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"Ce discours que vous venez d'entendre est mon testament de mort. Je l'ai vu aujourd'hui, la ligue des méchants est tellement forte, que je ne puis pas espérer de lui échapper.
Je succombe sans regret, je vous laisse ma mémoire elle vous sera chère et vous la défendrez."

 

 

Fin de son dernier discours aux Jacobins
le 8 Thermidor an II, soit 2 jours avant son éxécution .
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portrait de Robespierre par Boilly ,pour un musée robespierre à Arras  
 
 
Historique de la maison Robespierre

Différents propriétaires

Le 09 Mai 2011.
« Des adresses successives »

On sait, sans plus de précision, que c’est dans la paroisse de la Madeleine, proche de l’abbaye Saint-Vaast à Arras, que naquit Maximilien Robespierre. On sait aussi qu’à la mort de sa mère en 1764 il fut, avec son frère Augustin, hébergé chez son grand père maternel, brasseur rue Ronville, avant de partir à Paris, au collège Louis Le Grand.
De retour à Arras en 1781, il aurait successivement habité, rue du Saumon, puis chez son oncle Durut, (logé au collège d’Arras) puis rue des Teinturiers. C’est en 1787 que Robespierre, alors âgé de 29 ans, a élu domicile, 9 rue des Rapporteurs, près du Conseil d’Artois où il plaidait. Il y est resté jusqu’en fin avril 1789, date de son départ pour Versailles.
C’est de là que, dès 1788, il lança sa campagne en vue des élections aux Etats généraux et qu’il rédigea les deux versions de sa fameuse « Adresse à la Nation artésienne sur la nécessité de réformer les Etats d’Artois » et son libelle « Les ennemis de la patrie démasqués ». On devine que c’est dans cette maison de centre ville qu’ont dû se tenir bien des rencontres préparatoires entre amis qui préparaient la rédaction des cahiers de doléances de la ville et de la province et qu’il y a reçu la délégation de la corporation cordonniers mineurs venus lui demander son aide pour rédiger leurs propres doléances.
Maximilien Robespierre n’est revenu qu’une seule fois à Arras, en octobre 1791, après la dissolution de l’Assemblée Constituante, et on peut supposer qu’il a alors retrouvé pour quelques jours sa maison où logeaient toujours sa sœur Charlotte et son jeune frère Augustin, avocat lui aussi. Ce n’est qu’en septembre 1792, qu’Augustin, nouvellement élu, à Paris, député à la Convention, quitta définitivement la maison avec sa sœur.
Un lieu définitivement « consacré »
Au début du siècle dernier, la Société des Etudes Robespierristes, animée par d’éminents historiens comme Albert Mathiez décida une souscription nationale afin d’ériger un monument à la gloire de Robespierre dans sa ville natale d’Arras. La guerre interrompit les démarches et en attendant la réalisation du projet, les robespierristes décidèrent le 14 octobre 1923 de venir apposer une plaque commémorative sur cette maison d’Arras qu’habita Robespierre et qui, bien qu’endommagée, avait survécu aux bombardements qui ravagèrent la ville. Lors de la cérémonie le maire d’Arras, M. Lemelle déclara alors : « Cette plaque rappellera à nos concitoyens que Robespierre vivait dans cette maison … Maximilien Robespierre est au nombre des ces acteurs de la Révolution que les historiens du Directoire et de l’Empire ont systématiquement méconnus et défigurés. Les Républicains ne sauraient trop témoigner leur reconnaissance aux savants qui contribuent par leurs recherches dans les documents de l’époque et leur étude critique, à effacer l’ingratitude de la postérité, à rendre enfin aux hommes et aux événements leur véritable caractère…Vous vous efforcez de donner au fils de notre Artois , enfant de notre cité, la justice qui lui fut refusée. » A cette occasion le nom de Robespierre fut donné à la rue des Rapporteurs.
