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Jérôme PÉTION (1756-1794)
[33 ans en 1789]

petion
Avocat à Chartres avant la Révolution, Pétion est élu par le bailliage de cette ville aux Etats-Généraux. Son éloquence et sa stature l’aident à percer dans le milieu politique. Il devient vite l’une des principales figures de l’Assemblée Constituante. Pétion y siège à l’extrémité gauche avec entre autres Buzot, Robespierre, Prieur et Dubois Crancé. Il se lie d’amitié avec l’Incorruptible qui dira de lui : "Pétion à été l’homme que j’ai le plus aimé et admiré à l’Assemblée Constituante". Après l’échec de Varennes, Pétion sera chargé de ramener Capet et sa famille à Paris, ce qui lui vaudra un regain de popularité. Ovationné aux Jacobins à la séparation de la Constituante, Pétion sera désormais surnommé "l’inflexible".

Elu président du tribunal criminel de Paris, Pétion se présente ensuite aux élections municipales et est porté à la mairie avec 6700 voix sur 10600 votants. Grisé par cette avalanche de succès, Pétion va le laisser enivré par les flagorneries de son entourage, ce qui va le couper du peuple qui commence à se détourner de celui qu’il a longtemps adulé. Le 20 juin 1792, il tente en vain d’empêcher l’invasion des Tuileries par les émeutiers. Les responsables du département vont alors demander sa suspension ainsi que celle du procureur Manuel. Le 3 août, Pétion va demander à la tribune de la Législative la déchéance de Capet. Devant la froideur de l’Assemblée,chacun commence à comprendre qu’il va falloir en arriver à un coup de force.Ce sera chose faite quelques jours après. Pétion a préféré se tenir en arrière lors du 10 août, il demandera sa consignation aux insurgés afin de respecter les formes et surtout afin de ne pas donner l’impression de pencher en faveur des émeutiers.

Toujours maire, Pétion refuse d’intervenir lors des massacres de Septembre. Cela ne veut pas dire qu’il les ait accepté - bien au contraire -mais qu’il ait une fois de plus préféré se tenir en arrière afin d’éviter toute sur-exposition. Peu de temps après, il n’arrive pas à se faire élire à la Convention par Paris et ira se faire députer par l’Eure et Loire. Homme vaniteux il gardera un vif ressentiment envers les futurs chefs de la Montagne qui eux se firent élire sans mal par la Capitale. Pétion sera le premier président de la Convention, siégeant désormais à droite et ne démordant pas de ses opinions de monarchiste constitutionnel. Il sera vite affaibli par ses prises de position contre la Commune et Marat peu après Robespierre le mettra en minorité au club des Jacobins.

Lors du procès de Capet, Pétion va prendre position contre la peine de mort et pour l’appel au peuple. Il sera désormais cantonné à un rôle de second plan jusqu’au 2 juin, date à laquelle il est arrêté avec la plupart des meneurs Girondins. Il s’enfuira en Bretagne puis à Caen en compagnie de Guadet et préférera se suicider plutôt que d’être conduit à l’échafaud.

De toute évidence, Pétion n’eut pas la stature nécessaire pour jouer un rôle de premier plan dans une telle période ou il perdit vite pied malgré sa bonne volonté.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 révolution française Notice écrite par Yohan Senez