Laurent LECOINTRE (1742-1805)
[37 ans en 1789]
Lecointre, marchand de toiles
à Versailles, est l’un des seuls députés à ne pas avoir reçu une formationde juriste. Il se fait élire officier dans la garde Nationale et s’emploie à dénoncer
les gradés ayant arborés la cocarde noire lors d’un banquet. Le 6 octobre 1789, c’est lui qui commande les troupes chargées de contrôler la foule qui a envahi Versailles.
Elu président de l’administration de Seine et Oise en 1791, il entre peu de temps après à l’Assemblée Législative avant d’être élu à la Convention. Lecointre y montre un goût prononcé pour la dénonciation, il commence par attaquer l’ancienne municipalité de Versailles puis les différents ministres et même quelques uns de ses collègues qui ne le lui pardonneront pas. Lecointre votera pour la mort lors du procès de Capet avant de partir en mission dans la Manche et à Rouen.
De retour à Paris, il commence à s’opposer à Robespierre qu’il traite de tyran lors de la cérémonie de l’Etre Suprême.Il participe activement à la journée du 9 thermidor et se montre, dans les mois qui vont suivre, un des dénonciateurs les plus acharnés contre ses anciens collègues terroristes. Lecointre se compromet lors des insurrections de germinal et se retrouve en prison ; il sera libéré par la loi d’amnistie votée par la Convention avant sa séparation. Il participera ensuite à la conspiration des Egaux aux côtés de Babeuf et Darthé mais niera toute implication dans le complot lors de l’arrestation de ses camarades.
Lecointre refusera ensuite de voter pour l’établissement du Consulat puis pour le Consulat à vie, ce qui lui vaudra d’être assigné à résidence dans sa propriété de Guignes dans laquelle il s’éteindra le 4 août 1805.