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Chanson à Mlle Henriette

vendredi 15 avril 2022

Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre, Texte établi par Eugène Déprez, Ernest Leroux, 1910, Première Partie : Robespierre à Arras (p. 224-225).

Veux-tu sçavoir, ô charmante Henriette,
Pourquoi l’amour est le plus grand des dieux,
Par quel prodige il étend sa conquête
Sur les enfers et la terre et les cieux ?

Ne pense pas qu’il doive sa victoire
Aux traits perçans, que tu vois dans mes mains,
Que sur son arc, il ait fondé sa gloire
Et tout l’espoir de tes brillans destins.

Il te forma, tu lui donnas l’empire.
Depuis ce jour l’amour victorieux
Donna des loix à tout ce qui respire
Et triompha des mortels et des dieux.

De tous ses dons déploiant la richesse
De mille attraits il orna ton minois.
Dans tes beaux yeux il peignit la tendresse
Et le forma la plus touchante voix.

Il te donna le sourire des grâces.
Dans tous tes traits, il marqua la bonté.
Apprit aux ris à voler sur les traces
Et sur tes pas il fixa la gaité.

Il arrangea ta noire chevelure
Pour relever la blancheur de ton teint,
À Vénus même enlevant sa ceinture
Il l’en para de sa divine main.

D’un dernier trait couronnant son ouvrage
Il sçut encor embellir tant d’attraits,
Des deux côtés de ton charmant visage
Un joli… fut placé tout exprès.

Alors certain d’un triomphe facile
Brisons ces traits, éteignons ce flambeau,
Dit-il, jettons ce carquois inutile
Je puis compter sur cet appui nouveau,

À l’Univers, je montrerai tes charmes
Chère Henriette, il subira ma loi.
On te verra, ce seront là mes armes
Et t’adorer sera tout mon emploi.

Cette poésie fait partie d’un manuscrit comprenant quelques pièces de vers et un discours, remis par Charlotte Robespierre à Agricol Moureau et publié par M. Lucien Peise sous le titre Quelques vers de Maximilien Robespierre, Paris, Gougy, 1909, Cette pièce est, d’après cet auteur qui détient les originaux, écrite sur papier bleuté, au filigrane : fin 1778 Levayer ; une tache d’encre recouvre le nom de famille d’Henriette et le rend illisible.

Nous publions ce morceau avec son orthographe et sa ponctuation primitives.

La tache d’encre qui efface le nom de famille, traversant le papier, a recouvert ce mot.


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