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Jean-Denis LANJUINAIS (1755-1827)

[34 ans en 1789]
Né à Rennes le 12 mars 1755.
Fils d’un avocat au Parlement de Bretagne, ses brillantes études lui permirent d’exercer la même fonction que son père à l’âge de 18 ans.
D’abord professeur de droit canon à Rennes, en 1779 il devient conseiller des Etats de Bretagne. Rapidement il commencera à lutter pour la reconnaissance des droits du Tiers Etat.
Ses prises de position et les brochures qui les accompagneront le mettront en première ligne lors de la campagne pour l’élection des députés.Ainsi, le 17 avril 1789, il sera élu
député du Tiers de Bretagne, le secondsur sept.
Son rôle à l’Assemblée sera des plus importants. Mais bien que l’un des fondateurs du Club Breton qui sera l’embryon du futur Club des Jacobins, ses positions seront fondamentalement
modérées. Bien que favorable à la suppression des titres nobiliaire, il sera partisan d’une chambre haute. De même il se prononcera contre la suppression des dîmes et contre la nationalisation des
biens de l’église. Pourtant, ses idées gallicanes en feront un des rédacteurs de la Constitution Civile du clergé. A la fin de la session il passera au Club des Feuillants. Redevenu professeur de
droit public à Rennes, il sera appelé à siéger a la Haute Cour.En septembre 1792 il est élu député de l’Il le et Vilaine à la Convention, le premier sur dix. Ses positions modérés le rapprocheront de la Gironde bien qu’il puisse aussi être considéré comme appartenant à la Plaine. Ses
appréciations sur les massacres de septembre seront ambiguës, il reconnaîtra d’abord que les prisonniers tués étaient de grands criminels, mais par la suite il soutiendra Louvet dans sa lutte contre Robespierre.
Au procès de Louis XVI, il se prononcera pour l’appel au peuple, la réclusion et le bannissement à la paix et pour le sursis. Par la suite il votera pour la mise en accusation de Marat.
Ses prises de position le feront inclure par les sections parisiennes sur la liste des 22 députés à exclure de
la Convention. C’est là que se place une anecdote amusante dans un contexte pourtant tragique ; le 2 juin alors qu’il monte à la tribune, Legendre lui crie : « Descends ou jevais
t’assommer » « Fait d’abord décréter que je suis un bœuf »lui répond le farouche breton. Décrété d’arrestation à son domicile, il s’évadera mais ne rejoindra pas la révolte fédéraliste.
Pendant 18 mois il restera caché à Rennes alors que plusieurs membres de sa famille seront arrêtés.
e n’est que le 18 ventôse de l’an III (8 mars 1795) qu’il sera réadmis à siéger à la Convention en même temps
que d’autres députés qui comme lui avaient été déclarés hors la loi. Il défendra alors des position très anti-révolutionnaires et bien dans la ligne des thermidoriens : liberté des cultes,défense des
émigrés et des prêtres déportés. Mais il ira si loin que même certains thermidoriens le qualifierons de royaliste. Il présidera la Conventiondu 16 prairial au 1
er messidor de l’an III
(4 juin 1795 - 19 juin1795) et sera un des rédacteur de la Constitution de l’an III. On notera qu’il s’opposera aux événement du 13 vendémiaire, ce qui laisse penser qu’il n’était en fait pas vraiment royaliste bien que défendant des positions
très modérées.Ce n’est rien moins que 73 départements qui le choisiront
pour siéger aux Conseils du Directoire et il optera pour l’Ille est Vilaine, département qu’il représentera jusqu’ en l’an V où combattu par les royalistes, il ne sera pas réélu.
Il acceptera le coup d’état du 18 brumaire et en récompense deviendra rapidement Sénateur,
comte de l’Empire et Commandeur de la Légion d’Honneur. Pair de France à la Restauration, il soutiendra Bonaparte aux Cent jours puis retournera à la Chambre des Pairs. Il est à noter qu’il s’opposera
à la réaction en se prononcera pour la liberté de la presse et en s’opposant aux cabinets Richelieu et Villèle.
Toute sa vie il resta le modéré qu’il fut en 1791 et très certainement regretta toujours l’échec de la Constitution de 1791 et la monarchie constitutionnelle.
S’il fut monarchiste, c’est plus d’une monarchie à l’anglaise que de la Charte de Louis XVIII qu’il était partisan.
Il est mort à Paris le 13 janvier 1827.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007
Notice écrite par J.M. Ruthon
Source : A. Kuscinski : Dictionnaire des Conventionnels.