
C’est ainsi qu’il accueille la Révolution avec enthousiasme, il est membre du club des jacobins dès 1789 et il est rédacteur du journal de la société ce qui
est pour lui un bon moyen de défendre ses idées(débat sur la droit d’éligibilité, admission des femmes dans le corps politique). Ses idées sont courageuses mais elles le positionnent
en marge du paysage politique de l’époque. Partisan d’une monarchie constitutionnelle dans un premier temps, la fuite de roi en juin 1791 le range du côté des républicains.Le 8 juillet,
son revirement consacré dans son discours « De la Républiqueou un roi est-il nécessaire à la conservation de la liberté ? » luau cercle social étonne à la fois ses
anciens amis constitutionnels qui le traitent de « renégat » ainsi que les républicains qui ne leprennent pas vraiment au sérieux et le considèrent comme un fourbe et
unintrigant.Élu député à l’Assemblée législativeet à la Convention nationale, il se montre un piètre orateur et souvent
il ne peut finir ses discours qui sont quelquefois lus par d’autres. C’est donc toujours par écrit qu’il défend ses principes, dans des journaux « la chronique de Paris »,
ou dans des rapports comme le « projet de décretsur l’organisation générale de l’instruction publique » où il développe des idées originales sur l’égalité devant l’instruction.
Il se montre aussi partisan de la guerre. Sous la Convention, il refuse de voter la peine de mort et propose la « peine la plus dure qui ne soit pas la mort »,membre du comité
de constitution, son projet considéré comme « girondin »est attaqué par les montagnards. Il est pourtant difficile de ranger Condorcet du côté des girondins sous la Convention
car tout en étant proche de certaines personnalités de la gironde (Brissot qu’il a connu dans la sociétédes amis des noirs et pendant le débat sur la guerre), il ne montre cependant aucun esprit de parti, prônant la conciliation avec les montagnards.
Cela ne l’empêche pas d’être intégré dans la proscription des girondins. Décrété d’arrestation le 3 octobre 1793, il entre dans la clandestinité.
Il trouve refuge chez une amie où il rédige une « esquisse ou tableau historique des progrès de l’esprit humain » qui est une sorte
de testament du dernier représentant de la philosophie des lumières.Arrêté le 9 germinal
an II, il s’empoisonne probablement dans sa prison le lendemain.Pur produit de l’esprit des
lumières, Condorcet avait selon Paganel « le caractère le plus ingénu,la raison la plus performante et un désintéressement naturel » mais il
n’était visiblement pas fait pour le tourbillon révolutionnaire qui l’a emporté.
Parfait
symbole de tolérance, ses restes furent transportées au Panthéon lors du Bicentenaire.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Sophie Vidal
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