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Léonard Gay de Vernon, dit GAY-VERNON (1748-1822)
[41 ans en1789]
Né le 6 novembre 1748 à Saint-Léonard.
Fils de Simon François et de Valérie Marie Fargeau de Mortegoute.
A partir de la Révolution il se fera appeler Gay-Vernon. Après des études au séminaire de Limoges, tout comme ses deux frères, il entrera dans les ordres. A la Révolution il est curé de Compreignac, il deviendra maire de cette commune en 1790. Il adhère sans restriction à la constitution civile du clergé et le 15 février 1791 ; il est élu évêque de la Haute-Vienne au troisième tour par 107 voix contre 98 à Jean-Louis Gouttes
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sur 215 votants. Il rencontrera de sérieuses difficultés dans l'administration de son diocèse à cause de l'opposition du clergé insermenté.
Le 31 août 1791 il est élu député de la Haute-Vienne à l'Assemblée Législative, le 2e sur 7, par 194 voix sur 324 votants. Pendant la session il soutiendra une motion visant à supprimer le port du costume ecclésiastique, cette motion avait été présentée par Torne
*, évêque du Cher. Réélu à la Convention le 4e sur 7, il siégera avec la Montagne et sera généralement membre du Comité de division. Lors du procès du roi, il votera contre l'appel au peuple, pour la mort, et contre le sursis. Le 13 avril 1793, il votera contre la mise en accusation de Marat. Le 24 mai, les sept députés de la Haute-Vienne se réuniront chez Soulignac pour rédiger une adresse au Directoire de leur département sur les dangers que courait la Convention du fait de l'attitude du peuple de Paris. Il se désolidarisera de la position prise par ses collègues et expliquera son opinion dans une lettre personnelle. Par la suite l'ensemble de la délégation de la Haute-Vienne, sauf lui-même et Bordas, ayant protesté contre les journées des 31 mai et 1 juin 1793, il la dénoncera devant la Convention le 21 août. Il sera ainsi à l'origine du décret d'arrestation qui sera pris le même jour contre Lacroix, Faye, Rivaud, Soulignac et Lesterpt-Beauvais.
Le 7 novembre 1793, il renonça à la prêtrise. Après Thermidor il restera fidèle à la Montagne et aux Jacobins, lors de la réunion du 17 brumaire III (7 novembre 1794) de ce club, il défendra Carnot attaqué par Fréron dans son journal.
Il est réélu au Corps Législatif par les électeurs de la Haute-Vienne le 21 vendémiaire IV au second tour, le troisième, par 114 voix sur 224 électeurs. Il siégera au Conseil des Cinq-Cents. Lors du coup d'état du 18 fructidor il défendra fermement les Directeurs responsables de ce coup de force contre la droite. Pendant de la session il sera le rapporteur de la proposition le loi de Bailleul
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visant à exclure les nobles de toute fonctions publiques jusqu'à quatre ans après la paix générale ; ce projet fut ajourné. Il combattra certaine dispositions de la loi sur les cultes comme trop favorables au clergé réfractaire. Il fut réélu le 21 germinal an VI (10 avril 1798) par 214 voix sur 243, mais invalidé par la loi du 22 floréal (11 mai) qui annula entre autre l'ensemble des élections en Haute-Vienne.
Le 17 prairial (5 juin) il est nommé consul à Tripoli. Cependant son navire ayant relâché en Italie il se rendit à Rome où il accepta le secrétariat du gouvernement de la République Romaine. Dénoncé en pluviôse an VII (février 1799) par Rivaud, son ancien collègue de la Haute-Vienne, pour avoir accepté un poste d'un gouvernement étranger, il fut déchu de ses droits de citoyen français avec interdiction de rentrer en France. Rivaud se vengeait ainsi de celui qui en août 1793 l'avait fait décrété d'accusation.
Après la chute des Directeurs La Révelliére et Merlin, il fit présenter par son frère Simon, alors professeur à l'école polytechnique une pétition au Conseil des Cinq-Cents qui fut soutenue par le général Jourdan, qui, le 3 messidor intervint en sa faveur devant le Conseil
*. Il obtint gain de cause et, le 4 thermidor an VII (23 juillet 1799) il fut nommé préposé en chef à l'octroi de Versailles. Il refusa cette fonction et fut désigné le 8 thermidor au poste de commissaire du Directoire près l'administration centrale de la Somme. A ce poste il réorganisa en partie les autorités constituées du département.
Ne voulant pas se mettre au service de la tyrannie, il démissionnera de ses fonctions après le 18 brumaire (9 novembre). Il n'aura plus alors de rôle officiel et fondera en 1802 une maison d'éducation à Paris. Ayant signé l'acte additionnel lors des Cent-Jours, il tombera sous le coup de la loi du 12 janvier 1816, dite
loi d'amnistie et sera exilé à Vilvarde en Belgique.
Cependant dès le 28 avril 1819, il obtiendra de rentrer et s'installera dans sa propriété de Vernon commune de Moissannes.A ses derniers instants, le curé averti de sa maladie lui proposa la confession, mais il lui répondit "Dieu y pourvoira".
Il est mort le 16 novembre 1822.