Les sept propriétaires successifs de la Maison Robespierre:
En 1787 : Les DUFETEL Dans un article publié au début du siècle dernier, Hector Fleischmann, écrivain et historien belge, cofondateur de la Société des Etudes Robespierristes, nous apprend que la Maison que Maximilien Robespierre occupa dès 1787, appartint durant près d’un siècle, et jusqu’en 1830, à la famille DUFETEL.
En 1830 : Henri TILMAN Léon Debeugny d’Hagerue, chevalier, propriétaire demeurant à Saint-Omer, neveu de la famille Dufétel et héritier de la maison depuis 1827, la revendit aux enchères le 27 mai 1830 (en même temps que la maison contigüe par l’arrière et qui donne sur la rue Saint-Aubert). Sise 9 rue des Rapporteurs, la maison comprenait : salle à manger, antichambre, salon, cuisine ayant vue sur cour, et, à l’étage, chambres et mansardes. Elle fut vendue 11 754 F. à Henri Joseph TILMAN, d’Arras, capitaine de gendarmerie, chevalier de Saint-Louis et de la Légion d’Honneur
En 1833 : les VASSEUR Jacques VASSEUR, ancien négociant et président du Tribunal de Commerce d’Arras (qui avait acquis l’autre partie de la propriété Dufétel en 1830), rachète le n° 9 rue des Rapporteurs le 6 mai 1833 à H. Tilman. M. et Mme Vasseur-Massiette étant décédés, leur fille Clémentine VASSEUR hérite de la maison (estimée à 8 000 F) le 13 août 1848. Elle est alors l’épouse de François PINTA, propriétaire à Arras et fabricant de sucre à Mont-Saint-Eloi.
En 1866 : Alexandre LE BARBIER Veuve et retirée à Paris Mme PINTA-Vasseur, loue la maison puis la revend, le 5 août 1866 à Alexandre LE BARBIER, négociant d’Escoust-St-Martin (sic) qui la loue successivement à un avoué puis à un huissier (pour 1200 F. puis 875 F.).
En 1898 : les CAYAT Le 29 juin 1898 M. Henri CAYAT-MORIN, commissionnaire en marchandises acquiert la maison, qu’il occupe et dont il sous-loue une partie à son beau-père, M. Morin, ferblantier. Le 25 mai 1932, M. et Mme Cayat-Morin font donation de leur maison en nue propriété à leur fille, Louise CAYAT, épouse de M. CHARTIER, née en 1890 et qui dirige dans cette maison un Cours Technique privé (de sténo-dactylo). La maison servira aussi longtemps de bureau de location des places du théâtre d’Arras.
En 1960 : M. Jean LEPRAND Le 12 septembre 1960, Mme Veuve Chartier-Cayat, vend la maison (pour 40 000 F, fonds de commerce compris) à M. et Mme LEPRAND-ROBERT (lui étant né à Carvin) demeurant à Arras.
En 1990 : la VILLE D’ARRAS Le 23 février 1990, la ville d’Arras achète, pour 375 000 F. l’immeuble, inoccupé, 9 rue des Rapporteurs (cadastré sect AC n° 44) d’une superficie de 143 m2. Il comprend : caves rez-de-chaussée( avec entrée, 5 pièces, dégagement, wc, débarras) 5 pièces à l’étage et grenier.
Enfin propriété de la ville… puis restaurée Les amis de Robespierre ayant émis le vœu que la ville acquiert ce lieu historique, c’est par une décision prise le 20 novembre 1989 que le Conseil municipal proposa l’acquisition de la maison en précisant que c’était « en vue de la création d’un musée ». Il fallut attendre près de dix années et bien des interventions pour que des travaux de restauration la Maison Robespierre, qui se dégradait, soient entrepris. Pour mener à bien ce délicat chantier, la ville le confia aux « Compagnons du devoir » avec le double avantage d’un travail de grande qualité et d’une dépense réduite dans la mesure où pour tout paiement les Compagnons obtenaient la jouissance gratuite du lieu pour une période de près de 20 ans. Ils en ont fait depuis 1999 un lieu d’exposition de la riche histoire du Compagnonnage. Seul un espace très réduit y est réservé à l’évocation de la jeunesse de Robespierre.

