
Paris 1755 – Paris 1827
Né dans une famille très modeste, il devint charpentier et étudia la chimie en autodidacte. Devant ses qualités exceptionnelles, Lavoisier l’engagea comme directeur de son laboratoire. Ardent révolutionnaire, il fut membre de la Commune insurrectionnelle du 10 août. Devenu directeur de l’administration du matériel de guerre, sous le ministère de Pache, il déploya une grande activité. En 93,il enseigna lui-même, avec Monge, l’art de la métallurgie aux canonniers de la garde nationale, afin de produire les premiers canons français. Il enseignait aussi à l’Ecole Centrale des TravauxPublics, future Polytechnique, sans oublier la politique pour autant. Le 31 mai, il était à la tête du faubourg Saint-Marceau dans l’insurrection contre la Gironde. Le lendemain, il lisait à la barre de l’Assemblée une pétition de la Commune qui demandait de« terminer cette contre-révolution » par l’arrestation des Girondins.
Il s’engagea pour obtenir la création d’écoles primaires gratuites, et sans être robespierriste, il soutint fortement la tentative de l’Incorrutible pour faire adopter par la Convention le plan d’éducation de Le Peletier, s’écriant aux Jacobins :« Ce sont là véritablement des mesures de salut public, car la manière dont nous élèverons la postérité sauvera ou perdra notre patrie. »
La chute de Robespierre ne le découragea pas : c’était un incorrigible révolutionnaire.En 1795, il soutint les ouvriers de Polytechnique dans leurs revendications contre le gouvernement : il fut renvoyé en même temps qu’eux... Il reprit la tête de son faubourg, et participa à l’insurrection du 1erPrairal an III. Amnistié par la loi du 4 brumaire, votée à la séparation de la Convention, il fut réintégré à Polytechnique et se consacra ensuite à l’enseignement, dans cette école et à l’Ecole des Mines. Les Bourbons le chassèrent dès leur retour.