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Un souvenir de Robespierre à Arras en…1899

jeudi 24 novembre 2016

Dans « Souvenir d’une enfance républicaine » paru en 1937, Louise WEISS raconte :

« Ma mère acquit chez un fripier une douzaine de boutons en étain et cristal qui avaient dû fermer un gilet de chasse car des minuscules têtes de cerfs étaient prises dans l’épaisseur de leur cabochon. Ma mère me fit grimper sur ses genoux pour me montrer plus commodément ces boutons et les jolies bêtes qui s’y trouvaient prisonnières. C’est à cette occasion que je fis la connaissance du troisième compatriote dont je me souvienne, je veux parler de Robespierre. Ma mère me raconta : « ces boutons ont appartenu à un célèbre monsieur qui de son petit nom s’appelait Maximilien. Lève les yeux et regarde donc son portrait, là sur le mur, entre les deux fenêtres ». Elle me désigna une gravure qui représentait un homme coiffé d’une perruque. Cet homme me regardait d’une façon méchante. Un nœud de taffetas liait son catogan, une cravate blanche flottait à son col. « Maximilien était très juste , ajouta ma mère, et il parlait très bien. Il avait beaucoup de bonnes idées, mais il punissait trop facilement les gens. Alors comme il en avait trop puni et trop cruellement, ses ennemis finirent par lui couper la tête. Voyons… il y a de cela cent sept ans, puisque je planterai six bougies sur ton prochain gâteau d’anniversaire ».

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Louise Weiss en 1925

Notre ami Marcel ROGER, qui présida le comité arrageois des « Amis de Robespierre » a bien connu Louise WEISS. Journaliste et écrivain née à Arras en 1893, devenue célèbre pour la lutte qu’elle mena pour l’émancipation des femmes et pour la Paix [1]. Une place d’Arras porte son nom .

Elle fut élue au premier parlement Européen en 1979 et en était la doyenne en 1983, année de son décès.

Alors adjoint au Maire d’Arras, M. ROGER inaugura en 1974, en présence de Louise WEISS, une salle du musée des Beaux Arts qu’elle avait dotée d’objets personnels.

On peut voir les précieux boutons de gilet de chasse dont il est question, exposés sous vitrine dans la Maison ROBESPIERRE. [2]


[1Journaliste, écrivain, européenne et féministe, Louise Weiss a épousé tous les combats du 20e siècle. Entre 1918 et 1939, elle a œuvré pour des projets pionniers en faveur de la paix (rapprochement franco-allemand, premiers projets d’union européenne et vote des Françaises).Après 1945, elle entreprend des voyages documentaires sur le continent américain , en Afrique et en Asie dont elle rapporte de nombreux films. Pour honorer ses attaches alsaciennes ( sa famille paternelle était originaire de la Petite-Pierre près de Saverne ), Louise Weiss fait don en 1981 et en 1983 de ses collections pour qu’elles soient présentées au Musée du Château des Rohan de Saverne. Louise Weiss a aussi légué à la Bibliothèque Nationale l’ ensemble de sa correspondance et de ses manuscrits. Elle a fait don de ses livres à la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg.

[2L’incorruptible n° 47