La Maison Robespierre étant, dans tous les guides et par panneaux, signalée aux visiteurs de la ville, ceux-ci-expriment le plus souvent leur désappointement de n’y pratiquement rien trouver qui évoque un aussi célèbre personnage. C’est pourquoi s’est créée une Association pour un Musée Robespierre à Arras (AMRA) qui propose qu’un autre lieu (et la ville n’en manque pas) soit offert aux « Compagnons » en échange de la maison Robespierre et que celle-ci devienne enfin un lieu de mémoire digne du plus illustre des grands hommes de notre histoire et de sa ville natale.
musée robespierre à Arras
Pour un musée Robespierre à Arras
 
Le propriétaire de la maison de Robespierre en prison

retour en arriére : le 24 vendémiaire an II

Alors que les bataillons de volontaires de la République trouvaient en face d’eux, non seulement des régiments de Prussiens et d’Autrichiens mais aussi une armée d’aristocrates émigrés, on comprend qu’il ne faisait pas bon d’être soit même un ci-devant noble et d’avoir un parent passé à l’ennemi. Et le Pas-de-Calais n’en manquait pas de ces gens qu’il fallait tout naturellement tenir en suspicion. (1) On y était si proche des combats (donc à portée de passer aisément dans l’autre camp) et la contre-révolution y était si active (2) qu’on ne s’étonnera donc pas que le décret du 17 décembre 1793 qui déclare suspects tous les parents d’émigrés y ait été appliqué avec une particulière sévérité.
Dans la liste de ceux qui furent frappés par cette mesure on trouve le dénommé DUFETEL, propriétaire de la maison d’Arras (rue des Rapporteurs) qu’occupa la famille Robespierre dès 1787.
Il s’appelait en fait Ignace Joseph, Marie LE FRANCOIS dit Dufétel. Il avait 36 ans, il était marié sans enfant et habitait Saint-Omer.
Il fut mis en état d’arrestation le 24 vendémiaire an II (15 octobre 1793) par le Comité de Surveillance de cette ville.
« sur le fondement qu’il est frère d’émigré, que lui-même s’est retiré honteusement pendant un long laps de temps sur le territoire étranger, qu’il n’en est revenu que dans la crainte d’être dépouillé de ses biens, qu’il a depuis cette époque été mis en état d’arrestation pour fait de suspicion et que d’ailleurs il n’a montré que du fanatisme et de l’aristocratie depuis la naissance de la révolution » Son frère, le chevalier de Marconville, était en effet parti hors des frontières.
Mais le 2 frimaire an II (22 novembre 1793) Ignace LE FRANCOIS espère être bientôt libéré. Le Comité de Surveillance de Saint-Omer, qui entre temps a été renouvelé, considère que :
1°) Ignace Le François n’avait aucun pouvoir pour empêcher l’émigration de son frère qui ne vivait point avec lui.
2°) que la loi n’empêchait point de voyager hors de la république, il a pu le faire et qu’il est entré avant le 9 mars 1792, ce qui est prouvé par la signature du bail passé devant notaire le 25septembre 1791.
3°) que les dons patriotiques qu’il a faits ne manifestent pas des sentiments aristocratiques (En effet le 30 septembre 1793 le citoyen Dufétel avait fait don de 50 livres, et le 4 vendémiaire offert 60 livres pour les volontaires qui partaient combattre pour la république dans la Belgique, plus 5 livres pour boire le jour de leur départ »).
4°) que le zèle dans le service de la garde nationale attesté par les sans-culottes de sa compagnie milite aussi en sa faveur.
5°) Qu’on n’a trouvé dans ses papiers (sa maison ayant été fouillée le 2 décembre) aucun vestige de fanatisme et d’aristocratie qu’on lui suppute. Que donc Ignace LE FRANCOIS doit être remis en liberté .
Ignace Le François reste néanmoins en prison et sa sœur le rejoint Le 25 germinal an II (14 avril 1794) sa sœur Pélagie Le François, native de Saint-Omer âgée de 35 ans et demeurant à Longuenesse, est arrêtée à son tour par ordre du Comité révolutionnaire, « pour être sœur d’émigré, ex-noble et regardée comme aristocrate et fanatique ». Le maire de Saint-Omer et les officiers municipaux de la ville unanimes signent une attestation en faveur de Pélagie « recommandable par son civisme. Leur démarche est approuvée par La Société montagnarde de Saint-Omer puis par les Administrateurs du District. Mais en vain. On apprend par la suite que la mère de Le François est emprisonnée elle aussi.
Il faudra attendre le rapport du Comité révolutionnaire du 2 frimaire an III (22 novembre 1794) pour que Ignace LE FRANCOIS, dit DUFETEL soit (ainsi que sa mère et sa sœur) « rendu à la liberté ».
Il aura passé un peu plus d’un an en prison, un sort immérité peut-être, mais moins dramatique que celui des volontaires du bataillon de Saint-Omer qui durant la même période perdirent la vie en combattant les armées étrangères.
Il restera propriétaire de la maison d’Arras, rue des Rapporteurs jusqu’en 1830. On ignore ce que devint son frère émigré, le chevalier de Marconville.

Christian Lescureux

1°) Le Pas-de-Calais était l’un des départements qui comptait plus de 2 000 émigrés.
2°) L’évêque d’Arras, Monseigneur de CONZIE, était à Coblence l’un des principaux conseillers des princes émigrés et entretenait des relations étroites avec les contre-révolutionnaires du diocèse, notamment les prêtres réfractaires.
révolution
 
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