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Louis Jean-Marie DAUBENTON (1716-1800)
daubenton
[73 ans en 1789]

Montbard 1716-Paris 1800

Il se destinait à la théologie,mais l’histoire naturelle le détourna de sa première vocation. Il fit des études de médecine à Reims, puis se fixa à Montbard comme médecin. Mais bientôt ily rencontra Buffon, qui lui proposa d’assurer la partie proprement anatomique de l’ Histoire Naturelle. Il s’attela à la tâche avec enthousiasme,et rédigea des centaines de notices, surtout pour l’Histoire des Quadrupèdes.Mais il se brouilla plus tard avec Buffon, quand il s’aperçut que ses travauxnon seulement ne lui étaient pas attribués dans l’édition, mais étaient aussi tronqués et déformés. En 1742, il devint démonstrateur d’anatomie auJardin du Roi, et en 1750, Conservateur du Cabinet d’Histoire Naturelle. A ce titre, il y constitua d’énormes collections, notamment dans le domaine de la minéralogie. Il rédigea les articles d’anatomie de l’Encyclopédie.

Il fut un des pionniers de l’anatomie comparée, réfléchissant sur la notion de fonction des organes,et cherchant à établir des rapports entre les organes communs aux divers types d’animaux. Il entrevit même, à partir de ses nombreuses dissections, la possibilité d’une adaptation de l’espèce au milieu (mais c’étaitLamarck qui devait vraiment développer cette idée).

Il fit d’importantes recherches sur les moutons, et ses travaux sur les mérinos permirent d’améliorer considérablement la laine des moutons français. Cela lui valut d’être surnommé « le berger Daubenton », ce qui le fit bien rire et lui resta jusqu’à sa mort.   En 1778,il fit entrer l’histoire naturelle au Collège de France, et fut le premier à l’enseigner.

A la Révolution, il prit ardemment parti pour les idées nouvelles, bien qu’il fût déjà âgé. Il enseigna à l’école Normale, et se prêta avec joie aux débats entre professeurs et élèves qu’avait proposé Monge, pour rendre l’enseignement plus fécond et plus égalitaire. Sa discussion avec Laperruque sur les abeilles, tenue dans ce cadre, est restée célèbre : comment peut-il y avoir une « reine » dans la nature, demanda l’élève ? Tous les êtres ne sont-ils pas égaux ? Daubenton répondit aussitôt que les ouvrières étaient les vraies maîtresses de la ruche, concluant qu’ « il est bien vrai qu’il ne peut y avoir ni roi ni reine dans la nature. »Après Thermidor, on lui reprocha sa façon « sans-culotte » de faire ses cours…

Membre fondateur du Museum, et son premier directeur, il y enseigna à partir de 93 la minéralogie. C’est là qu’il exposa le premier tableau méthodique des minéraux. Il s’occupa également de la réforme des hôpitaux. Sa notoriété était immense, et il était le vivant symbole du ralliement de la science à la Révolution… Quand en juin 93, la Convention supprima la place d’Intendant dans le nouveau Jardin des Plantes, et établit que tous les professeurs du Museum auraient le même salaire, ses collègues demandèrent à l’unanimité qu’on fit une exception pour lui, et la Convention accepta, rendant hommage à l’ancienneté.

En1795 il devint membre de l’Institut, et Bonaparte le nomma sénateur. Mais il fut frappé d’apoplexie à la première séance, et mourut presque aussitôt.  
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française