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Louis Sébastien MERCIER (1740-1814)
mercier
[49 ans en 1789]
Paris 1740, Paris 1814Il fit de bonnes études et devint professeur de rhétorique au collège de Bordeaux. Puis il revint à Paris pour se lancer dans la littérature. Il échoua dans le genre théâtral (les Comédiens Français s’obstinèrent à refuser ses pièces) mais y gagna de se lier avec Olympe de Gouges, sur ce point sa compagne d’infortune. En 1770, il écrivit un curieux roman d’ « anticipation » à coloration politique, L’an 2240, rêve s’il en fut jamais, où il bâtissait les plans d’une société future « idéale » (d’ailleurs assez sinistre). Mais il réussit mieux dans le reportage réaliste : le Tableaude Paris commença à paraître à partir de 1781. Constitué de douze volumes, c’est sans doute le plus formidable document existant sur le Paris pré-révolutionnaire,dont tous les aspects sont décrits, avec une prédilection pour les effets de la misère et la vie quotidienne des couches pauvres de la population. Menacé de censure, pour avoir trop crûment mis au jour les tares et les abus du système politique et social français, il s’enfuit en Suisse. Il y rencontra Brissot et plusieurs des futurs Girondins. Il rentra en France juste avant la Révolution, à laquelle il prit une part mesurée.Proche de Carra, il collabora un temps à ses Annales Patriotiques, mais bientôt il ne s’accorda plus avec lui. Il écrivit alors dans la Chronique du mois, plus modérée. Il prit le goût de la politique, et fut élu parla Seine-et-Oise à la Convention, où il siégea dans la Plaine. Au procès du Roi, il vota pour la détention à perpétuité et pour le sursis. Il s’associa aux campagnes contre Marat et vota sa mise en accusation. Il signa la pétition de protestation contre la journée populaire du 31 mai, ce qui lui valut d’être incarcéré à la Force, parmi les « soixante-treize »sympathisants de la Gironde. Il rentra à la Convention en décembre 1794. Il fut membre des Cinq cents, élu cette fois-ci par le département du Nord, mais il renonça à toute mesure révolutionnaire. Il aurait répondu aux reproches de s’être renié par rapport à son engagement social dans le Tableau de Paris : « Placé plus haut, j’y vois mieux. »A sa sortie du Conseil, il enseigna l’histoire à l’Ecole Centrale et devint membre de l’Institut. Il se lança dans de violentes polémiques personnelles. Il attaqua tout particulièrement Napoléon, et souhaita vivre assez pour voir sa chute : il fut exaucé, de justesse.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française