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Claude CHAPPE, dit Chappe de Vert (1763-1805)
[26 ans en 1789]
Né à Brûlon, dans la Sarthe, le 25 décembre1763.A la suite de ses études au collège de La Flèche, Chappe est nommé abbé commendataire.
Passionné par les sciences, il profite alors de ses rentes et ouvre à Paris un cabinet de Physique. Il s'intéresse notamment à l'électricité, multiplie les expériences et commence dès 1789 à publier
des articles scientifiques.Il accueille la révolution avec transport, alors même que l'année suivante, il subit de plein fouet les effets de la nationalisation
des biens du clergé, sanctionnée par le roi le 22 juillet 1790. Il ferme alors son cabinet et rentre dans sa ville natale continuer à l'aide de ses frères ses expérimentations.
Il continue à publier et concentre ses efforts sur des recherches de solutions techniques pour communiquer à distance. Il voit ses premiers efforts couronnés par
le succès d'une expérience qui transmet grâce à un système de cadrans visuels un message depuis le château de Brûlons jusqu'à Parcé, petite ville située à presque 15 km. Le message estcomposé de 26 mots.
Il lui faut à peine 9 minutes pour franchir ces quelques15 kilomètres !Nous sommes à Brûlons le 20 mars 1791. Huitmois plus tard, à Paris, son frère se fait élire
député à la nouvelle assemblée, la Législative. Il recommande son frère et l'invite à revenir à Paris donner une
plus grande publicité à ses travaux. L'histoire ou la légende racontent là, qu'en 1793, deux de ses machines sont brisées par des parisiens inquiets que ces étranges sémaphores ne cherchent à entrer
en contact avec le roi prisonnier au Temple.Deux de ses machines auront été en tout cas bien démolies. Mais de nouvelles expériences réussies, des améliorations
techniques, de nouveaux rapports, l'aval et le soutien de Lakanal et Daunou,tous deux députés, lui permettent d'être sacré "ingénieur télégraphe" par la Convention.
A cette époque, techniquement, le
télégraphe optique de Chappe est d'une intelligence déconcertante de simplicité : le télégraphe est placé sur un grand mat, placé sur un
point haut, et un ingénieux système d'axe et de poulies contrôlées du sol articulent trois bras en bois pourvus d'indicateurs.
Chaque position détermine un code qu'il suffit de décrypter ensuite. |
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Le Comité de Salut public enthousiaste lui demande de mettre en chantier une ligne de télégraphe optique, la première,entre Paris et Lille.
La ligne est achevée le 1er thermidor an II (19 juillet1794). Entre deux et six minutes, quand il faut trente heures à cheval, voilàtout le temps qu'il faut à un message pour parcourir 250 km !
Le 15 août 1794, c'est grâce à cette ligne que la Convention apprend la prise de Le Quesnoy par les troupes de la Républiqueune heure seulement après la fin de la bataille, une heure..., à cause du brouillard.
D'autres lignes sont alors mises en chantier toutau long des années suivantes, certaines avec succès, Paris-Strasbourg en 1798et Paris-Brest en 1799.
En quelques années, cinq mille kilomètres delignes seront installés en France. Chappe n'aura pas vu cela, pas connu non plus Samuel Morse ni le télégraphe électrique.
Diminué physiquement,attaqué et contesté par d'autres scientifiques comme Breguet et Béthencourtsur la paternité de son invention, il se jette dans un puit en 1805. Il est enterré depuis à Paris,
au Père-Lachaise.Chappe a laissé derrière lui un bon nombre d'écrits de ses divers travaux scientifiques, en particulier des manuscrits,dont un, non daté,
sur le télégraphe optique : Mémoire relatif à une découverte dont l'objet est de communiquer rapidement à de grandes distances, tout ce qui peut faire le sujet d'une correspondance.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007
