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Alexandre-Paul Guérin du Tournel, marquis de Joyeuse, comte de CHÂTEAUNEUF-RANDON (1757-1827)
[32 ans en 1789]
Tarbes 1757, Epervans 1827
Né dans la plus vieille noblesse d’Auvergne, il fit normalement carrière à la Cour . En 1773,il entra dans
le corps des pages du Comte d’Artois. L’armée l’accueillit ensuite, dans régiment des dragons d’Artois. Elu suppléant de la noblesse de la sénéchaussée de Mende aux Etats généraux, il eut rapidement
l’occasion de siéger, en remplacement du marquis d’Apcher. Il se situa à l’extrême gauche, bien qu’il intervînt relativement peu. Pendant la Législative, il fut élu président du directoire de Lozère,
et son département, satisfait de son administration, l’envoya à la Convention. Il siégea sur la Montagne,vota la mort du Roi, puis fut envoyé en mission, en juin 93, près de l’armée des Alpes et en Rhône
et Loire. Mais l’essentiel de son action allait se situer en Auvergne. Comme Couthon et Maignet, qui partirent en même temps que lui, il
souhaitait préserver sa
région des foudres de la Convention : les département du Cantal et du Puy de Dôme étaient à deux doigts d’être déclarés « rebelles »et
de subir le sort de la Vendée. Le courage et l’intelligence des trois représentants conjurèrent la catastrophe : d’un commun accord, il firent ordonner un rassemblement général dans la cathédrale de Clermont.
Si ce fut Couthon qui prononça le célèbre « prêche civique » qui rallia la populationà la Montagne,
Châteauneuf prit largement sa part à la campagne de reconquête de l’opinion qui s’ensuivit, ainsi que dans l’organisation de la levée en masse et de la réquisition dans le département.
Il signa une grande partie des arrêtés pris à cette époque. Le 5 septembre, il partit pour Lyon à la tête d’une des trois colonnes levées avec ses collègues. Il était accompagné de Maignet,
et ils arrivèrent devant Lyon à la mi-septembre, après avoir fait halte à Montbrison. Il participa au siège de la ville et contribua aux opérations,dirigeant en personne la prise du faubourg de
Vaise. Mais à peine la ville tombée,il dut être rappelé : il avait été dénoncé comme aristocrate...Couthon le défendit avec force, vantant son patriotisme, et il ne fut pas poursuivi.
Renvoyé peu après en mission,cette fois en Lozère, il prit des mesures très sévères contre Saint-Flour,qui s’était soulevée et détournait les
convois de subsistance à destination d’Aurillac. Il soumit la ville à une occupation militaire et fit raser ses fortifications.En Thermidor,
il se trouvait encore en mission, cette fois-ci à l’armée des Pyrénées. Promu général de division par les Thermidoriens, il ne renonça pas assez vite aux méthodes montagnardes, et fut destitué en 1799 :
commandant de Mayence, il avait ordonné de son propre chef une nouvelle levée en masse dans les deux départements du Rhin. Il se rallia mollement à Bonaparte, fut nommé préfet des AlpesMaritimes : au bout
de trois mois, il fut révoqué pour insoumission. Il se retira en Lozère, où il demeura tranquille jusqu’en 1812, où il futemprisonné pour dettes. Après cinq ans de prison à Sainte-Pélagie, il sortiten 1817
pour prendre définitivement sa retraite.
Il mourut en 1827.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier
