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Pierre Victor MALOUET(1740-1814)
malouet
[49 ans en 1789]
Né à Riom le 11 février 1740, mort à Paris le 7 septembre 1814 Fils d’un notaire de Riom, il étudia chez les Oratoriens de la ville puis entreprit des études de droit. Il entra très tôt dans l’administration de la Marine royale où il fit une brillante carrière. Chargé par le ministère du développement de la toute jeune colonie de Guyane, puis envoyé à Saint-Domingue comme administrateur, il rentra en métropole en 1780 comme intendant de la Marine à Toulon. La Révolution le fit revenir en Auvergne, et il fut le principal rédacteur du cahier du Tiers de sa ville natale. Facilement élu aux États Généraux, il s’y rangea à droite, avec les futurs Monarchiens. Favorable à une monarchie parlementaire à l’anglaise appuyée sur un pouvoir royal fort, il ne signa qu’avec restriction le Serment du jeu de Paume et refusa d’adhérer à la transformation de l’Assemblée du Tiers en Constituante, au motif que le projet était invalide sans la sanction royale. Méfiant envers la déclaration des Droits de l’Homme, partisan du bicamérisme et du veto absolu, il échoua à conquérir de l’influence au cours de l’été 89 et se retrouva marginalisé dès l’automne : toutefois, à la différence de Mounier, il ne démissionna pas de l’Assemblée après les journées d’octobre. S’il tenta, en vain, de s’opposer à la vente des biens du Clergé et à l’émission des assignats, c’est dans les questions coloniales qu’il joua le rôle le plus important. Il était membre du Club Massiac et s’investit fortement dans la préservation du système esclavagiste que tentaient d’ébranler les Amis des Noirs. Hostile à toute réforme des colonies, défavorable à l’égalité civique pour les hommes de couleur et ardent partisan de l’esclavage et de son alimentation par la traite, il contribua, en tant que membre du Comité de Marine, à maintenir l’Assemblée dans la voie du conservatisme en matière coloniale. Membre du Club des Impartiaux, puis de celui des Amis de la Constitution Monarchique, il s’opposa violemment à toute forme de déchéance de Louis XVI après Varennes, ce qui lui valut de devenir un des nombreux conseillers occultes du roi. Le 10 août mit fin à sa carrière politique en France et il émigra en Angleterre. Il passa avec le gouvernement anglais un accord secret qui assurait à ce dernier la jouissance des colonies française contre une aide militaire jusqu’au retour de la monarchie, et favorisa le débarquement anglais à Saint-Domingue. Il rentra finalement en France en 1801 et se mit au service de Bonaparte. Il dirigea la construction de l’arsenal d’Anvers. Sa carrière sous l’Empire fut brillante mais tourna court : maître des requêtes en 1803, conseiller d’État en 1808, baron en 1810, il se révéla être un agent secret de Louis XVIII et fut disgracié et exilé en Lorraine par l’Empereur. A la restauration, il fut nommé ministre de la Marine mais mourut quelques semaines plus tard.


D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française