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Camille DESMOULINS (1760-1794)
desmoulin
[29 ans en 1789]
En 1785, Camille fait peine à voir.Avocat sans clientèle, bègue, il passe ses journées dans les tripots et cafés de la capitale en compagnie de ses amis Fréron et Suleau (qui deviendra une des figures notoires de la presse réactionnaire). Il embrasse peu à peu les idées nouvelles et ne va pas tarder à connaître son plus grand moment degloire quand, monté sur une table au Palais-Royal, il commence à exhorter la foule contre le renvoi de Necker en la mettant en garde contre une prochaine"Saint Barthélémy des patriotes". Le 14, il participe au premier plan à la prise de la Bastille et en tire une popularité dans son district des Cordeliers. Camille va ensuite prendre la plume et se révéler un des plus brillants journalistes de l’époque avec ses Révolution de France et de Brabant, journal publié à partir du 28 novembre 1789.

Desmoulins devient vite le Procureur de la lanterne, le pamphlétaire le plus redouté de la cour et va commencer à évoluer dans cette bouillante agitation qui règne au club des Cordeliers. En effet, Camille préfère l’ambiance populaire du club Parisien le plus radical plutôt que les longues réunions des autres cénacles auxquels aime se rendre son ancien camarade de collège, un certain Maximilien Robespierre qui lui aussi commence à se faire un nom - ou plutôt un surnom qui ne le lâchera plus : l’Incorruptible -.

Desmoulins va vite se lier d’amitié avec les grands leaders Cordeliers tels Legendre, Fabre d’Églantine qui ne vontguère tarder à devenir la garde rapprochée du génial tribun Danton qui apprécie l’enthousiasme révolutionnaire et le talent du jeune Camille. C’est aux côtés de ses hommes que Desmoulins va participer à l’insurrection du 10 août ; après la victoire de la Commune Insurrectionnelle, Danton, récemment promu ministre, ne va pas tarder à le nommer secrétaire généraldu ministère de la Justice. Camille est ensuite élu Député par Paris à la Convention Nationale avec le soutien de Robespierre, Marat et bien sur Danton.Journaliste, Desmoulins à été lu par la France entière ; député, plus personne ne l’écoute : il ne monte guère à la tribune et se contente d'un rôle d’arrière plan.

Camille va tout de même prendre la défense de son ami Danton lorsque celui ci va subir les assauts d’une Gironde déchaînée. Mais pouvait il se douter alors que son Histoire des brissotinsallait servir de réquisitoire contre les girondins arrêtés le 2 juin ? Effaré par l’ampleur de ses écrits, Camille décide de retourner au journalisme et lance LE vieux Cordelier avec la bénédiction de Robespierre - qui pense qu’il va soutenir le gouvernement révolutionnaire -et celle de Danton - qui espère que Camille va prôner la clémence et attaquer les hébertistes.

Finalement, Desmoulins va prôner la clémence,réclamant la paix et dénonçant les excès de la Terreur. Après la chute d’Hébertet des ultras, Camille poursuit sa campagne et finit par s’attirer les foudres du Comité de Salut Public et celles de Robespierre qui va sacrifier son vieil ami à la raison d’état Jacobine. L’arrestation de Desmoulins estdécidée avec celle de Danton et des principaux indulgents. Il sera conduit àl’échafaud le 5 avril 1794. 

Camille fut sans nul doute le journaliste le plus génial de son époque. Mais il n’a sans doute pas compris que la Révolution n’avait rien à voir avec une comédie.

Je crois que Desmoulins possédait un sens politique peu aiguisé et qu'on ne doit son rattachement à la politique des indulgents qu'aux accents de son cœur ; que Desmoulins, tout à son amitié pour Danton, n'a pas su lire le double intérêt que la faction indulgente poursuivait quand lui ne voyait, je pense, qu'un but humaniste.(NDLR.)


D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Yohan Senez révolution française