Léonard BOURDON (1754-1807)
[35 ans en 1789]
Bourdon voit en 1789 la Révolution comme moyen de promotion sociale et financière. Son franc parler lui permet d’acquérir une influence
importante dans sa section des Gravilliers. Le 10 août 1792, c’est qui préside la Commune insurrectionnelle sans pour autant avoir participé auxcombats. Chargé de
surveiller de transfert des prisonniers de la Haute Cour d’Orléans à Paris, il les laisse froidement massacrer et va jusqu'à participer au carnage ; il prendra ensuite
soin de se partager les biens de ses victimes avec son complice Fournier l’Américain. Il parvient à se faire élire par le Loiret à la Convention, siège à gauche et vote
la mort du roi. Envoyé enmission dans le Jura, il y mènera grand train, profitant au maximum de sa position.
S’étant battu une nuit d’ivresse, il présente cet incident comme une tentative de meurtre. La Convention fait arrêter 40 otages dont 9 seront exécutés. Compromis dans les mascarades anti-religieuses, Bourdon fait marche arrière juste à temps pour éviter d’être englobé dans le procès des Hébertistes.
Mais, sentant monter l’hostilité de Robespierre à son égard, il se ralliera aux Thermidoriens et conduira avec Barras les troupes conventionnelles vers l’hôtel de ville. Après le 9 thermidor, Bourdon sera emprisonné comme terroriste puis relâché par la Loi d’amnistie.
Il vivra dans l’ombre jusqu'à sa mort en 1807.
Bourdon fut un personnage immonde sous tous les angles, profitant de la Révolution à ses propres fins et contribuant à l’ensanglanter par ses excès.