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Stanislas Louis FRÉRON (1754-1802)
fréron
[35 ans en 1789]

Fils du Fréron ridiculisé par Voltaire et neveu du royaliste Royou,Stanislas Fréron bascule dans "l’autre camp" au contact de Camille Desmoulins,son condisciple à Louis le grand. Il accueille la Révolution avec enthousiasme et finance " l’Orateur du peuple ", un journal engagé et violent auquel collabore Marat. Les injures contre le couple royal contenues dans cette feuille dépassent en grossièreté celles d’Hébert dans le " PèreDuchesme ", c’est dire !

Inquiété après Varennes pour avoir demandé la mort du roi, Fréron fait partie des agitateurs du Champ de Mars le 17 juillet 1791 et participe ensuite à la journée du 10 août 1792. Paris l’élit à la Convention, il s’y révèle fervent maratiste et vote la mort de Capet avant de partir en mission avec Barras en Provence. Après la prise de Toulon, il se vante de faire fusiller deux cents Toulonnais par jour.

Ses exactions horrifient Robespierre et même Hébert qui dira de lui aux jacobins : " Le pouvoir l’a enivré, il en a abusé. Il n’est plus qu’un aristocrate et un muscadin ". De retour à Paris en 1794, il se voit accusé de détournement de fonds publics en compagnie de Barras.

Aussi, le 9 thermidor, Fréron choisit le camp des anti-robespierristes et participe activement à la chute de l’Incorruptible.

Ce maratiste devenu dantoniste se convertit aisément au royalisme et devient vite le leader des jeunes muscadins qui bastonnent à mort les jacobins dans les rues de Paris. Le directoire l’envoie dans le midi pour mettre fin aux massacres républicains - choix judicieux, le terroriste va devenir pacificateur. Sur place il vit dans un luxe insolent avant d'être rappelé à Paris où on lui reproche sa conduite à Lyon et son incapacité à justifier de ses dépenses invraisemblables (près de 2 millions de livres en assignats, et plus de 35 000 livres en numéraire). Isnard aura ce mot terrible à son égard : "Il sue le crime, il est couvert de la lèpre du crime. Il se faisait un jeu du crime, du parjure, du scandale ; tout était bon pour lui pourvu qu’il ne s’agisse pas de vertu."

Sans fortune à Paris, il entretient une liaison amoureuse avec Pauline Bonaparte et obtient de son frère Lucien une place à l'administration des hôpitaux parisiens.

Envoyé par Napoléon à Saint-Domingue pour y être nommé sous-préfet, il appareille le 5 décembre 1801, sans sa femme et ses deux enfants qui n'avaient pas eu l'autorisation de l'accompagner sur un vaisseau de guerre. Il meurt de la fièvre jaune peu après son entrée en fonction en juillet 1802.

Ce personnage ambigu et jamais sincère n’eut de cesse d’épouser le parti qui lui semblait le plus fort.


D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Yohan Senez révolution française