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Jacques-Vincent OGÉ(1750-1791)
ogé
[39 ans en 1789] 

Dondon (Saint-Domingue) 1750, Le Cap (Saint-Domingue) 1791
Fils d’une riche famille de planteurs de couleur, il fut envoyé en France par son père et fit de bonnes études, après quoi il entra au service d’un prince allemand. Il participa à la guerre d’Indépendance américaine dans le bataillon des Chasseurs Volontaires au côté d’autres hommes de couleur, dont son futur associé Jean-Baptiste Chavannes. Il rentra à Saint-Domingue peu avant la Révolution. Après celle-ci, il se rendit en France où il participa aux débats sur le statut des libres de couleur et fit partie de la Société des Citoyens de couleur. Apprenant que le décret du 28 mars 1790, qui ouvrait la représentation à tout propriétaire de plus de 25 ans, sans discrimination de couleur, dans les colonies, n’était pas appliqué, il entreprit d’en obtenir la mise en oeuvre. Il s’embarqua dans ce dessein avec quelques compagnons, fit escale à Londres et à Charleston pour y acheter des armes, et débarqua en octobre dans le nord de l’île à la tête d’environ 250 hommes.Installé à la Grande-Rivière, bastion des libres de couleur, il mit en demeure l’Assemblée coloniale d’appliquer la loi, et reçut l’appui d’un grand nombre de libres, mais aussi d’esclaves alors que son programme n’incluait aucune remise en cause du système esclavagiste. Une première fois vainqueur des troupes blanches, Ogé commit l’erreur de vouloir négocier avec l’Assemblée du Cap et le gouverneur Blanchelande. Il ne reçut en retour de ses propositions d’accord qu’une nouvelle attaque, qui cette fois-ci dispersa ses troupes et le força à se réfugier dans la partie espagnole de l’île. Bientôt livré à Blanchelande avec une trentaine de ses compagnons, il fut jugé et condamné, de même que Chavannes, dans les termes suivants : Lesdits Vincent Ogé jeune, quarteron libre de Dondon, et Jean-Baptiste Chavannes, quarteron libre de la Grande Rivière à être conduits par l'exécuteur de la haute justice au-devant de la principale porte de l'église paroissiale de cette ville, et là, nu-tête et en chemise, la corde au cou, à genoux, et ayant dans leurs mains chacun une torche de cire ardente du poids de deux livres, faire amende honorable, et déclarer à haute et intelligible voix que c'est méchamment, témérairement et comme malavisés, qu'ils ont commis les crimes dont ils sont convaincus, qu'ils s'en repentent et en demandent pardon à Dieu, au roi et à la justice; ce fait, conduits sur la Place d'Armes de cette ville au côté opposé à l'endroit destiné à l'exécution des Blancs et d'y avoir les bras, jambes, cuisses et reins rompus vifs, sur un échafaud qui sera dressé à cet effet, et mis par l'exécuteur de la haute justice sur des roues, pour y rester tant qu'il plaira à Dieu de leur conserver la vie; ce fait leurs têtes coupées et exposées sur des poteaux; savoir, celle dudit Vincent Ogé jeune sur le grand chemin qui conduit au Dondon, et celle de Jean-Baptiste, dit Chavannes, sur le chemin de la Grande Rivière, en face de l'habitation Poisson.   


D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française