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Joseph Antoine Joachim CERUTTI (1738-1792)
révolution
[51 ans en 1789]
Turin 1738, Paris 1792
Il fit carrière dans l’ordre des Jésuites, et enseigna en France, notamment à Lyon. Bon écrivain, il obtint de nombreux prix académiques. En 1762, son Apologie générale des Jésuites le rendit célèbre, mais il vira casaque rapidement : lorsqu’en 1764 la dissolution de l’ordre fut prononcée, il quitta la Compagnie apparemment sans regret. Il s’attacha au roi déchu de Pologne, Stanislas, qui résidait alors à Nancy, et se fit pensionner par le Dauphin pour 10 000 livres, avant de devenir secrétaire de la duchesse de Brancas. Il devint au fil des années l’ami de Necker, de La Fayette, de Bailly.La Révolution le lança dans la carrière littéraire et il prit parti pour le Tiers Etat avec conviction. A la justification des privilèges nobiliaires par le sang qu’auraient versé les nobles pour la France, il répondit, dans un pamphlet intitulé Le gouvernement sénati-clérico-aristocratique, « D’où vient qu’on compte pour rien les soldats tombés à côté d’eux ? Le sang du peuple était-il donc de l’eau ? » C’était bien trouvé. Mirabeau fit appel à lui, et il écrivit plusieurs des discours électoraux du « Flambeau de la Provence ». Mais ils ne purent s’entendre durablement, et dès janvier 89, Mirabeau fit paraître une Correspondance entre M. Cerutti et le comte de Mirabeau, sur le rapport de M. Necker et sur l’arrêt du conseil du 29 décembre 1788, qui continue pour six mois force de papier-monnaie au papier de la Caisse d’Escompte. C’était Necker bien sûr qui était visé, mais Cerutti n’apprécia pas du tout l’usage polémique contre le ministre qui était ainsi fait de sa correspondance. Il rompit avec Mirabeau.Il lança son propre journal au début de la Révolution : dans La Feuille Villageoise, il s’efforçait de diffuser les nouveautés révolutionnaires en langage simple et clair : il visait la population des campagnes, un peu comme Collot d’Herbois dans l’Almanach du Père Gérard. Mais ses idées restaient très modérées. Il défendait, dans des articles didactiques plus que réellement politiques, la Constitution Civile du Clergé, le suffrage censitaire et la liberté totale du commerce. Il fut administrateur de Paris, et se fit élire à la Législative. Mais il mourut de maladie peu après, et les Girondins reprirent son journal, sans grand succès.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française