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Jean-Baptiste COFFINHAL (1762-1794) [27 ans en1789]
Vic-sur-Cère (Cantal) le 7 novembre 1762 - Paris le 6 août 1794
Fils d’un modeste avocat d’Aurillac, il fit quelques études juridiques et monta tenter sa chance à Paris comme clerc de procureur. Pauvre, peu instruit mais enthousiaste, il se jeta dans la Révolution avec ardeur et « brassa la poussière des clubs » (selon Mirabeau qui le méprisait ) sans grand succès jusqu’au 10 août. Il participa à la prise des Tuileries et se retrouva en vertu de cet exploit juge au Tribunal extraordinaire du 17 août. Cette première expérience d’une juridiction d’exception lui permit de devenir juge suppléant puis juge principal, et pour finir vice-président, au Tribunal Révolutionnaire à partir de mars 93. Il se lia avec son collègue, Fouquier-Tinville, dont il partageait le goût du travail acharné autant que l’amour du vin et des plaisirs. Sa violence verbale, son physique imposant et sa laideur le rendirent vite redoutable aux accusés qu’il effrayait fort. A la différence de Fouquier, qui malgré les excès auxquels le condamnèrent parfois sa redoutable charge, demeura dans l’ensemble un juriste consciencieux, Coffinhal profita honteusement de sa position pour manipuler des dossiers et trafiquer les témoignages dans le sens voulu par les autorités dont il dépendait : le cas le plus célèbre est celui du procès des hébertistes dans lequel, chargé en tant que juge d’une partie des interrogatoires, il truqua les pièces et publia un compte-rendu falsifié. Il est juste de rappeler qu’il fut victime de légendes noires. Les deux plus connues sont celle propagée par Grégoire qui lui attribua, sans doute à tort, une phrase imbécile lors du jugement de Lavoisier où il remplaçait Dumas à la présidence (« La République n’a pas besoin de savants ») et celle dont Michelet s’est fait l’écho dans son Histoire de la Révolution en affirmant qu’ il aurait fait condamner un père, Loizerolles, à la place de son fils, en falsifiant sans scrupule l’acte d’accusation : en réalité, Coffinhal ne fit que corriger une erreur de l’huissier du tribunal, qui avait noté sur l’acte les références du fils à la place de celles du père, mais ce dernier était bien l’accusé dont le jugement était prévu. Malgré tout Coffinhal est un des plus sinistres serviteurs du Tribunal Révolutionnaire et représente ce que la Terreur a fourni de pire. Trop de témoignages accablants existent sur son peu de scrupules dans la conduite des débats et sur sa brutalité, voire sa franche cruauté à l’égard des accusés pour qu’il soit possible de les contester ; et sa servilité à l’égard du pouvoir le conduisit trop souvent à des manipulations de témoignages inacceptables. Lors de la crise de Thermidor, il prit parti pour Robespierre et fut un des membres du Comité exécutif de la Commune insurgée. Il ne craignit pas de payer de sa personne, et prit la tête des canonniers de la section du Panthéon pour délivrer Hanriot prisonnier au Comité de Sûreté Générale. C’est lui qui, dans un épisode demeuré célèbre et qui fut parfois utilisé contre lui (notamment par Michelet dans un morceau admirable), alla chercher Robespierre à l’administration de police pour l’entraîner auprès des insurgés à la Maison Commune. Contraignit-il par la violence l’Incorruptible à le suivre, l’enlevant carrément et le forçant de la sorte à se mettre hors la loi en rejoignant un mouvement qu’il réprouvait ? Le fait n’est pas certain car la pensée réelle de Robespierre à l’égard du mouvement insurrectionnel demeure mal connue, mais plusieurs témoins font en effet état de la brutalité de Coffinhal envers un Maximilien indécis et effrayé. Il faut se garder de trop prendre au pied de la lettre des témoignages parfois tardifs et malveillants, mais il est probable que Coffinhal fit plus de mal que de bien lors de Thermidor par sa violence et son irréflexion. Après la prise de l’Hôtel de Ville par les troupes de la Convention, il parvint à s’échapper et erra quelques jours autour de Paris. Il demeura une semaine caché dans l’île aux Cygnes, auprès de bateliers auvergnats qui lui donnèrent asile, mais il fut dénoncé et capturé dès qu’il quitta sa cachette. Déféré au tribunal criminel du département de Paris (le Tribunal Révolutionnaire était momentanément suspendu pour réorganisation) il fut condamné à mort sur simple constatation d’identité. 
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française