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François BUZOT (1760-1794)
buzot
[39 ans en 1789]
Avocat à Évreux avant 1789, François Buzot est élu aux Etats Généraux par cette ville dans les rangs du tiers état. Très vite, il siège à l’extrémité gauche en compagnie de Maximilien Robespierre et Prieur (de la Marne). Après la session des États Généraux, Buzot revient à Évreux quelques temps et se fait nommer Juge. Cette nouvelle fonction ne l’éloigne pas pour autant des milieux politiques, et plus particulièrement du cercle de Manon Roland, que Buzot va rencontrer lors d’un voyage à Paris et dont il neva pas tarder à tomber amoureux. La belle Manon ne restera pas insensible à cette "jeune et austère figure, ardente et mélancolique" (Michelet) mais tiendra sa réputation de vertueuse en restant fidèle à son vieil époux. C’est donc une passion platonique qui unira Buzot et Manon,passion qui aura, nous le verrons plus tard, sa part de responsabilité dans l’évolution politique de Buzot.Elu par l’Eure à la Convention Nationale,Buzot va se rapprocher des girondins et de Brissot jusqu'à devenir un des chefs de file de cette faction. En fait, Buzot est aux ordres de Manon Roland qui lui commande de porter le coup fatal à Marat, Robespierre et Danton qu’elle déteste pour n’avoir pas su les attirer à elle. C’est donc sous cet angle que Buzot devint un des adversaires les plus acharnés de la Montagne Jacobine,s’en prenant aux "septembriseurs", à la Commune de Paris et demandant la création d’une garde Républicaine envoyée par les départements pour protéger la Convention.Au début du procès de Capet, Buzot fait voter pour embarrasser la Montagne un texte selon lequel quiconque tenterait de rétablir la royauté serait puni de mort. Toujours dans cette optique de gêner la Montagne, il fait voter le 16 décembre 1792 un texte demandant le bannissement de tous les Bourbons, visant ainsi Philippe Egalité, qui a été élu à la Convention sur les bons soins de Danton, mercenaire à la solde des orléanistes. Lorsque vient le moment de se prononcer sur le sort de Capet,Buzot vote pour l’appel au peuple puis pour la mort avec sursis.Après la mort de Capet, Buzot devient un des fers de lance de la gironde, s’opposant au principe du maximum, à la création du tribunal Révolutionnaire et à celle du Comité de Salut Public.Le 13 avril, poussé par Manon, il réclame l’expulsion de Marat en ces termes: "Je pense et je déclare que la moitié de Paris applaudira au décret qui chassera cet homme impur du sanctuaire de la Liberté" puis demande sans l’obtenir la fermeture du Club des Jacobins.Buzot, l’un des principaux chefs de la Gironde,et aussi l’un des députés dont la tête est réclamée depuis longtemps parla Commune de Paris. Le 2 juin, il est décrété d’arrestation mais parvientà s’enfuit à Évreux puis à Caen. Il retrouve ensuite en Bretagne plusieursde ses amis : Pétion, Barbaroux, Louvet et Guadet avec lesquels il essaie sans succès de provoquer une révolte fédéraliste. Caché chez des amis, il apprend la mort de Manon Roland avant d’être lui aussi découvert par une patrouille. Buzot s’échappe puis se suicide en compagnie de Pétion. On retrouvera leurs corps une semaine plus tard, dévorés par des loups.Les mémoires de Buzot, écrites pendant sa fuite et publiées longtemps après sa mort, nous font découvrir un individu tourmenté, idéaliste et passionné, fervent disciple de Rousseau. Dommage qu’il fut abusé par Manon Roland, qui, sans, peut-être, en être consciente,conduisit son ami à se suicider dans un bois avant d’être dévoré par des loups.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 révolution française Notice écrite par Yohan Senez