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« Ici, gît Robespierre. »

Un article de Stefania Dipasquale, docteure en Histoire Italie

jeudi 10 septembre 2026

« Ici, gît Robespierre. »

Lors de mes petits voyages autour de Rimini, comme d’habitude, je visite les cimetières et leurs monuments funéraires.

En me promenant parmi les locules (ces petites loges au-dessus des sépultures), (J’aime voir l’art funéraire qui dans les temps contemporains n’existe plus), dans l’une d’entre elles, je découvre le nom « Robespierre ». Il s’agit de la tombe des Capponi dans laquelle repose avec ses parents, Robespierre, Maestri Capponi (1891-1967)

J’écarquille les yeux, je m’approche du tombeau pour m’assurer que je ne rêve pas, je ne rêvais pas : il s’agissait vraiment d’un soldat qui portait le prénom Robespierre.

J’ai entrepris quelques recherches et j’ai découvert que seule la Romagne et de très rares autres régions d’Italie peuvent abriter des sépultures de ce genre ( on y trouve par exemple, Marat, Robespierre, Lenine, ou Marx).

Notre Robespierre italien, appartenait à une famille d’une fervente foi républicaine et mazzinienne [1] grâce à laquelle, à la fin du XIXe siècle, on eut le courage de baptiser un fils du prénom de Robespierre. J’ai écrit courage, parce-que la presqu’île italienne était composée, à cette époque, en majorité par des monarchistes piémontais, papistes, impérialistes autrichiens et royalistes de la maison de la dynastie des Bourbon dans le règne des deux Sicile .

L’engagement politique de la famille Capponi est également symbolisée par le cartouche «  Dieu et Peuple » (Dio e popolo), qui fait référence à la République romaine de 1849.

Notre Robespierre romagnol, dont le nom fut un présage (nomen omen), fit partie du groupe restreint d’Italiens qui, pendant la Première Guerre mondiale, s’engagèrent comme volontaires pour aller combattre en France.

Les volontaires garibaldiens dans l’Argonne formèrent un corps d’environ 2 000 Italiens qui, entre décembre 1914 et janvier 1915, décidèrent de se battre en France contre l’armée allemande, des mois avant l’entrée officielle de l’Italie dans le conflit.

L’Italie étant encore neutre, le seul moyen pour ces volontaires de combattre légalement aux côtés de la France était de s’engager dans la Légion étrangère française. C’est ainsi que fut constitué le 4e régiment de marche du 1er étranger, universellement rebaptisé Légion garibaldienne. Le commandement fut assuré par Peppino Garibaldi, petit-fils de Giuseppe Garibaldi. À ses côtés se trouvaient également ses cinq frères.

Une dernière observation : lors de la Résistance italienne contre les fascistes et les Allemands, la Romagne et la Toscane furent les deux régions qui ont réussi toutes seules à lutter avec ardeur contre les oppresseurs. Ils ont réussi à les vaincre grâce à l’engagement de gens comme Robespierre Capponi, en août 1944, sans l’aide des Américains.

Une cousine de Robespierre, Carla Capponi, fut la cheffe de la GAP (Gruppi d’azione Patriottica [2]) à Rome.

Stefania Di Pasquale Docteure en Histoire

Des explications complémentaires de Stéfania

Seule la Romagne et très peu d’autres régions d’Italie peuvent produire des tombes de ce genre.

Nous avons la tombe d’une famille de ferventes foi républicaines et Mazzini dans lesquelles à la fin du XIXe a eu le courage de baptiser un fils avec le nom de Robespierre.
La foi politique de la famille est également symbolisée par le rouleau « Dieu et peuple » qui fait référence à la République romaine de 1849.
Notre Robespierre Romagne, dont le nom en a produit le présage, faisait partie du petit groupe d’Italiens qui pendant la Première Guerre mondiale ont fait appel à des volontaires pour aller combattre en France.

Les volontaires de Garibaldi dans l’Argonne étaient un corps d’environ 2.000 Italiens qui, entre décembre 1914 et janvier 1915, ont décidé de se battre en France contre l’armée allemande des mois avant que l’Italie n’entre officiellement dans le conflit.

Étant donné que l’Italie était encore neutre, la seule façon pour ces volontaires de se battre légalement aux côtés de la France était de s’enrôler dans la Légion étrangère française. Ainsi fut constitué le 4e régiment de marche du 1er étranger, universellement rebaptisé Legion Garibaldina. Le commandement a été assumé par Peppino Garibaldi, neveu de Giuseppe Garibaldi.

À côté de lui se trouvaient ses cinq frères.

Cimetière de Rimini


[1] Un mazzinien est un partisan ou un disciple de Giuseppe Mazzini, un patriote, révolutionnaire et philosophe italien du XIXe siècle

[2] Les Groupes d’Action Patriotique ( GAP ), formés par le commandement général des Brigades Garibaldi fin octobre 1943, étaient de petits groupes de partisans nés à l’initiative du Parti communiste italien. Ils opéraient principalement dans les villes, employant des méthodes inspirées de l’expérience de la Résistance française. Les militants des GAP étaient appelés « gappisti ».