prend à la religion et aux ministres.Arrivé à Paris en 1789, Billaud ( qui se fait désormais appeler Billaud-Varenne ) n’arrive pas à se faire élire électeur de son district Parisien. Il s’inscrit au club des Jacobins et commence à définir une ligne " dure ". Mais son intransigeance et son sectarisme l’empêche d’émerger dans ce milieu ou se croisent les Mirabeau,Barnave, Robespierre et autres grands tribuns. Au moment de la fuite de Capet à Varennes, Billaud s’enhardit et introduit le premier le débat sur la République. Cette véhémence soudaine lui vaut d’être exclu des Jacobins,Danton ne tardera pas à l’accueillir fraternellement aux Cordeliers.Réintégré au club des Jacobins, il en sera secrétaire puis vice-président.Après le 10 août, il succède à Danton comme substitut de la Commune de Paris. C’est à ce poste qu’il va encourager aux massacres de Septembre, allant jusqu'à parler de " vengeances nationales ".Elu à la Convention Nationale par Paris, Billaud fait proclamer " l’An I de la République Française ". Il vote ensuite la mort de Capet après avoir demandé une accélération de son procès. Après avoir été envoyé en mission en Bretagne ou il a maté un début de rébellion royaliste, il joue un rôle important dans la chute et la proscription des Girondins, le 31 mai et le 2 juin. Après une autre mission, dans le Nord cette fois, Billaud est élu président de la Convention le 5 septembre et demande que Clavière et Lebrun soient jugés en priorité.Le 6 septembre, il entre au Comité de Salut Public avec son ami Collot d’Herbois sous la pression des sans-culottes et se solidarise avec la politique de Saint Just et Robespierre. Il participe activement à la chute de Danton puis de Robespierre, il le regrettera plus tard dans ses Mémoires en s’accusant d’avoir " assassiné la Liberté ".Après Thermidor, il est arrêté puis déporté avec d’autres ex-terroristes à Cayenne. Gracié après le 18 brumaire, il refuse de cautionner le nouveau régime et reste à Cayenne pour cultiver son petit domaine. Il finira ses jours à Haïti. Je ne peux m’empêcher de citer les dernières paroles de ce grand Révolutionnaire qui jamais ne trahit la cause pour laquelle il avait combattu : " Mes ossements, du moins, reposeront sur une terre qui veut la Liberté  mais j’entends la voix de la postérité qui m’accuse d’avoir trop ménagé le sang des tyrans d’Europe ". Billaud n’aura du moins pas ménagé le sang du tyran de France.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Yohan Senez révolution française