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À qui profite la vente des biens nationaux ?
Bernard Vandeplas docteur en Histoire contemporaine
vendredi 24 avril 2026
Mes sondages lors de ma thèse sur le département du Cantal, puis des recherches sur la première moitié du XIX e siècle concernant le département de l’Aveyron et actuellement sur le Gers, confirment le vision d’ensemble et les études d’historiens sur le sujet.
Un ouvrage d’Honoré de Balzac mérite notre attention, nous le connaissons tous : « Eugénie Grandet ». Cet ouvrage est paru en 1833, donc après la Restauration et dans les premiers temps de la Monarchie de Juillet. Il me semble être un exemple caractéristique du sujet.
Evènement majeur d’une redistribution des terres et d’un certain nombre de bâtis, la vente des biens nationaux (de première origine et de seconde origine), ne sera pas vraiment remis en cause sous la Restauration et la Monarchie Constitutionnelle. La vente fait partie des préoccupations de ceux qui peuvent acquérir un bien. Propriétaires fonciers et bourgeois des villes et campagnes sont les principaux bénéficiaires des ventes, tandis que le peuple des campagnes et des villes, n’en profite guère, sauf une minorité.
Mes sondages lors de ma thèse sur le département du Cantal, puis des recherches sur la première moitié du XIX e siècle concernant le département de l’Aveyron et actuellement sur le Gers, confirment le vision d’ensemble et les études d’historiens sur le sujet.
Un ouvrage d’Honoré de Balzac mérite notre attention, nous le connaissons tous : « Eugénie Grandet ». Cet ouvrage est paru en 1833, donc après la Restauration et dans les premiers temps de la Monarchie de Juillet. Il me semble être un exemple caractéristique du sujet.
Balzac écrit :
« Monsieur Grandet était en 1789 un maître tonnelier fort à son aise, sachant lire, écrire et compter. Lorsque la République française mit en vente… les biens du clergé, le tonnelier, alors âgé de 40 ans, venait d’épouser la fille d’un riche marchand de planches. Grandet alla, muni de sa fortune liquide et de la dot, … au district, où … il eut pour un morceau de pain, légalement, sinon légitimement, les plus beaux vignobles de l’arrondissement, une vieille abbaye et quelques métairies. Les habitants de Saumur étant peu révolutionnaires, le père Grandet passa pour un homme hardi, un républicain, un patriote, pour un esprit qui donnait dans les nouvelles idées, tandis que le tonnelier donnait tout bonnement dans les vignes. Il fut nommé membre de l’administration du district de Saumur… [1] ».
Un riche « artisan – marchant », ayant fait un bon mariage et d’un âge mur, en pleine possession de ses capacités, celui-ci sait lire, écrire et compter, se qui est un atout considérable pour la période, la France rurale étant majoritairement analphabète. Il peut donc acheter à bon compte des terres et du bâti. Ce qui fera de lui un vrai soutien de la République, et lorsque la Monarchie reviendra aux affaires, celle-ci comme le Premier Empire, ne pourrons revenir sur les ventes de biens nationaux, pour ne pas déstabilisait le pays.
Les acquéreurs participent donc au maintien des régimes qui ferons suite à la Révolution française.
Balzac dans son roman, nous donne un exemple parfait de qui a acquis des biens nationaux. Son exemple, est loin d’être unique, il est le reflet de ceux qui ont profité de l’acquisition des biens nationaux.
Bernard Vandeplas docteur en histoire contemporaine.
[1] Honoré de Balzac, « Eugénie Grandet », 1833.

