française révolutionretour au site

MARIE-ANTOINETTE-Joseph-Jeanne de Lorraine,reine de France
marie antoinette
[34 ans en 1789]
Née à Vienne le 2 novembre1755, morte à Paris le 16 octobre 1793.
Le mariage de la plus jeune fille de Marie-Thérèse d’Autriche, l’archiduchesse Antoinette, avec le dauphin de France, Louis-Auguste, servit à sceller définitivement, en 1770,l’alliance franco-autrichienne conclue en 1756. Après une enfance heureuse et sans souci, la Dauphine supporta mal la cour de France. Très populaire à son arrivée, elle perdit assez vite l’affection du peuple français.  Devenue reine en 1774, elle s’entoura d’intrigants qui lui arrachèrent facilement des sommes énormes en pensions, mena une existence de fêtes et de coquetterie, jouant gros jeu et faisant des dettes que le roi réglait sans mot dire. Le mariage n’avait été consommé que très tard, et la situation de la jeune reine était difficile.Elle n’eut aucune influence politique, malgré plusieurs tentatives de sa part, en faveur de Choiseul par exemple où de son frère Joseph II, jusqu’à la naissance du premier dauphin, qui survint en 81, après celle d’une fille,la future Duchesse d’Angoulême, en 1778. Le couple royal eut en tout quatre enfants.En 1785, l’affaire dite« du Collier », où une aventurière spécula sur la mauvaise réputation de Marie-Antoinette pour pousser le cardinal de Rohan, grand aumônier de la Cour, à acheter « au nom de la reine » une parure ruineuse, acheva de détruire le peu de confiance que les français gardaient en elle. Elle devint affreusement impopulaire, détestée comme sans doute aucune souveraine ne le fut en France, et quand le cardinal de Rohan fut acquitté, ce qui revenait à lui donner tort dans cette histoire où elle n’était pour rien,la joie populaire fut énorme. L’achat pour elle du château de Saint-Cloud par le roi aggrava encore les choses.Elle avait pourtant acquis une certaine influence politique, et c’est probablement d’elle que vint l’idée de recourir à Brienne en 88, ainsi que le choix d’une réaction absolutiste face aux revendications parlementaires. En 89, elle poussa le roi à refuser tout compromis avec la jeune Assemblée Nationale. C’est elle qui organisa,avec l’aide de Fersen, qui l’aimait depuis plusieurs années et lui était dévoué,la tentative de fuite qui fut arrêtée à Varennes.  Elle jouait en même temps un double jeu face aux ex-monarchiens, à Mirabeau puis à Barnave, à qui elle donnait des signes de bonne volonté. En même temps elle appelait au secours la cour de Vienne, allant jusqu’à envoyer à l’Empereur le plan de marche des troupes françaises. Le manifeste de Brunswick, en déclenchant l’insurrection du 10 août, emporta ses derniers espoirs. Prisonnière au Temple, elle fit preuve d’une grande fermeté. Après la mort de Louis XVI, elle fut séparée de son fils, le second dauphin, le 13 juillet 93, à la suite de l’affaire du général Dillon. Les Conventionnels craignaient un complot royaliste qui eut mis l’enfant sur le trône et proclamé sa mère régente… Le 2 août, au lendemain du rapport de Barère sur la Vendée, elle fut transférée à la Conciergerie dans l’attente de son procès. Toutefois le Comité de Salut Public hésita longtemps à la faire déférer par la Convention au Tribunal Révolutionnaire.Il ne s’y résolut qu’en octobre. Il était alors trop tard pour mener une instruction détaillée, il fallait au Comité une condamnation rapide, et Fouquier-Tinville bâcla un acte d’accusation où se mêlaient inculpation de haute trahison et accusations de crimes divers. La reine déchue se défendit avec un parfait sang-froid, bien qu’elle sût que son sort était décidé d’avance. Elle nia systématiquement toutes les accusations portées contre elle, et frappa tout le monde par sa dignité douloureuse quand Hébert, croyant enfoncer le clou et la perdre définitivement dans l’opinion, l’accusa d’inceste. Condamnée à mort, elle fut guillotinée le 16 octobre et fit preuve d’un grand courage jusque sur l’échafaud.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 révolution française Notice écrite par Claudine Cavalier Merci à Philippe Chemla pour la correction apportée à cette notice.