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Pierre François Joseph ROBERT (1762-1826)
révolution française
[27 ans en 1789]
Gimnée (Belgique) le 21 janvier 1762, Bruxelles le 13 avril 1826.
Après de bonnes études en Belgique, il s’établit avocat à Givet. Mais quand il vint à Paris, peu avant la Révolution, ce fut comme marchand de denrées coloniales, une activité qu’il devait conserver durant toute la Révolution. Marié à Louise de Kéralio, figure déjà célèbre des salons littéraires, il se lança dès le début des événement dans le journalisme : son journal, le Journal d’Etat, prit à partir de 1790 le nom de Mercure National et devint une des feuilles majeures de la Révolution. Robert mena assez rapidement campagne contre Lafayette et Bailly, un peu dans la suite de Marat, mais c’est surtout dans son journal que d’idée de République fut, pour la première fois, revendiquée ouvertement en France. Dès décembre 90 en effet, il y  publia un pamphlet contre la royauté et réclama un changement de régime. En mai 91, Robert semble avoir été à l’origine de l’organisation d’un Comité central des Sociétés populaires, qui réunissait quatre représentants de trente d’entre elles, dans le local des Cordeliers, puis, après la fermeture du club par les autorités inquiètes, dans un jeu de paume et chez lui. Le Comité, dont il était bien entendu le président, ne semble pas avoir été très actif, en dehors de délibérations « pour aviser aux moyens de tenir tête à l’orage » et de la rédaction d’un manifeste aujourd’hui perdu. Lors de la fuite du Roi, Robert essaya toutefois plus vigoureusement d’inscrire ses idées dans la réalité politique du moment. Son journal publia, dès le 25 juin, la toute première pétition  des Cordeliers (sans doute rédigée le 21) réclamant la déchéance de Louis XVI et la suppression de la monarchie. Il essaya de rallier les Jacobins à cette adresse, mais sans aucun succès, et finit par être arrêté par les gardes nationaux, au Palais-Royal, pour avoir défendu contre eux des hommes qui la placardaient sous forme d’affiche ; il fut relâché le jour même. Il fit voter de nouveau aux Cordeliers une adresse réclamant l’établissement de la République. Portée à l’Assemblée le 15 juillet, cette adresse arriva trop tard, le vote des députés ayant déjà exonéré le Roi de ses responsabilités. Robert ne se découragea pas pour autant, même pas lorsque les Jacobins, poussés vivement par les Cordeliers à prendre parti contre la monarchie, refusèrent avec force. Présent au Champ-de- Mars, il rédigea, assis sur les marches de l’autel de la Patrie, une pétition supplémentaire pour « la convocation d’un nouveau pouvoir constituant », qu’il fit aussitôt signer par les militants rassemblés. Pendant la fusillade qui s’ensuivit, Robert parvint à s’enfuir. Il se cacha chez les Roland, où il rédigea le récit de l’événement qui fut publié au numéro 106 des Révolutions de Paris, non sans continuer par ailleurs son activité politique ; Le Républicanisme adapté à la France, brochure de son cru réunissant des arguments contre l’idée, très répandue alors, qui voulait qu’un grand état comme la France fût impossible à gouverner sans roi, fut distribuée pendant les élections à la Législative. Proche de Danton, à qui il servit de secrétaire après le 10 août, Robert fut élu à la Convention par Paris : il prit part aux débats sur le procès du roi en réclamant la mort, mais assortie de l’abolition de la peine de mort. Il participa vaguement à la lutte contre la Gironde, s’en prenant notamment à Brissot, sans grand éclat. Mais sous le pamphlétaire sommeillait un personnage plus louche, et de trop nombreuses opérations commerciales irrégulières lui attirèrent les soupçons des patriotes. Finalement dénoncé par des sectionnaires qui avaient, au cours d’une visite domiciliaire, trouvé des tonneaux de rhum dans sa cave, il dut se défendre devant la Convention face à l’austère Gilbert Romme qui voulait, non sans raison, lui faire appliquer la loi contre les accapareurs. Il s’en sortit de justesse, mais son crédit était perdu à la Montagne, et il se tut jusqu’en Thermidor. Peu actif à l’Assemblée, il ne se manifesta pas en Thermidor, bien que dantoniste. Sa carrière politique était de toute façon terminée ; il fut envoyé en mission à Liège en mai 95, mais s’y prit si mal que la Convention le rappela rapidement. Il reprit par la suite ses activités commerciales, devenant fournisseur des armées impériales et amassant une jolie fortune. Le boutiquier avait définitivement étouffé en lui le républicain... Pendant les Cent-jours, il se retrouva sous-préfet à Rocroi un peu par hasard, puis s’enfuit à Bruxelles au retour de Louis XVIII. Il y finit paisiblement ses jours en 1826.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par Claudine Cavalier révolution française