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1764-1837

Pierre-Victurnien VERGNIAUD (1753-1793)
[36 ans en 1789]


vergniaud
Né à Limoges le 31 mai 1753.Fils d’un fournisseur aux armées, l’aide de Turgot alors Intendant du Limousin lui permit de faire des études au lycée Duplessis à Paris, mais la faillite de son père l’obligea à les terminer au séminaire de Saint Sulpice. Mais en l’absence d’une quelconque vocation il n’entra pas dans les ordres. De retour à Limoges, il était sans état et c’est l’aide de son beau frère Alluaud, futur Jacobinet futur maire de la ville sous la Révolution, qui lui permit de faire des études de droit à Bordeaux. Avocat en 1782, ses qualités d’orateur et le soutient du Président Dupaty lui permirent de faire une rapide et brillante carrière.Très vite il se fit remarquer comme un chaud partisan des idées nouvelles et dès 1790 il fonda avec Ducos et Fonfrède le club des Jacobins de Bordeaux puis sera administrateur du département de la Gironde. Dans le cadre de sa profession d’avocat il eut à intervenir pour s’opposer au système seigneurial, pour soutenir les paysans et pour dénoncer la féodalité moribonde. Après la fuite à Varennes il demanda que le monarque soit cité devant la Haute Cour.Le 31 août 1791, il fut élu député de la Gironde à l’Assemblée Législative, le quatrième sur douze.Très vite proche de Brissot, il devint avec lui un des chefs de la gauche ou plus exactement l’orateur des Girondins. Car jamais Vergniaud ne sera un homme d’action, il était trop indolent pour cela, par contre la magie de son éloquences lui fera emporter la décision dans de nombreux débats parlementaires. Malheureusement ses qualités d’homme d’état étaient loin d’atteindre ses capacités de tribun. C’est avec éloquence qu’il se dressera contre le roi, qu’il fera déclarer la patrie en danger, mais au début du mois d’août 1792 plutôt que de prendre le risque de donner la primeur du rôle politique au peuple de Paris, il prendra secrètement des contacts avec la Cour, pour tenter de sauver le roi et les institutions. Le 10 août c’est lui qui présidera la Législative lorsque le roi et sa famille demanderont la protection de celle ci. Par la suite il soutiendra Danton et ne s’opposera pas aux massacres de septembre.Alors que semble-t-il, il nedésirait pas se présenter à nouveau, il sera réélu député à la Convention le premier sur douze. Bien qu’attaquant la Commune pour son excès d’influence sur les députés de la Nation et les Jacobins pour leurs positions à son sens trop extrémistes, on ne pourra pas vraiment le considérer comme un chef de la Gironde en effet il se désolidarisera de celle ci lorsque certains de ses membres voudront convoquer les assemblées primaires pour réélire la Convention ou pour appeler les suppléants à siéger à Bourges. Au procès du roi il votera pour l’appel au peuple, mais pour la mort et contre le sursis.Pourtant il s’opposera aux mesures de taxation des subsistances, soutiendra la création de la Commission des Douze et luttera contre Hébert. Pour simplifier,il n’était ni vraiment girondin ni vraiment anti-montagnard, mais il n’avait plus sa place dans le combat pour la Révolution. C’est donc logiquement qu’il sera décrété d’arrestation le 2 juin, mais absent de la Convention, il ne tentera pas de fuir et sans résistance se laissera arrêter le 21 juillet. Il comparaîtra devant le Tribunal révolutionnaire, sera condamné à mort et exécuté le 10 brumaire de l’an II.
D'aprés la contribution de © Philippe Royet 1996-2007 révolution française Notice écrite par J.M. Ruthon A. Kuscinski : Dictionnaire des Conventionnels. Dir. A. Soboul : Dictionnaire historique de la Révolution française. Abbé Lecler : Le Limousin et la Marche au Tribunal révolutionnaire de Paris.