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Jacques-Pierre BRISSOT, dit BRISSOT DE WARVILLE (1754-1793)
brissot
[35 ans en 1789]
Né à Chartres le 15 janvier 1754.Ce treizième enfant d’un traiteur rôtisseur ajouta longtemps à son nom celui de la terre de Warville.Il est parmi ceux qui par la suite deviendront les Girondins un des seuls qui au début de la Révolution avait derrière lui une longue carrière de publiciste.A l’occasion de ses nombreux voyages en France mais aussi à Genève, en Angleterre, aux Pays Bas et aux Etats-Unis il fera de nombreuses connaissances dont Marat, Clavière, d’Alembert, Guyton de Morveau etc. Sa naïveté le conduira parfois à s’acoquiner avec de parfaits escrocs et il fera ainsi un séjour à la Bastille. Il écrira des pamphlets et lancera des journaux qui n’auront guère de succès. On dira même qu’il fut utilisé comme agent par le Lieutenant de police Lenoir. Quoiqu’il en soit ses ouvrages dénotaient un hommes partisan des lumières et acquis aux idées nouvelles. En particulier en 1788, il fut l’un des fondateurs de la Société des Amis des Noirs. Pourtant il ne parviendra pas à se faire élire aux Etats Généraux, mais dès le 6 mai 1789 il fondera un journal "Le Patriote français". N’ayant pas obtenu l’autorisation royale, il devra attendre fin juillet pour lancer effectivement son journal qui paraîtra jusqu’au 2 juin 1793. Il aura au fil du temps une grande importance en étant l’organe de ce qui deviendra un mouvement politique, pour parler comme aujourd’hui, le parti brissotin ou girondin. Mais l’activité de Brissot ne se limitera pas au journalisme, il sera rapidement un homme d’action.

Il fut membre de la première Commune de Paris et siégera au puissant comité des recherches. A cette époque on peu le qualifier de patriote et de révolutionnaire, il demandera la liberté pour les noirs et la fin de la traite ce qui lui vaudra de violentes attaques de la part des colons. Il sera ainsi qualifié d’agent de l’Angleterre en voulant perdre les colonies au profit de cette puissance. Après la fuite du Roi à Varennes, il sera l’un des chauds partisans de la pétition du Champs de Mars qui réclamait la déchéance du monarque. A cette époque ses positions sont les même que celles de Robespierre.Bien qu’avec difficulté il sera élu député de Paris à la Législative le douzième sur vingt quatre. Il est l’un des rares Jacobins élus par la capitale. A l’Assemblée il sera le chef de la tendance la plus à gauche ; c’est vers cette époque qu’il verra se grouper autour de lui ceux qui plus tard formeront le parti de la Gironde. C’estlui et ses amis qui contre l’avis de Robespierre défendront des positions bellicistes qui aboutiront à la déclaration de guerre le 20 avril 1792. Qui alors aurait pu penser qu’ils lançaient la France et l’Europe dans uneguerre qui allait durer plus de vingt ans ? Son influence alors sera telle qu’il pourra être considéré sans en avoir le titre comme le véritable premier ministre. Mais bientôt les échecs des armées, la politique peu cohérente du ministère, ses réticences à accuser La Fayette lui feront perdre une grande partie de son crédit, même il reculera devant les positions populaires visant à obtenir la déchéance du roi. Sa participation au 10 août sera inexistante. Il sera l’un des rares Girondins à prendre position contre les massacres de septembre, il est en effet notable que ceux-là même qui quelques semaines plus tard accableront les Jacobins, Marat, Robespierre et autres en les traitant de septembriseurs avaient eu des positions bien plus nuancées, c’est le moins que l’on puisse dire, au moment des faits.Quoi qu’il en soit ne pouvant se faire élire à Paris c’est dans le Loiret et l’Eure et Loir qu’il trouvera des électeurs pour l’envoyer à la Convention. C’est pour ce dernier département qu’il optera. Il a alors beaucoup changé défendant des positions anti-jacobines,ce qui le fera exclure du Club le 12 octobre 1792. Il attaquera sans mesure les sections parisiennes, la Commune, les Montagnards et Robespierre en particulier. Au procès du roi il votera pour l’appel au peuple, pour la mort avec sursis jusqu'à la paix, pour le sursis. Il sera plus tard compromis dans la trahison de Dumouriez ce qui achèvera de le déconsidérer au yeux de l’opinion. C’est très logiquement qu’il sera décrété d’arrestation le 2 juin 1793 et gardé à son domicile. Il s’évadera,sera arrêté à Moulins, dans l’Allier, et incarcéré. Devant le Tribunal Révolutionnaire, sa défense manquera de substance et même de courage. Il sera condamné à mort le 9 et exécuté le 10 brumaire de l’an II. NDLR : Max Gallo le décrit ainsi : " Superficiel,rapide, inventif, Brissot n'a pas compris que la Révolution demandait d'autres qualités que celles d'un journaliste de grand talent. Il a joué sa vie en quelques formules qui mettaient en jeu le destin du pays et qu'il ne pouvait plus raturer comme dans un manuscrit trop vite écrit."
Oeuvres. Théorie des lois criminelles.
Mémoires.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 révolution française
Notice écrite par J.M. Ruthon
A. Kuscinski : Dictionnaire des Conventionnels.
Dir. A. Soboul : Dictionnaire historique de la Révolution française