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Augustin-Bon-Joseph Robespierre, dit ROBESPIERRE JEUNE (1764-1794)
[25 ans en 1789] 



La vie d'Augustin Robespierre est étroitement liée au destin de son frère aîné.
L'historien Alexandre Cousin est l'auteur d'un tres bel ouvrage sur ce personnage , véritable météore dans un tourbillon de l'histoire.
Né à Arras le 21janvier 1764, il suivit les traces de son frère Maximilien qui, une fois ses études terminées, fit bénéficier son cadet de sa bourse au Collège Louis-le-Grandà Paris. Revenu à Arras à la veille de la Révolution, Augustin s'installe à son tour comme avocat poursuivant une longue tradition familiale.

Manifestant dès les débuts de la Révolution les mêmes opinions que son frère, Augustin Robespierre ne tarde pas à être désigné procureur-syndic de la ville d'Arras puis, en 1791, administrateur du département du Pas-de-Calais. La popularité de son frère au sein de la capitale lui vaut d'être élu en dix-neuvième position député de Paris à la Convention en septembre 1792. Il se range évidemment d'emblée parmi les Montagnards, vote la mort du roi et participe activement à la lutte contre les Girondins.

Il est envoyé en juillet 1793 comme représentant en mission auprès de l'Armée d'Italie et supervise à ce titre le siège de Toulon; c'est lui qui signale au Comité de Salut Public les mérites du capitaine Bonaparte dont l'action s'est avérée décisive. Entretenant une correspondance suivie avec son frère, Augustin dénonce les exactions auxquelles se livrent certains de ses collègues, comme Barras et Fréron, et se montre hostile à la déchristianisation. Il affichera les mêmes principes au cours de ses missions dans les départements du Doubs et de la Haute-Saône.Il est de retour à Paris à la fin du printemps 1794 et passe pour un modéré au sein de la Convention. Le 9 thermidor, alors que les conjurés ne visaient initialement que Maximilien Robespierre, Saint-Just et Couthon, c'est lui qui demande à rejoindre son frère dans la proscription qui le frappe : "Je suis aussi coupable que lui; je partage ses vertus, je veux partager son sort. Je demande aussi le décret d'accusation". Libéré à la faveur de l'insurrection de la Commune,il se réfugie à l'Hôtel de Ville dans la nuit du 9 au 10 thermidor et tente de se défenestrer lorsque les troupes de la Convention donnent l'assaut.N'ayant réussi qu'à se briser les deux jambes dans sa chute, c'est inanimé et sanguinolent qu'il est conduit à l'échafaud le lendemain avec son frère et ses fidèles. Plusieurs sources thermidoriennes tendent à dépeindre Augustin Robespierre comme un personnage léger profitant volontiers de l'aura de son frère aîné. On lui prête notamment une liaison avec l'épouse du conventionnel Ricord qui l'accompagnait à Toulon ainsi qu'un goût du jeu qui en aurait fait un habitué du tripot de Madame de Sainte-Amaranthe au Palais-Royal. Cette faiblesse fut d'ailleurs habilement utilisée par les adversaires de Robespierre pour alimenter la rumeur faisant de la tristement fameuse "exécution des chemises rouges" du 29 prairial an II un règlement de comptes personnel de l’Incorruptible. Augustin Robespierre n'en a moins été un digne représentant en mission auprès des armées et a joué un rôle essentiel dans le rappel des terroristes les plus féroces par le Comité de Salut Public. Son attachement à la personne et aux idées deson frère aîné était total comme l'a montré son attitude le 9 thermidor.


D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 Notice écrite par François Devoucoux révolution française