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Gilbert Motier, marquis de LA FAYETTE (1757-1834)
lafayette
[32 ans en 1789]
Né à Chavaignac en 1757, mort à Paris en 1834.

Issu d’une noble et riche famille d’Auvergne, il fit carrière dans l’armée. Son père avait été un des derniers morts de la guerre de sept ans, en 1759. En 1773, il entra comme sous-lieutenant au régiment de Noailles. En 1774, il épousa Marie-Adrienne de Noailles, ce qui lui permit d’être présenté à la Cour. Il s’y fit aussitôt détester de la famille royale en raison de ses idées libérales. En 1777, il rencontra Franklin, venu plaider la cause des Insurgents, et, pris de passion pour l’Indépendance, il partit en cachette pour l’Amérique. Bien que poursuivi par des lettres de cachet sollicitées par sa famille, il parvint in extremis à s’embarquer. Le Congrès l’accueillit avec enthousiasme et le nomma aussitôt major général. Washington le reçut, et lui confia le commandement des troupes de Virginie.

En 1779, il rentra en France après avoir été blessé à la bataille de la Brandywine, et fit pression,usant habilement de son énorme popularité, pour l’envoi d’une aide française aux Insurgents. Il repartit en Amérique aux côtés de Rochambeau, et participa aux principales batailles, avant de prendre un part active à la capitulation de Cornwallis à Yorktown. Il rentra en France en 1785, et fut nommé maréchal de camp par Louis XVI. Il voyagea en Europe, rencontra Frédéric II et Joseph II,tout en échangeant avec Washington, dont il était devenu l’ami, une longue et passionnante correspondance.

Proche de Necker, il fut membre de l’Assemblée des Notables, mais comprit rapidement qu’elle courait à l’échec. Il fut l’un des premiers à demander la réunion des Etats-Généraux et combattit vivement les édits de Lamoignon qui brisaient le pouvoir des Parlements, ce qui lui valut le retrait de se lettres de services.

Elu député de la Noblesse de Riom, il fut partisan du doublement du Tiers et de la réunion des ordres. Il créa avec Brissot la Société des Amis des Noirs, et le 11 juillet 89, il présenta à l’Assemblée le premier projet de Déclaration des Droits de l’Homme. Le 15 juillet, au lendemain de la prise de la Bastille, il fut élu triomphalement colonel général de la Garde Nationale, et c’est lui qui le 17, en compagnie de Bailly, accueillit le roi à l’Hôtel de Ville. A cette occasion, il présenta à ses troupes la cocarde tricolore par ces mots : « Je vous apporte une cocarde qui fera le tour du monde ! »

Très populaire, il fut pourtant incapable d’éviter les émeutes, et perdit assez vite l’affection de la population parisienne. A la fête de la Fédération de 90, il prêta serment de fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi, mais la fuite à Varennes, la répression de l’insurrection de Châteauvieux et surtout la fusillade du Champ-de-Mars, alors qu’il était lieutenant général du royaume, le rendirent de plus en plus suspect aux yeux des « patriotes »,et il dut finalement démissionner de son grade dans la Garde Nationale. Envoyé à l’armée du Nord, il revint proposer ses services au roi après le 20 juin 92, et à l’annonce du 10 août, passa à l’étranger. Les Autrichiens l’arrêtèrent, et il passa dans une forteresse tout le reste de la Révolution.Libéré par une clause expresse du traité de Campoformio, en 1797, il refusa de se rallier à l’Empire, mais s’il accepta d’abord les Bourbons en 1815,il en devint vite un opposant actif. Député de la Sarthe en 1818, il réaffirma ses idées libérales, et fut membre de la Charbonnerie. Battu en 1824, il repartit aux Etats-Unis. Revenu en France en 1825, il fut à nouveau élu, par la Seine-et Marne, en 1827.

Lorsqu’en 1830 les Trois Glorieuses appelèrent sur le trône Louis-Philippe, c’est lui qui, vivant symbole du souvenir de 89, présenta au roi le drapeau tricolore sur le balcon de l’Hôtel de Ville, et il devint à nouveau commandant de la Garde Nationale. Mais la monarchie de Juillet le déçut bientôt, et il passa ses dernières années dans l’opposition, fidèle à ses idéaux de jeunesse.


D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française