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Johann Georg Adam FORSTER
(1754-1794)[35 ans en 1789]
Né à Nassenhuben le 27 novembre 1754, mort à Paris le 10 janvier 1794
Allemand de naissance, mais issu d’une vieille lignée de pasteurs écossais, il étudia dans sa famille : il acquit très jeune l’expérience des voyages
grâce à son père, qu’il accompagna dès l’âge de dix ans en Russie, puis un peu plus tard dans la seconde expédition de Cook autour du monde, dont il rapporta les bases d’un des
premiers traités modernes d’anthropologie. Sa jeunesse fut difficile, sa famille ayant connu des revers, et il devint successivement professeur d’histoire naturelle en Allemagne et
à Vilnius en Pologne, puis bibliothécaire à Mayence. Il fréquenta un temps les Rose-croix (il fut membre d’une loge pendant quatre ans) mais finit par s’en détourner, juste avant la
Révolution, qui l’enthousiasma dès ses débuts quoiqu’il en ait d’abord craint les excès. En 1790, il entreprit un voyage en Europe qui se termina en France même, où il commença de se lier avec les révolutionnaires.
De retour à Mayence, il accueillit avec joie l’entrée de Custine dans la ville et prit aussitôt part à la mise
en place des nouvelles institutions révolutionnaires, en tant que vice-président de l’Administration générale, puis de la Convention Rhéno-germanique. Il fit partie de la
délégation qui demanda le rattachement de Mayence à la France, mais ne put ensuite rentrer chez lui, la ville se trouvant en état de siège. Il demeura donc en France, où il
prit d’abord partie pour la Gironde : mais l’observation des échecs de l’année 93 et des désastres entraînés par l’incurie et le libéralisme excessif des dirigeants le
conduisirent à évoluer rapidement et à rejoindre la Montagne. La Convention le chargea de missions diplomatiques (à Cambrai pour négocier des prisonniers avec l’Angleterre,
puis à Pontarlier), mais il tomba malade durant l’hiver 93 et mourut prématurément en janvier 1794.
Plus qu’un politique, Forster est un philosophe et un historien : son Voyage autour du Monde, publié en 1780
d’après ses notes sur l’expédition de Cook, est un des ouvrages les plus novateurs du siècle, et les coutumes des peuples visités y sont présentées avec
une largeur de vue et une modernité qui font de l’auteur un des pères de l’anthropologie. Ses analyses historiques de la Révolution sont essentiellement
contenues dans trois ouvrages, les Tableaux parisiens, la Description de la Révolution à Mayence et
Des rapports que l'art de gouverner entretient avec le bonheur de l'humanité, auxquels il faut ajouter sa correspondance. Il s’y révèle comme un commentateur à chaud,
enthousiaste et féru de théories, mais également d’une rare lucidité sur les enjeux économiques et sociaux des événements.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier
