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Philippe BUONARROTI (1761-1837)
[28 ans en 1789]
Pise 1761- Paris 1837Né dans une famille noble,(mais non descendant de Michel-Ange
comme l’affirme une légende tenace) il fit des études poussées à l’Université de Pise. Rousseauiste, franc-maçon,lié aux Illuminés de Bavière, il publia en 1787 une
Gazetta Universale qui,progressiste et favorable aux troubles révolutionnaires de Hollande, lui valut des difficultés avec la police. En 89, il se rendit en France à l’annonce de
la Révolution, puis tenta de diffuser les valeurs révolutionnaires en Corse.Journaliste, fondateur de clubs, finalement membre de la nouvelle administration départementale, il fut en butte aux
attaques très violentes du clergé réfractaire.Il repartit en Toscane, où on l’emprisonna aussitôt. Expulsé vers la Corse,il y combattit Paoli, puis vint en France en 93pour dénoncer à la
Conventionl’esprit « fédéraliste » du département. Il présenta la demande de rattachement à la France des habitants de l’Ile Saint-Pierre.Robespierre, qui le connaissait
bien et l’aimait beaucoup, lui fit accorder en mai 93 la nationalité française. Buonarroti devait, toute sa vie, rendre hommage à l’Incorruptible comme à son principal maître politique
et au plus grand des révolutionnaires français, comparable à nul autre.Nommé commissaire du Conseil exécutif en Corse, puis agent national
général, dans les territoires conquis à l’est de Menton,
il y forma dejeunes révolutionnaires qui devaient par la suite jouer un grand rôle en
France comme en Italie. Rappelé par les Thermidoriens en mars 95, il fut arrêté et incarcéré à la prison du Plessis. Il se lia alors avec Babeuf. Il joua à ses côtés un rôle important dans la Conspiration des Egaux,
et fut arrêté en même temps que lui, le 10 mai 96.Jugé devant la Haute-Cour de Vendôme, il fut condamné à la déportation. Sa peine fut commuée en détention, et il passa de longues années en prison, à
Cherbourg puis à l’île d’Oléron. Protégé par Fouché, il put finalement s’enfuir à Genève, où avec l’aide du frère de Marat il reprit aussitôt une activité révolutionnaire
clandestine.Dès lors sa vie fut une suite de fuites, de dénonciations, mais aussi de créations diverses. Il participa à la conspiration
du général Malet, en 1812. Il fonda plusieurs loges maçonniques,fut un membre actif de la Charbonnerie et écrivit de nombreux textes dont le plus connu, aujourd’hui encore un texte fondamental,
est son
Histoire de la Conspiration pour l’Egalité (1828). Relativement obscur lui-même, il eut une grande influence sur l’histoire française et italienne du XIXème siècle.Il fut
particulièrement l’un des principaux instigateurs des mouvements révolutionnaires des années 1830, et joua un rôle éminent à la Société des Droits del’Homme. Raspail, Louis Blanc, Blanqui
furent ses élèves. Il mourut à Paris en 1837.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier
