Pasteur à Sète puis à Toulouse à partir de 1789. Il débuta sa carrière de révolutionnaire comme membre du directoire départemental de la Haute-Garonne, puis fut élu par son départementà la Convention. Il vota la mort du Roi, et contribua à la mise en place du Tribunal Révolutionnaire : c’est lui qui fait décréter que le Tribunal jugerait sans appel et sans recours possible au tribunal de cassation.
Au début de mai 1783, Julien partit à Orléans, avec Prieur de la Marne et Bourbotte, pour enquêter sur l’ « attentat » dont avait été victime Léonard Bourdon.Selon ce dernier, un factionnaire avait « méconnu en lui la dignité de la représentation nationale » et l’avait agressé, soutenu par la population. Julien crut cette version des faits, et fit déclarer Orléans en état de rébellion. Quarante habitants furent déférés au Tribunal révolutionnaire :une complète injustice, puisque la réalité était que Bourdon s’était battu avec le factionnaire alors qu’il était ivre, et que toute l’affaire se résumait à une simple rixe. Par ailleurs, Julien prit à l’encontre du département du Loiret des mesures si rigoureuses, notamment en matière de censure, que le département protesta auprès de la Convention. Celle-ci cassa les arrêtés de Julien, qui ne fut pas soutenu par ses collègues. Lors de la révolution du 2 juin, il se vengea en dénonçant ces derniers comme contre-révolutionnaires. Après l’assassinat de Marat, il s’associa à Chabot pour faire arrêter Fauchet et Lauze Duperret comme complices de Charlotte Corday. Il préconisa toutes les mesures « terroristes » de l’été 93, et fut de ceux qui réclamèrent avec véhémence l’exécution des Girondins.
En même temps, il commençait de trafiquer et de spéculer avec l’abbé d’Espagnac, Chabot et Delaunay, spécialement sur les actions de la Compagnie des Indes. Proche de Danton, il était membre du Comité de Sûreté générale, mais en septembre il en fut éliminé, à la suite d’attaques de plus en plus violentes qui mettaient en cause son honnêteté.On le soupçonnait notamment de vendre des passeports aux riches aristocrates,ce qui était exact. Avec lui « sautèrent » Basire, Chabot,Alquier. Les scellés furent mis sur ses papiers, mais il parvint à se justifier. Toutefois, il fut attaqué peu après par Robespierre, qui mit endoute son patriotisme à la suite d’un rapport trop bénin sur le fédéralisme.Cependant l’Incorruptible ne demanda pas son arrestation, au contraire il empêcha les hébertistes de l’obtenir. Mais Julien avait senti le danger. Il tenta de s’en prémunir en donnant des gages de patriotisme lors des débuts de la déchristianisation :lorsque Gobel vint à la barre de la Convention démissionner de sa charge d’évêque et renoncer à la prêtrise, Julien lui succéda et renonça publiquement à sa charge de pasteur. Mais une semaine plus tard Chabot et Basire le dénoncèrent comme agent du baron de Batz et comme l’un des coupables dans l’affaire de la Compagnie des Indes. Membre du Comité des Assignats et Monnaies, il était alors à la papeterie de Courtalain, et se trouvait donc absent de Paris le 18 novembre 93, quand furent arrêtés les autres députés compromis dans l’histoire. Décrété d’arrestation, il parvint à se cacher, et ne réapparut que le 17 décembre 1794. Il écrivit alors à la Convention pour demander à s’expliquer, et publia de nombreuses brochures justificatives. Mais il ne convainquit pas entièrement l’Assemblée : il obtint l’annulation du décret rendu contre lui, et reçut des indemnités, mais il ne put reprendre sa place de député comme il le réclamait. Sous le Directoire, proche des Théophilanthropes, il réclama Notre-Dame pour leur culte, sans succès. Il continuait en même temps à spéculer de diverses façons. Mais il restait républicain, et il fut membre du club du Manège, dernier lieu de réunion des Jacobins défavorables au régime.
Hostile à Bonaparte, il fut déporté à la Rochelle (dans un des premiers « camps de concentration »modernes) après le 18 Brumaire pour avoir manifesté contre le premier consul.La protection de Fouché lui permit de passer en Italie, à Turin où il exerça la profession d’avocat. Il ne rentra en France qu’en 1814. Il se rallia aux Bourbons sans hésiter, célébra les vertus de Louis XVIII… Il mourut dans l’oubli.