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CARRA (1742-1793)
[47 ans en 1789]
Pont-de-Veyle 1742, Paris 1793
De famille très pauvre, il fit de vagues études puis fut accusé de vol et dut se réfugier hors de France. Il se rendit en Moldavie, où après diverses aventures il devint secrétaire del’hospodar. Il revint en France un peu plus tard et publia en 1777 une Histoire de la Moldavie et de la Valachie. Le cardinal de Rohan le remarqua et le fit employer à la Bibliothèque du Roi, où il s’occupa à des travaux d’inventaire.En 1788, il fit paraître à l’occasion des Etats Généraux un Avis au Tiers Etat de la Bresse sur la nomination des députés aux Etats Généraux. Electeur du district parisien des Filles Saint-Thomas, il se signala par une intense activité, surtout à la tribune où il parlait longuement. Puis il fit paraître des Mémoireshistoriques et authentiques sur la Bastille, lancés après la prise de la célèbreprison, qui connurent un bon succès. Membre des Jacobins, il y poursuivit son action révolutionnaire, mais il passa bientôt pour excentrique : il l’était en effet, dans ses manières et surtout dans ses opinions. Il fonda avec Mercier, en octobre 1789, un nouveau journal, les Annales patriotiques et littéraires. Il s’y montra d’abord monarchiste, mais se prononça pour la déchéance du Roi après la fuite de Varennes. Il souhaitait alors que le dauphin fut couronné. Il était très lié avec Brissot, qu’il publiait souvent, et il fit campagne, violemment, pour la guerre fin 91. En janvier 92,il eut l’idée d’un nouveau prétendant possible au trône de France :le fils du Roi d’Angleterre... Puis en juillet, il préconisa le Duc de Brunswick. Il était assez isolé sur ces positions bizarres. Il joua un rôle dans le comité insurrectionnel qui prépara la journée du 10 août,et le lendemain il se déclara pour la République, oubliant les divers prétendants au trône qu’il avait proposés. Grâce au soutien de Madame Roland, il obtint le poste de conservateur (on disait « garde ») de la toute nouvelle Bibliothèque Nationale. Candidat à la Convention, il fut élu par six départements.C’est dire son audience. Il choisit de représenter la Saône-et-Loire. Il partit en mission à l’armée auprès de Kellermann en octobre 1792. De retour à Paris, il vota la mort du Roi, puis repartit en mars 1793 pour plusieurs missions, notamment en Vendée et à Saumur. Mais ces missions se passèrent mal et il ne s’entendit pas avec les autres représentants, comme Choudieu et Bernard de Saintes. Il fut rappelé en juin, et se retrouva aussitôt suspect,à cause de ses relations avec les Girondins et avec Dumouriez. Dénoncé pour« cumul », les fonctions de bibliothécaire étant en principe incompatible avec celles de député, il fut jugé et condamné en même temps que les Girondins, et exécuté le 31 octobre.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française